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Reggae Geel 2013: new time & age
Event ReportAug 03, 2013

Reggae Geel 2013: new time & age

By Natty/Jah Shakespear/Katrien Van der Aa/Jah Rebel/Irie Nation

Reggae Geel s'est réinventé après 35(!) ans. Cinq podiums, plus d'espace, un camping agrandi, une gestion digne de ce nom des déchets et, surtout, sur tous les fronts, deux journées complètes, du podium principal et du Bouncer au 18° Corner, Skaville Circus et le nouveau chapiteau The Yard.

Quelle métamorphose! La scène principale se trouvait là où se trouvait l'entrée principale avant, le chapiteau Bounce Dancehall aux environs du backstage autrefois. Dans Skaville aussi, la fête a continué pour la première fois pendant tout le week-end, sans être dérangée ou interrompue par les activités sur les autres podiums. Même continuité dans le 18" Corner, le seul podium à avoir gardé son emplacement, qui était, surtout la journée, un refuge pour la chaleur torride. Le Yard était peut-être le podium de trop, pour cause de trop d'alternatives, mais de ce côté du terrain, il y avait tant de choses à expérimenter, du yard comedy campinois et des lectures et interviews à la leçon de danse et une représentation expérimentale du mille-pattes reggae Saimn-I.

Et c'est ainsi que Reggae Geel a, pour la première fois, réalisé son mot d'ordre: Catch a vibe. On pouvait en effet choisir quelle vibe t'allait le mieux et y plonger tête première. Le terrain s'est agrandi de 4 hectares par rapport à l'année dernière, et on devait marcher plus, donc, mais cela donnait aussi l'isolement nécessaire, sans empiètement d'autres musiques. Bravo à l'organisation pour ce remembrement radical, mais bien réfléchi du terrain, dont ont bénéficié aussi la sécurité et l'accessibilité partout. Le camping s'est révélé sécurise, bien que, de nouveau, trop petit. Il a fallu en effet, en toute hâte, ouvrir un nouveau pré. Les toilettes pour femmes étaient mal distribués. Mais considérons cela comme de la critique constructive.

More fire!

Heureusement, le nouveau plan sécurité marchait à la perfection. Le vendredi soir, Reggae Geel a en effet frôlé une petite catastrophe. La toile peinte emblématique, qui orne depuis toujours le podium principal, est parti soudainement en flammes après la prestation de Marcia Griffiths. Peut-être accroché trop près des spots et un moment, il apparut comme si le toit du podium allait brûler aussi. Mais, à ce moment-là, les pompiers étaient déjà arrivés, grâce aussi aux nouvelles voies d'accès. Le programme a pris deux heures de retard, mais il y avait peu de dégâts pour le reste.

À ce moment-là, le programme avait déjà été complètement remanié aussi. Barrington Levy avait raté son avion (excuse classique) et Iba Mahr a eu l'honneur d'ouvrir le podium principal. Appuyé par le Dubtronic Band, avec lesquels il a déjà enregistré quelques numéros et a joué à la Jamaïque, le chanteur s'est concentré sur son œuvre roots, moins sur ses love tunes. Pas un chat qui le connaissait: Iba Mahr n'a pas réussi à faire chanter le public. Cool vibes cependant, sous un soleil de plomb à ce moment-là.

Marcia Griffiths & Asham ont surtout donné des reprises – pas de 'Steppin' out a Babylon' ou de numéros plus récents (sauf 'Automatic' de 2010) – et, à la fin, une poignée de numéros de Bob Marley. C'était impeccale, comme s'ils jouaient ensemble depuis des années. Marcia avait amené son propre petit chœur, mais, pour le reste, il y avait sur le podium un band authentiquement belge, une combinaison qu'on n'aurait cru possible il y a à peine cinq ans. On a déjà entendu Marcia Griffiths chanter mieux – les années commencent à peser – mais elle est toujours l'incontestable reine du reggae, avec son 'number 1 band', ce que nous ne l'avons jamais entendu dire.
C'était déjà minuit passé quand Cutty Ranks et Ruff Cutt Band sont montés sur le podium. Nous n'avions jamais vu Cutty et il n'a pas déçu. Un show sans franges d'un mauvais garçon vieillissant, avec une poignée de tubes mémorables et quelques numéros nouveaux. Nice.

