'Strictly The Best 58 & 59' ont pris leur temps cette année. VP Records avait exceptionnellement reporté la date de sortie de ces compilations à succès pour la nouvelle année, et ainsi démarrer les festivités à l'occasion du 40e anniversaire du label.
On retrouve sur 'Strictly The Best 58', la première partie du diptyque, comme le veut la tradition, les titres plus axés roots et lovers. Le disque commence avec 'Contradiction' d'Alborosie et Chronixx, suivi de 'Stop The Fussing And Fighting', une reprise du classique de Culture par Kenyatta Hill. Sa contribution à 'Remembering Joseph 'Culture' Hill', paru l'année dernière sur le label Penthouse de Donovan Germain & distribué par VPal, reste assez proche de l'original, mais plus loin dans la tracklist on trouve aussi 'Jah See Dem A Come' de Etana, qui apporte, elle, une touche plus personnelle à cette chanson.
Chacun des deux disques contient également cette année un titre inédit et sur 'Strictly The Best 58' il s'agit de 'Rock Steady Love' par Maxi Priest (une production de Clive Hunt et Michelle Williams).
Nos préférés restent cependant 'Real Love', une formidable chanson d'amour par Shuga et 'Rockin' In The Dance' de DJ Kurt Riley, le meilleur Konshens qu'on ait entendu depuis des années!
Le malentendu entre Vybz Kartel & Shenseea (cf. 'Loodi') n'aura pas duré longtemps puisqu'on les retrouve encore une fois en combinaison virtuelle pour le refix de 'Secret', un track énergique pour démarrer cette nouvelle édition dancehall de Strictly The Best. On enchaine avec un track laid back de la reine du dancehall d'Atlanta, Dovey Magnum, intitulé 'Good', un bon effort pour les amateurs de r&b. Puis c'est au tour du toujours suave Christopher Martin qui séduit encore une fois avec 'Can't Dweet Again' sur le All Night riddim, suivi d'Estelle et son catchy 'Really Want' avec Konshens & Nick x Navi en featuring, titre tiré de son récent album 'Lovers Rock'.
L'anglo-jamaïcaine la plus virale du moment, Liza Mercedez, fait équipe avec le producteur jamaïcain Shams pour 'Come Back Home (Netflix & Chill)' un slow wine un tantinet décevant quand on connait le répertoire de la dame. I-Octane se charge de réveiller l'audience avec 'Your Style', une tune pour les ladies aux relents Poco Man Jam riddim, entre calypso et Bogle dance old school.
On retrouve ensuite un track d'Assassin pas très récent, 'A Million Squats' sur le Hardcore riddim, qui, il faut l'avouer, n'a pas pris une ride, puis, encore dans une vibe de carnaval, le duo RDX avec 'Grab' sur un riddim squelettique conçu par Blaqk Sheep Music. Comme d'hab, Ding Dong est là cette fois encore avec une dance-instructions tune, 'Flair Is In The Air', pas sa meilleure non plus, et Teejay ne remonte pas vraiment le niveau avec 'Up Top' sur le riddim du même nom datant de 2017, assez soporifique…
Il ne faut pas moins que Beenie Man pour réveiller l'assemblée avec son hit de l'année dernière, 'Dancehall President', dans son inimitable style passif-agressif, il confirme qu'il ne se mêle toujours pas aux "G man dem", mais semble penser qu'il est nécessaire de le rappeler dans une chanson sur deux.
Petit passage trancehall avec Shane-O & 'Radio' avant la tune expérimentale de cet opus 2019 que nous propose DJ Spooky, pionnier du hip-hop abstrait/illbient new-yorkais, avec 'Dash In The Mirror' tiré de son dernier album 'Phantom Dancehall', dans lequel il s'essaie à des rythmiques plus tropicales.
On terminera ce volume en compagnie, une nouvelle fois, de Christopher Martin & Beenie Man pour une reprise du classique de Tenor Saw 'Lots of Signs' produit cette fois ci par Bulby York.
Bonne anniversaire VP, let's get this party started!