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Fat Freddy's lâche une bombe à l'AB
Event ReportOct 07, 2013

Fat Freddy's lâche une bombe à l'AB

By Visionz

Cela faisait longtemps que je n'avais pas attendu un concert avec autant d'impatience.  Ce n'est d'ailleurs que vers 2009 que j'ai appris qu'on faisait aussi du reggae en Nouvelle Zélande.  A l'époque un de mes collègues sur ce site avait écrit un compte-rendu d'un concert à Amsterdam, et ceci a éveillé ma curiosité.  Je me suis donc offert leur album « Based on a True Story », sorti en 2005 déjà.  Et il a vite trouvé une place parmi mes disques préférés.  Quatre ans et deux albums plus tard, se présentait enfin à moi l'occasion de les voir se produire sur scène.

De prime abord, on aurait pensé que l'Ancienne Belgique ne ferait pas le plein ce soir-là.   Mais pour le début du concert, la salle et les balcons s'étaient bien remplis.  Etant donné qu'à l'AB les concerts commencent pile à l'heure, et que celui-ci était prévu pour 20h30, les retardataires sont venus grossir les rangs des massive déjà présents. 

Fat Freddy's Drop a démarré avec « Blackbird » , le titre de l'album éponyme sorti vers le milieu de 2013.  L'intro de ce titre me fait toujours penser à « Lamb's Bread Collie » de Light of Saba, le mystérieux groupe du saxophoniste Cedric 'Im' Brooks.  Tout comme sur ce morceau de 1978, « Blackbird » commence avec un rythme nyabinghi avec de subtiles mélodies de cuivres par-dessus.  Silence total dans le public.  Soudainement, les nyabinghi s'arrêtent et le piano commence à jouer seul.  Un frisson parcourt le public et quand la voix et le riddim commencent à jouer, personne ne reste immobile. 

La voix douce et mélodieuse du chanteur/guitariste Dallas Tamaira, alias « Joe Dukie » semble familière à l'oreille et ne sera jamais ennuyante.  Et puis on constate également que les trois joueurs de cuivres (trombone, saxo et trompette) sont beaucoup plus mis en avant que sur les albums studio.  Pendant deux heures, ils enchaineront les solos.  Le guitariste n'est pas en reste, et à la fin de « Roady », probablement le plus gros hit du groupe néo-zélandais, il se lance dans un solo qui a été accueilli par les applaudissement des amateurs de rock présents dans la salle. 

Parce que c'est comme ça que ça se passe chez Fat Freddy's Drop : il s'agit d'un mélange de styles différents.  Même dans un seul morceau, ils réussissent à mixer plusieurs styles.  C'est comme ça que « Russia » démarre sur un rythme quasi léthargique pour se transforme, ni vu ni connu, en un ska déjanté.  Sur « Silver and Gold », les changement de tempo se font de manière rapide tandis que « When I Open My Eyes » est un morceau aux influences soul, probablement un des plus calmes de tout le concert.  Pour ce morceau, ils n'utilisent que la guitare, les claviers et le chant, accompagnés de Chris Faiumu à la MPC, la pulsion cardiaque de ce groupe.  Mais même ce morceau planant par nature a reçu sa dose de vitamines quand, à un moment donné, les joueurs de cuivres sont remontés sur scène pour faire monter la pression !

Pendant tout le concert, le groupe travaille à créer ce genre de climax, mais également des anti climax, comme dans le très calme « Soldier », un titre pendant lequel même le tuba aura sa minute de gloire.  A plusieurs moments, on penserait que le rythme va exploser, pour finalement retomber dans la même litanie tranquille tandis que Chris Faiumu (DJ Fitchie) fait des miracles à la table de mixage et donne une dimension supplémentaire au concert.Après ce morceau, Fat Freddy's Drop ne laissera plus ralentir le tempo.  

Avec « Mother Motehr », ils mettent en place un groove avec un effet trance, qui, après 10 minutes, se transformera en techno et plusieurs minutes plus tard muera en un funk brut où le tromboniste, le saxophoniste et le trompettiste se relaieront aux solos.  Le tromboniste qui se lâche complètement embraie ensuite sur quelques pas de danse de sa confection, plutôt loufoque (il m'a fait penser à Jim Carrey dans son sketch « What Is Love »).  Après ce déballage d'énergie, les applaudissements de la foule ont été tonitruants, mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'on allait entendre après « Shiverman », leur dernier morceau de cette soirée.  Il s'agit du seul titre de leur deuxième album « Dr. Boondigga & The Big BW ».  A nouveau, les musiciens ont lentement construit un chemin vers une apothéose musicale.   A la fin du titre, on a l'impression de se réveiller d'un long voyage où la musique nous avait emmené.  Dommage qu'après cela nous n'ayons pas eu droit à un rappel.

Il était évident que le groupe en avait envie mais les exigences des horaires ne l'ont pas permis.  Est-ce qu'il n'y a vraiment aucune critique négative à formuler à propos de ce concert ? Si, quand même, je vous rassure.  Les raps du 8eme Freddy, MC Slave, sur « Russia » et « Roady » ne sont que fort moyens.  Et puis on aurait voulu entendre des titres comme « Pull The Catch », « Breaktrough » et « Midnight Mrauders »… Ça sera pour la prochaine fois !

 
Fat Freddy's lâche une bombe à l'AB

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Oct 07, 2013