'Mad, sick, head no good!': Bounty a tout de suite confirmé sa réputation comme top du dancehall et a présenté un show solide, sans fautes. Il est connu pour ses "toasts", mais il a choisi de commencer son show par un certain nombre de riddims reggae. C'était bien, mais ce n'était pas ce que les fans attendaient et Bounty ne dispose pas exactement d'un voix d'ange. Heureusement, il a très vite passé à la vitesse supérieure et donné ce que le public voulait. Les petits bruits typiques, un voix chaleureuse et profonde, un tempo parfait ont fait un show dancehall parfait, Bounty chantant tous les numéros du début à la fin, contrairement à de nombreux autres artistes dancehall. Tube après tube inondent le terrain et, dans la deuxième partie du show, le rythme monte encore d'un cran: "Badman style now!", comme le dit Bounty, et on est parti pour un enchaînement rapide de numéros badman et gyal. Lithium, Living Dangerously, Badman kill fi fun, High grade forever, Sufferer,...

Il est près de 3 heures quand Bounty fait exploser le terrain une dernière fois avec "Stronger", son duo à succès avec Mykal Rose. Heureux qu'il a réussi à venir une fois à Beljam. Une clôture parfaite pour la première journée du festival. Bien que le public du 18" Corner l'aura sans doute trouvé aussi, où King Jammy's, tout comme à Garance, enchaînait un classique après l'autre. Ou à Skaville, où Prince Fatty a monté, devant un public par trop clairsemé, une vintage party avec son équipe: MC Horseman, le guitariste Mutant-Hifi et le pionnier Dennis AlCapone. Comme d'habitude, le Bounce était plein à craquer, mais Kilimanjaro a déçu. On ne peut pas avoir la fête tout le temps et partout.

Avec le Crucial Belfam Showcase, Reggae Geel a placé dans The Yard un certain nombre de chanteuses de chez nous dans les feux de la rampe, accompagnées par Crucial P. L'audience du Yard n'était pas énorme, mais, que veux-tu, avec une telle abondance de choix? En tout cas, les Beljam ladies ont montré le meilleur d'elles-mêmes. Pour les excentricités de Slongs Dievanongs, qui se présentait en dernière, le Yard était déjà un peu plus rempli. Heureusement, car elle avait, à son dire, composé un numéro spécialement pour Reggae Geel. En bis, 'Could You Be Loved" était exécuté, Slongs rappelant ses collègues Micky B et Dede Kay sur scène pour clôturer la session. Lisa Benett aussi était là. Après tout une petite réunion bien agréable.

Reggae Renaissance

Rarement vu une ouverture aussi convaincante à Reggae Geel qu'Iron Ites, samedi de nouveau l'orgueil belge sur le podium principal. Avoir gagné le Benelux Reggae Contest ne lui a certainement pas laissé des miettes car le groupe a clairement gagné en maturité en peu de temps. Sur le plan musical, Iron Ites fait penser à des groupes anglais comme Black Slate ou Capital Letters du début des années quatre-vingts du siècle dernier et, si la prima donna Benoitte Mupatshi n'est peut-être pas la plus grande des chanteuses, elle occupait sans problèmes le grand podium de Reggae Geel. Les lève-tôt du festival ont vu et entendu qu'ils ne s'étaient pas levé trop tôt pour rien et, avec eux, nous anticipons avec intérêt ce premier album d'Iron Ites attendu plus tard dans l'année.

