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Dordrecht en rouge-jaune-vert: Reggae Central XL
Event ReportApr 09, 2014

Dordrecht en rouge-jaune-vert: Reggae Central XL

By Visionz

Samedi dernier, le podium du Bibelot, à Dordrecht, a pris les couleurs rouge, jaune et vert pour Reggae Central XL: the Festival. Al Campbell, Anthony Johnson, Earl 16, Rohan Lee & Ras Midas backed by Asham Band, Rapha Pico, Anthony Johnson, King Flashman: avec un tel programme, la journée ne pouvait que réussir.

Les portes se sont ouvertes à quatre heures, mais il fallait attendre l'arrivée d'Al Campbell pour le gros du public de se montrer. Sur le podium principal, le Power Stage, je vois d'abord OneWorldBand, un sextet reggae de Rotterdam. Ils présentent un mélange de numéros à eux, Recession Time et Only Jah Know, et desreprises comme War de Bob Marley. La voix du chanteur STAGGAH, grâce à sa voix légèrement éraillée, possède un timbre qui se marie parfaitement avec l'arrangement dans lequel joue le groupe. Dommage que les mixages de l'ingénieur du son laissent à désirer. La basse du bassiste noie complètement la percussion et le clavier. Même chose pour les choristes, alors que ceux-ci essaient de temps en temps de chanter en harmonie avec le lead vocal. 

Le site web de OneWorldBand mentionne qu'ils sont souvent demandés comme groupe d'accompagnement. C'est le cas à Reggae Central XL: the Festival aussi. Après leur propre show, ils jouent avec l'artiste jamaïcain Likle Mystic. Vêtu d'un costume de satin dans les couleurs du drapeau jamaïcain, le chanteur énergique entame son show. Dès la première note, ses numéros sont incompréhensibles, ce qui rend encore plus difficile de savoir de quoi il chante. Alors que c'est beaucoup moins le cas avec les numéros qui poste sur YouTube. 

Pour le reste, ses chœurs consistent principalement des sons ooohhhh aaaahhhhh, ce qui ne m'a pas vraiment convaincu de voir le show jusqu'à la fin. Un note positive dans cette histoire, c'est que ses riddims sont solidement construits rythmiquement. Dans certains de ses riddims, c'est donc un must que la part des souffleurs soit exécutée par des souffleurs et non par un clavier. Après, j'échange la Power stage pour la Talent stage, où le World District Band vientde commencer. Le sound que ce sextet produit fait tout de suite penser au groupe américain SOJA. Les éléments qui renforcent la ressemblance sont, par exemple, la "guitar distortion" à laquelle ils ont régulièrement recours durant le concert. Du reste, un des chanteurs apparaît avoir très soigneusement étudié les techniques de chant de Junior Kelly. 

La technique ne sert malheureusement qu'un nombre limité de numéros. Avec leur deuxième numéro – sur le Real Rock riddim – le groupe prend sa vitesse de croisière. Le guitariste aussi s'aventure dans quelques parts chantées, mais, à voir son attitude pincée, quelque chose cloche: est-ce que le chanteur se retient ou sa voix n'est-elle pas faite pour porter en hauteur? La question trouve vite une réponse quand, après quelques minutes, le guitariste chante en fausset, ce qui marche merveilleusement bien. Le groupe a certainement du potentiel pour devenir un bon ensemble, mais il y a encore du travail. Quand les deux chanteurs chantent en harmony ou alternent, le son qu'ils produisent, par exemple, acquiert tout d'un coup plus de corps.    

Tout comme la Power stage, la Talent stage a des problèmes de sono. L'artiste suivant qui est attendu sur le podium est Al Campbell. Pour rendre l'attente supportable, le Belge King Flashman, connu aussi comme Ras Feel, tourne plusieurs tunes 'pon the decks. En outre, le public commence doucement à entrer pour admirer l'artiste. Ce qui est bien aussi, c'est qu'on a installé un coin fumeurs, séparé, mais avec vue sur le podium de façon qu'on ne doive pas rater le concert! Le vétéran Al Campbell, qui a commencé sa carrière à la fin des années soixante, a ouvert son show par un certain nombre de classiques comme Turn me loose, Going The Wrong Way, Oversize man, etc. Sa voix n'a pas changé depuis le temps. À l'encontre d'autres big artists, il soigne bien sa voix car sa voix mielleuse entraîne toujours le public à la danse. 

