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Verse iTal, Rapha Pico & Roots Rockers gagnent dans un Benelux Reggae Contest de qualité
Event ReportMar 29, 2014

Verse iTal, Rapha Pico & Roots Rockers gagnent dans un Benelux Reggae Contest de qualité

By Jah Shakespear

Samedi, trois groupes de premier ordre se sont trouvés sur le podium du Petrol Club, à Anvers, les dignes finalistes d'un concours qui a, de nouveau, révélé une masse de nouveaux talents. Dans le concours MC, c'est Verse iTal avec un set vraiment versatile. 

Wahwahsda, vainqueur en 2011 de ce qui était alors encore la poule Benelux du European Reggae Contest, donne bientôt un concert d'adieu, mais a réjoui entre-temps le monde avec un album excellent. Sunrockers a gané, en 2012, le premier véritable Benelux Reggae Contest, est devenu entre-temps One Root et joue jeudi à Brixton, Londres. Iron Ites (2013) a ouvert, l'an passé, avec verve Reggae Geel. Tout cela pour dire qu'un tel crochet donne effectivement des résultats.

En s'élargissant vers l'Allemagne et la France, le BeneluXXL Reggae Contest a connu cette année un record d'inscriptions. Il y avait beaucoup de qualité là-dedans et une superbe finale, après des présélections extensives, était d'avance garantie. C'est ce que ous avons eu donc, avec trois groupes qui méritent une place aux festivals, même plus haut sur l'affiche que comme concert d'ouverture.

Mais ce sera de toute façon le cas pour Rapha Pico & The Roots Rockers, les gagnants de cette troisième édition du BRC. Essaie d'être à temps à Geel car les Pays-Bas ont finalement, après des années, engendré enfin un groupe Reggae roots classique. Avec un chanteur charismatique, le fils de Djeynah Delbety, que les anciens se rappelleront peut-être de Revelation Time, le groupe qui, fin des années 80, donnait régulièrement des concerts avec le footballeur Ruud Gullit comme membre de la formation. Djeynah, originaire de la Martinique, s'est trouvé un jour sur scène à Anvers, avec Ras Fire, dans un mémorable Tribute to Bob Marley. Il est actuellement le mentor de son fils et s'occupe de la sono.

Bob Marley est également le grand héros de Rapha, le chanteur aussi bien que l'auteur-compositeur. Il rayonne d'un semblable charisme, chante avec une voix semblable, un peu rauque, et chante des numéros inspirants sur la paix, l'amour, la justice et la force spitituelle. Je retiens surtout 'Everyday', un tube en devenir, à mon avis. The Roots Rockers est sans conteste un groupe de musiciens de premier ordre et deux chanteuses qui veulent la couronne des I Threes. Ils jouent un reggae classique, lissé, qui fait penser à Third World et Steel Pulse, des références belles, mais surtout prometteuses.

Le père et le fils ont récemment été à Kingston où ils ont fait des enregistrements au Tuff Gong, et collaboré avec des musiciens notoires comme Dean Fraser et des membres de Pentateuch. Peut-être que les beux prix du Benelux Reggae Contest (concerts, temps de studio, management,…) pourront booster définitivement la carrière de Rapha Pico & The Roots Rockers

C'est ce que nous aurions accordé avec plaisir au Junior Kenna & Fiyah Nation Band aussi. Leur sounds frais, contemporain, s'accorde bien avec les développements à la Jamaïque, le new roots with a lickle touch of rock et le r'n'b. Cela a donné un certain nombre de tunes spectaculaires: Ziggi Recado meets Protoje, et Junior Kenna (le fils de Ken Draad, un autre nom que nous retenons de la scène reggae néerlandaise des années 80) s'est montré peut-être le meilleur "entertainer" de la soirée. Avec beaucoup d'interaction réussie avec le public, lui aussi soutenu par un excellent petit chœur féminin. Plus encore que Rapha Pico & Roots Rockers, il a su s'approprier complètement le numéro obligé 'Rudeboy shufflin' (Israel Vibration). Heureusement, comme membre du jury, je n'avais pas à choisir, heureusement: les deux groupes ont obtenu exactement le même score.

