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Luciano & Cocoa Tea: 2 big guns of reggae @ Petrol
ActuDec 20, 2013

Luciano & Cocoa Tea: 2 big guns of reggae @ Petrol

By Jah Shakespear

Avec le public qui est arrivé tard, le warm up a été prolongé et le début du concert s'est fait attendre.  Cela laissait aux jeunes de Lion Paw Movement plus de temps pour jouer.  Dommage qu'ils n'aient pas essayé de capter la vibe du public présent et se sont cantonnés dans un style musical, le dub, qui laissait les massive plutôt froids.

Vers 23h45 enfin, le Step by Step Band a fait son apparition, très vite suivi de la première star du soir, Luciano.  Etant le cadet des deux artistes, c'était lui qui ouvrait le concert.  Il a fait cela en débarquant sur scène avec son hymne « Messenger » suivi d'un autre de ses grands classiques « Give Praise ».  Habillé d'un uniforme marron, Luciano a directement démontré qu'il était en pleine forme et prêt à nous en donner pour notre argent.  Il enchaine avec une dédicace spéciale pour tous les Gambiens dans la salle, avec « Sweet Mama Africa » pendant lequel il nous fait voyager dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, de Busumbala à Brikama, de Bakoteh à Mandinarin.  C'est sur que ses expériences dans ce pays et le soutien de ses fans gambiens l'ont marqué.

Luciano, le mystique, enchaine vite sur un long segment spirituel, avec des titres comme « Sweep Over My Soul », « Better Way », « How Can You » ou « Never Give Up my Pride », avec salto compris !  Après ce long passage rempli de louanges et de superbes vocalises (quelle force et quelle conviction dans sa voix !), il a relancé la fête avec « Ulterior Motive » dont le riddim digital a fait mouche dans la salle.  Sur ce son rub-a-dub, comme tout au long du concert d'ailleurs, Luciano s'amuse à faire quelques freestyles et à mixer d'autres lyrics à l'original.  Les morceaux sont joués tout en longueur et en variations.  Chapeau au Step by Step Band qui s'est plié de manière très flexible aux improvisations des artistes.

De manière un peu pêle même, Qabalah Man a chanté « For The Leaders », « Silver & Gold » sur le Hard Times Riddim et « Who Could It Be », puis il a étonnamment dédié une version reggae de « Knockin' on Heavens Doors » au regrette Nelson Mandela avant de conclure avec « Your World & Mine ».  Motivé, Luciano l'était certainement.  Mais pressé par contre, pas du tout.  Il prend le temps de parler au public entre ses chansons ou de caler quelques citations bibliques et il nous a gratifié lors du rappel de « Hills & Valleys », « It's Me Again Jah » et « Give I Strength » en versions longues.  Par contre, j'étais étonné qu'il ne touche pas un mot de son tout dernier album « Qabalah Man » qui vient de sortir.

Sans aucune interruption, Step by Step lance un riddim nyahbingi, avec lequel Cocoa Tea a l'habitude de commencer ses concerts.  La question que je me posais : va-t-il nous redonner ce récital routinier avec les titres habituels, trop souvent les mêmes que j'ai vu lors de ses derniers concerts ?  Heureusement la réponse a été non.  Cocoa Tea était très en forme, avait envie de s'amuser et d'improviser. 

Le second titre de son concert était étonnamment « Biological Warfare », un titre non plus ancien et mystique mais moderne et en connexion avec l'actualité.  Cocoa Tea sait être versatile et il le montrera tout au long du concert.  Il nous offre ensuite une version de « Heathen » des Wailers sur lequel il chantera également les paroles de « Zimbabwe » et là, il rejoint presque les élans mystiques de Luciano.

Pour un moment seulement parce que Cocoa Tea est connu comme étant le « sweetest thing on the dancehall » et le prouve en jouant ses classiques rub-a-dub  « Ryker's Island », « Lost My Sonia » ou « Love Me » sur lequel il chante les lyrics que Shabba chantait sur ce titre.  Au petit jeu d'ambianceur, Cocoa Tea est un spécialiste, il fait chanter les gens, se lance dans des questions-réponses déjantés avec le public et occupe chaque instant et tout l'espace de la scène.  Le chanteur nous dit ne pas être pressé et vouloir nous amuser jusqu'au bout de la nuit.  Il se lance dans des improvisations, le Step by Step toujours aussi attentif le suit pas à pas.

Il pose un peu le tempo avec le superbe « Good Life », « Israel's King » en medley avec « One Drop », un autre des Wailers… Avant de rebooster la salle avec « Hurry Up and Come » et le très drôle « Stand Up Straight » pendant lequel ses jeux avec le public étaient hilarants.  La liste des titres est assez courte mais les versions sont longues et le temps passe vite.  Après « Tune In » et « Waiting in Vain », avec une énorme énergie, Cocoa Tea nous quitte sur « 18 and Over » (où il chante aussi bien ses lyrics que ceux de Buju Banton).

Et puis ? Deux heures et demie de concert, il n'y a pas à redire, ils n'ont pas été radins sur le temps.  Mais le combo tant attendu ? Pourquoi Cocoa Tea et Luci ne prennnent pas un peu de temps en fin de concert pour se présenter à deux sur scène, nous offrir par exemple l'un ou l'autre des titres qu'ils ont enregistré ensemble comme « Mr Governor » ou le classique « Rough Inna Town » ?  Cela aurait certainement été la cerise sur le gâteau de ce dernier concert en grandes pompes de l'année…

Luciano & Cocoa Tea: 2 big guns of reggae @ Petrol

About the Author

Jah Shakespear
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Il écoute du reggae depuis 1977, écrit à ce propos professionnellement depuis le début des années '80 (De Morgen, De Standaard, P-Magazine, Highlife et de nombreux autres périodiques) et a créé ce site en 2002. Auteur de 'De Rasta Revelatie' (2008) et 'In Het Spoor Van De Keizer' (2016).

Genres

DancehallReggae

Published

Dec 20, 2013