Après quelques instants, il raconte au public que "[We are going] back to the channel one days, when music was still music" (nousallons retourner vers l'époque de Canal 1, quand la musique était encore de la musique). Et puis, il chante les numéros Take a ride, Jah Army, Bad Boy etc. Entre-temps, il chante encore des reprises de Justin Hinds, entre autres, et d'autres contemporains. Le public se régale pleinement de ses numéros. La question est cependant de savoir si Campbell lui-même s'est régalé de son publicet de sa performance sur scène. Le chanteur n'a pas l'air d'avoir beaucoup envie de se dépenser, ce qui se voit aux nombreuses pauses qu'il programme dans son concert. 

À la fin, il chante encore un bis et quitte le podium. Je passe un moment par Leah Rosier qui vient d'entamer Like a lioness sur laTalent stage. La salle se remplit rapidement de festivaliers. La chanteuse est une des finalistes du Rototom Reggae Contest Europe. Elle et son groupe s'éclatent, ce qui a un effet positif sur le public. Vocalement, Rosier n'est pas vraiment forte. Sestalents de deejay dépassent de loin ses arias. Après son numéro Make a Nice mixsur le Ganja Farmer riddim, je quitte la salle. 

La grande salle est pleine à craquer maintenant et skanque sur les numéros de l'artiste reggae Ras Midas. Il est connu principalement par son album Rastaman in Exile. Sur ce disque-là, on trouve des numéros comme Kudea-A-Bamba, Rain & Fire, Rastaman in Exile etc. Ses numéros étant originaires des années quatre-vingts, Asham Band, sous la direction de Wim 'Radics' Verbruggen, a rhabillé les numéros d'un habit moderne. Qui veut encore voir Ras Midas à l'œuvre devra encore attendre un peu car ceci était son unique concert en Europe. En même temps que le concert de Ras Midas, un freestyle est en cours sur la Talent stage. Un des artistes connus est le gagnant du Benelux Reggae Contest, Rapha Pico, qui donnera encore, plus tard dans la soirée, un intermezzo musical. Le microphone est passé continuellement dans le public, ce qui donne un feu d'artifice musical. Dordrecht cache sûrement encore beaucoup d'"undiscovered talent". Ensuite, Rapha Pico occupe le podium, le son de sa voix rappelant un peu Sanchez. Quand je retourne à la Power stage, le concert d'Anthony Johnson est déjà bienavancé. 

Avec King Flashman, le chanteur originaire de l'écurie de King Stur Gav chante toute une série de classiques de Studio One dont, notamment, des numéros des Heptones. De sa propre main, il présente des tunes comme Everyday is a Gunshot et Feel like Dancing. Tout comme Al Campbell, le chanteur maîtrise encore parfaitement sa voix. L'arrangement dans lequel Johnson se présente ce soir est, selon les soundboys parmi le public, le style de l'Original soundsystem. À eux deux, King Flashman et le chanteur présentent une véritable Rub a dub party. 

Par la suite, Earl 16 fait exploser le public avec des numéros comme Reggae Music. Skylarking de Horace Andy et Get up, Stand up de Bob Marley passent également la revue. Avec Earl 16 et les Belges Unlisted Fanatics, Saimn I et Moonshine Horns, lepublic entre dans la nuit en dansant. Reggae Central XL: à peine le festival a fermé ses portes que les organisateurs Lorenzo et Bas offrent de nouveau au public reggae quelques friandises. Le 3 mai, ils ont au programme, au même endroit que le festival, Rapha Pico & The Roots Rockers, The Mystic Band et Culs Cults (ES)! 
Dordrecht en rouge-jaune-vert: Reggae Central XL

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Apr 09, 2014