
Iron Ites: higher hights @ Benelux Reggae ContestIl faut l'admettre, Iron Ites jouait à domicile vendredi dernier au Petrol Club à Anvers. Et ce sont les voix du public qui leur ont permis de remporter la finale du Benelux Reggae Contest. Si la finale s'était tenue aux Pays Bas, Rass Motivated l'aurait remportée. En effet, cet artiste a tout autant plu au jury que le groupe anversois. Une chose est sure, et réjouissante, le niveau des groupes cette année était particulièrement élevé.
Le Benelux Reggae Contest est une organisation indépendante, qui, depuis l'année dernière, ne dépend plus de l'European Reggae Contest. Les organisateurs ont décidé d'en organiser la finale à Anvers au lieu de Maastricht. Tenir la finale à Maastricht était bien agréable, mais elle reste fort excentrée et distante, aussi bien pour les Belges que pour les Hollandais. Ce qui avait pour résultat qu'en général, seul les fans des finalistes faisaient la route. Avec une finale à Anvers, l'organisation espérait attirer un public plus nombreux. Ce qui a été un pari réussi, il y avait bien plus de monde que lors des finales précédentes.
Dès les préselections, nous avions constaté que le niveau de cette année se trouvait bien haut, surtout depuis que le concours a été ouvert aux Français et Allemands. Il ne suffit plus d'un riddim simpliste joué à l'ordinateur pour plaire au public belge. C'est surtout l'originalité et la maîtrise musicale qui ont la cote. Et on ne peut que s'en réjouir. Pura Vida (gagnant 2008) et Sunrockers/One Root ne sont pas juste des groupes qui maintiennent en vie le reggae des années '70, comme certains amateurs de dancehall se plaisent à le dire, mais ce sont surtout des groupes qui représentent et renouvellent une tradition musicale qui a toujours ses défenseurs et amateurs.
Rass Motivated (Sherandel Maynard) n'était pas toujours compréhensible mais il rappait et chantait avec l'assurance et le flair des grands artistes, soutenu par une excellente choriste. Avec des paroles de vrai rastaman, Rass Motivated & The Essence était sans aucun doute le groupe le plus innovant de la soirée, un groupe qui pourrait également plaire à un public qui n'écoute pas de reggae.
Le chanteur français Tony Nephtali avait également amené un bon backing band, et une choriste qui a prouvé lors de ses quelques passages solo, qu'elle aurait tout aussi bien pu être la chanteuse principale de ce groupe. Ils ont également joué un set varié, alternant les textes en français et en anglais et avec un rôle dominant pour la guitare. Leur son m'a fait penser à celui de SOJA (Soldiers of Jah Army). Ce qui est loin d'être une mauvaise référence. Ceci est surtout dû au fait que Nephtali a le même timbre de voix. Ce groupe se permet quelques escapades en dehors des frontières du reggae roots ou du dancehall, mais sans jamais perdre ces bases de vue.
Le groupe Iron Ites a été fondé en 2011 et nous avait déjà étonné lors d'un concert au Park Spoor Noord. Ils ont apparemment fait pas mal de progrès depuis. Et c'est donc un vrai groupe de musiciens passionnés qu'on retrouvait sur scène. Et leur chanteuse, Benoîtte Kiangana Mupatshi (qu'on a également vu avec les Sisters à Reggae Geel) chante avec la force et l'assurance d'une vraie Empress, qu'elle est réellement, habillée de lumière, une reine africaine rayonnante dans la masse grisâtre de l'Europe.
Iron Ites a conclu avec « Power of Creation », une chanson majestueuse, qui ne ferait pas tache sur l'album de Jah9, cette Jamaïcaine que Mutabaruka appelle la « nouvelle voix du reggae ». Je me suis couché avec cette chanson en tête, et elle s'y trouvait encore quand je me suis réveillé le lendemain matin. Cette chanson est déjà un classique en Belgique et un hymne potentiel pour les massive du monde entier.
Avant de conclure leur concert avec cette chanson, le groupe avait alterné le roots avec quelques morceaux plus uptempo très frais. Leur premier titre avait un riddim un peu pop, comparable au One Draw riddim, tandis que leur titre « Babylon Must Fall » voyageait quelque part entre le reggae d'Eddy Grant et le « Crazy Baldhead » de Marley. Benoitte et ses musiciens n'avaient probablement pas ces titres en tête quand ils ont créé ce morceau mais par contre, cela prouve que ces rythmes de base font réellement partie de l'inconscient (reggae) collectif.
Le son a vibré lors de leur intérprétation du « Guess who's coming to dinner » (une interprétation obligatoire dans le cadre du concours), tout comme dans les meilleures productions du label Taxi de Sly & Robbie, avec des breaks relax, des effets de dub et un excellent jeu de cuivres (deux trompettes et un saxophone très jazzy). Au mixage, il y avait Crucial Alphonso, qui a eu quelques difficultés avec la basse mais qui, pour le reste, savait exactement quel son donner à Iron Ites : celui d'un groupe roots contemporain, avec deux agréables vocalistes féminines, un tas de bonnes chansons et la conscience nécessaire pour continuer à chanter.
Pura Vida, Wahwahsda (2011) , One Root et maintenant Iron Ites : nous sommes fiers du reggae belge !
Iron Ites: higher hights @ Benelux Reggae Contest Il faut l'admettre, Iron Ites jouait à domicile vendredi dernier au Petrol Club à Anvers. Et ce sont les voix du public qui leur ont permis de remporter la finale du Benelux Reggae Contest. Si la finale s'était tenue aux Pays Bas, Rass Motivated l'aurait remportée. En effet, cet artiste a tout autant plu au jury que le groupe anversois. