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Chapeau les Papys: U Roy et Big Youth toujours autant en forme au VK
Event ReportFeb 13, 2015

Chapeau les Papys: U Roy et Big Youth toujours autant en forme au VK

By Jah Shakespear

Quelle plaisir de voir ces deux vétérans, chefs de file d'un style créé il y a presque 40 ans, toujours aussi motivés par la scène et par le public. Est-ce une tournée d'adieu? On espère que non, mais à respectivement 66 et 73 ans, on se dit tout doucement que dans quelques années on pourrait bien se dire: "Je suis content d'encore les avoir vu en concert en 2015!". Merci en tout cas au VK d'avoir amené cette tournée par chez nous.

C'est le groupe bruxellois One Root qui se charge du warmup avec une poignée de leurs titres et de reprises. Ils prouvent encore une fois la qualité de ses musiciens; qui réussissent à recréer un son à l'ancienne, proche du son Black Ark. Le public arrive discrètement et tardivement. Dommage pour One Root et pour les retardataires qui loupent par la même occasion une partie du concert de Big Youth. Surmonté d'un chapeau boule, cet éternel "ghetto youth" a enfilé une grosse chemise de bucheron à carreaux et une cravate aux couleurs rasta. Il commence son set par 'Give Praises' sur le Satta Masssa Gana riddim, enchaine avec une version extra longue de 'Every Nigger Is A Star' et continue avec "Automatic pistol, remote control, see Dennis the Mennace to match your soul...". Big Youth semble garder pas mal de liberté dans l'interprétation de ses titres, pouvant prolonger ou écourter les versions ou improviser l'un ou l'autre texte. Et puis il y a toujours ces moments où il pousse ses typiques cris d'oiseaux. Freestyle au micro mais également sur scène, l'artiste vétéran reste très énergique et a une façon de bouger et de danser qui ressemble à un croisement entre un mime de robot et d'homme ivre. Improvisation et inspiration.
 
Après avoir encore surfé sur les versions de 'Jamming' des Wailers, de 'Jordan River' de Sugar Minott, il enchaine un 'Don't Drink And Drive' sorti à l'origine sur Ariwa Records, Big Youth nous sert encore son célébrissime 'Hit The Road Jack' dans lequel il mélange 'Chant Down Babylon' des Wailers. Il quitte la salle sous des applaudissements mesurés, le public a profité de manière calme et assez méditative de ce set 100% old school.
 
La chaleur et l'ambiance montent d'un cran quand apparaît, lui aussi surmonté d'un joli chapeau, Daddy U Roy, le fondateur, créateur, porte étendard du DJ style à la Jamaïcaine... Les quelques mots: "Wake the town and tell the people…" suffisent à électriser la salle, entretemps bien remplie. Habillé d'un costume rayé noir et blanc très chic, au-dessus d'un T-Shirt blanc taille rappeur américain, U Roy réchauffe les cœurs en toute simplicité. L'interprétation de ses chansons également est simple et bien préparée, un style différent des impromptus de Big Youth.
 
Hit après hit, U Roy fait plaisir au public. Les vibes sont plus variées et il joue des morceaux de différentes époques de sa carrière avec des influences multiple. Son 'Money, Money' est joué en mode dancehall assez actuel par exemple. Les festivités battent leur plein et on passe en mode festif sur les versions de 'OK Fred' ou 'Just Another Girl' forcément accompagné par les chants du public. Par contre pas de trace de 'Fly Rasta', enregistré avec Ziggy Marley et qui se trouve sur l'album qui vient tout juste d'être récompensé d'un Grammy. Avec un brin d'opportunisme, U Roy aurait pu le chanter.
 
On a rêvé d'un final où les deux vétérans seraient venus nous faire une petite bafouille ou un petit freestyle ensemble avant de remballer les instruments, mais cela n'a pas été le cas, comme cela se passe la plupart du temps avec les artistes jamaïcains.
Chapeau les Papys: U Roy et Big Youth toujours autant en forme au VK

About the Author

Jah Shakespear
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Il écoute du reggae depuis 1977, écrit à ce propos professionnellement depuis le début des années '80 (De Morgen, De Standaard, P-Magazine, Highlife et de nombreux autres périodiques) et a créé ce site en 2002. Auteur de 'De Rasta Revelatie' (2008) et 'In Het Spoor Van De Keizer' (2016).

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Published

Feb 13, 2015