La nouveauté cette année, à Geel, était la Comedy. Le duo d'humoristes Thriller Mil et Swa Ranking, un bébêtes, se pointaient ici et là pendant le festival avec leurs vieilles chaises pliables et leur inséparable bouteille d'Appleton, pour collecter pour financer un voyage à la Jamaïque. Ainsi, ils hantaient e.a. la tente petit déj', le bar cocktail et la zone VIP. Dans le Yard, ils tentaient d'entraîner Smiley, toujours prêt à rire, dans l'espoir de voir se réaliser leur rêve. Le mélange approximatif de flamand et anglais, combiné avec la qualité du son pas vraiment optimale dans le Yard faisaient que tout n'était pas toujours très compréhensible. De toute façon, nous avons aimé que Reggae Geel explore ses limites et que, dans le Yard aussi, il y a de la marge pour des expériences.

L'atelier dancehall, sous la direction des danseurs DTD, a eu beaucoup de succès. Malgré l'heure matinale et la température qui montait dans le Yard, le public participant, principalement de sexe féminin, s'est complètement laissé allé dans les mouvements de danse connus comme 'Bogle', 'Row like a Boat', et 'Willie Bounce'. Ces dernières années, dancehall gagne en popularité, ce qui vaut apparemment tant pour l'aspect musical que pour le côté chorégraphique. Pendant 'Ova di Wall', les choses devenaient sérieuses: les participants étaient divisés en deux camps qui devaient ensuite, de manière agressive, tenter de repousser l'autre en dansant. Le choix de chaussures consistant principalement de tongs, il arrivait quelquefois qu'on atterrit sur l'orteil de quelqu'un, mais ce sont des choses qui arrivent dans le chaud de la bataille dancehall. Le point culminant de l'atelier était une impressionnante démonstration freestyle des mouvements acrobatiques les plus périlleux de ce groupe de danseurs talentueux.

Après les Iron Ites, la mainstage était toute à Dubtonic Kru. Il y avait déjà pas mal de monde dans l'herbe, mais le groupe n'a pas vu beaucoup de monde danser. Il n'y avait qu'à attendre Inidignation Band qui allaient jouer tant pour Jah9 que pour Protoje. La chanteuse montante Janine "Jah9" Cunningham a sorti il y a quelques mois son premier album "New Name" et était pour la première fois en tour en Europe. Cette reine du rasta, reconnaissable à sa voix basse, ne chante pratiquement que des "conscious lyrics", des chansons avec un message qu'elle tente réellement de faire passer. Celui qui écoute ses textes en a certainement tiré bien des leçons de sagesse. Jah 9 a joué à peu près tous les numéros de son premier album et s'est ainsi présentée au public belge. Solid roots, une véritable messagère de Selassie I. Jah! Rastafari!

De la même génération, mais un peu plus connu, voilà Protoje. En 2011, il était déjà l'hôte du chapiteau Bounce de Reggae Geel, mais il semblait encore bien timide et sa voix laissait par moments à désirer. Entre-temps, il a sorti son deuxième album ('8 year affair') et a fait nombre de concerts avec l'Indignation Band. Dans cette brève période, Protoje a mûri énormément comme artiste. Il a présenté un délicieux show roots avec, par ci, par là, quelques vibes dub et de temps en temps un break dancehall. On a entendu ses plus grands tubes de ses deux albums, les voix manquantes étant suppléées par les backing vocals et le guitariste. Longing for, Dread, Rasta Love, This is not a marijuana song, Kingston be wise,.. Après un bref hommage à Buju Banton, Jah9 est monté un moment sur le podium pour chanter sa combinaison 'Legitimate' avec Protoje. Protoje a montré qu'il n'est pas une éphémère et que nous entendrons encore parler de lui. De timide garçon à chanteur, toaster et entertainer accompli, big up!

96° in the shade

Tout comme Marcia Griffiths, la voix de Leroy Sibbles n'était pas à son optimum, mais de nouveau Asham s'est montré le groupe d'accompagnement parfait. Ailleurs, nous avons déjà chanté les louanges de cette combinaison et de l'été d'Asham. Vous n'avez encore rien vu, c'est la seule conclusion possible après deux concerts réussis à Reggae Geel.