Et comment aurais-je pu donner moins de points au Jamaican Jazz Orchestra? 10 musiciens formés, avec quatre souffleurs éminents, la musique proprement notée sur papier. De baux compositions et arrangements, du jazz au plus hat niveau, mais, tout aussi bien, du SKA et du rootsreggae, dans le fascinant noméro d'ouverture, avec une pincée de nyabinghi. D'involontaires associations avec l'œuvre plus tardif des Skatalites, de Cedric Brooks, de Sabebe et de Dave Hillyard. C'était le disque 'Below the bassline' d'Ernest Ranglin qui a inspiré le guitariste Wouter 'Wowie' Rosseel (également membre permanent de Pura Vida) à rassembler autour de lui ce groupe de musiciens. Le sens du roots exprimé par un combo jazz. L'expression suivie souvent autrefois par "dans un club enfumé", mais cela n'existe plus ces jours-ci. À moins qu'il y ait du reggae au programme, naturellement. Une autre fumée, mais bien en harmonie avec la musique.

pour moi, Saimn-I n'aurait même pas dû y être. 'Face reality' ('Exodus' goes jazz) est, en soi, déjà un numéro intrigant et 'Rudeboy shufflin' urait été, même sans voix, été le meilleure performance de la soirée, avec des souffleurs de rêve. Sauf une belle et forte chanteuse dans le fond. Je préférerais la mettre plus en avant face à Saimn-I, qui doit faire attention de ne pas trop se surexposer.

Aucun vainqueur clair chez les groupes, mais les choses sont d'emblée nettes chez les MC. Fullany a combiné son style singjay typique avec quelques tunes plus commerciaux, un avant-goût de ce que le nouveau disque qu'il prépare donnera Puppasonic a impressionné avec ses speedraps francophones, mais personne ne le comprenait, et puis, c'était un peu monotone, malgré tout. La différence avec Verse iTal était énorme. Un nouveau sound, de nouveaux beats et rythmes, du roots au dubstep, des conscious lyrics, tout à fait dans la ligne des nouvelles roots de JA. Très versatil, en effet, mais aussi extrêmement Ital, comme la deuxième partie de son nom laisse soupçonner. Un grandiose ganja tune aussi, le fluide et la dynamique d'Alborosie, ainsi que, par son origine (Trinidad & Tobago) et un accent caraïbe (disons même jamaïcain) très reconnaissable. Cet homme mérite un groupe dans son dos.

Plus de plaisir encore le samedi. Une masterclass passionnante de Dubmatix, avec, à peine quatre (4) intéressés présents. Un set joyeux de Tippa Irie, qui n'est plus, depuis longtemps, le maigre petit bonhomme d'antan, mais qui est toujours aussi habile dans le speedrap, style années 80, quand c'était surtout la vitesse qui comptait. Autant que je sache, Tippa est le premier artiste reggae qui nous a rappelé l'interdiction de fumer, ce qui est petit à petit suivi partout maintenant Il faudrait peut-être y réfléchir doucement.N'oublions pas Mama Suzie, la cuisinière! Chaque fois la même chose, mais chaque fois aussi délicieux (Ceci n'est pas un message sponsorisé).

Verse iTal, Rapha Pico & Roots Rockers gagnent dans un Benelux Reggae Contest de qualité

About the Author

Jah Shakespear
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Il écoute du reggae depuis 1977, écrit à ce propos professionnellement depuis le début des années '80 (De Morgen, De Standaard, P-Magazine, Highlife et de nombreux autres périodiques) et a créé ce site en 2002. Auteur de 'De Rasta Revelatie' (2008) et 'In Het Spoor Van De Keizer' (2016).

Genres

RootsDancehallNew Roots

Published

Mar 29, 2014