Après les beaux mais un peu faciles "greatest hits" du vétéran Freddie McGregor (toujours le top en live) et Third World ('96° Degrees in the shade' traite d'ailleurs de l'exécution d'un activiste noir au 19e siècle, mais était parfaitement approprié samedi), notre Unlisted Fanatic national avait déjà entamé, dans le 18" corner, un concert qui allait durer trois heures, avec la collaboration de Collieman, Saimn-I, Moonshine Horns et Paul Fox. Il ont encore montré qu'on ne doit pas toujours chercher les grands talents à l'étranger. Un concert fantastique, avec des vibes variées, pour lequel nous nous sommes arrêtés un bon moment avec plaisir.

Et entre-temps, les rythmes envoûtants et les tubes reggae continuaient de sortir du chapiteau Bounce. Le chapiteau était presque tout le temps bien rempli, vendredi, la température était tropicale et il y avait toujours de la place pour une petite fête. Un big up spécial pour Beljam Sounds qui savent comme nul autre comment toucher le public à Geel.

Sur le podium principal, le festival était clôturé cette année par la jeune génération avec en premier le King of fyah, Capleton. Nous l'avons régulièrement vu ces derniers mois et années dans notre pays, mais cela n'a pas tempéré l'enthousiasme des fans. Comme toujours, il a planté un solide show dancehall, avec beaucoup d'interaction avec le public. More fyah!

Ensuite, c'était au tour de la douce voix de Romain Virgo. Après qu'il a gagné il y a quelques années un concours de chant télévisé à la Jamaïque, sa carrière a sérieusement démarré et il a sorti tube après tube. Nous l'avons déjà plusieurs fois vu à l'œuvre dans notre pays, mais Romain confirme chaque fois la qualité de sa voix et de ses tunes. Le show était bien charpenté et ne laissait à aucun moment la place à l'ennui, Romain is here to stay.
Avec le même groupe High Voltage et comme parfait clou du festival, nous avions la superstar Busy "Hothead" Signal. Au début de cette année, il a déjà eu un concert au Vooruit, à Gand, mais ce n'est qu'après qu'il a connu le succès mondial (avec Major Lazer) avec 'Watch out fi dis (Bumaye)', ce qui a agrandi énormément sa renommée. Comme artiste sur scène, Busy semble continuellement s'améliorer. Il dispose maintenant de tant de tubes et de bons tunes que son show était un sommet du début à la fin. Du reggae sublime, avec une belle voix chanteuse, au solide dancehall avec une fluidité incroyable: Busy, c'est notre homme. Comme clôture (prévisible), nous avons eu droit à une version longue de 'Bumaye' qui a fait s'exploser tout le terrain une dernière fois. Busy Signal est au sommet du dancehall et était une clôture plus que digne du podium principal. Please nah go a jail again!

Entre-temps dans The Yard

Après le rouleau compresseur de Busy, nous sommes allé voir un moment notre voisin du nord Brainpower dans le Yard où il s'exhibait en riddims reggae. Peu de monde, une bonne vibe, mais malheureusement le micro (pas pour la première fois dans le Yard) était mal ajusté, rendant les textes à peu près incompréhensibles. Peut-être un choix un peu trop large au festival pour donner à tous les artistes des petits podiums un public digne de ce nom? Retour vers Mighty Crown dans un chapiteau Bounce plein à craquer. Les Japonais énergiques ont réussi à captiver le public belge par leur tempo élevé, clôturant ainsi un weekend bien rempli dans le Bounce. Nous n'avons pas vu Prince Fatty et Hollie Cook, mais on nous dit que c'était un show très bon et très intime.

C'était encore une fois un fantastique week-end reggae plein de surprises, de solides shows, de basses solides, d'irie vibes et d'unity. Big up pour tous ceux qui ont rendu possible de faire de Reggae Geel ce que c'est devenu maintenant. Vivement l'an prochain!

Reggae Geel 2013: new time & age

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Natty/Jah Shakespear/Katrien Van der Aa/Jah Rebel/Irie Nation

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Published

Aug 03, 2013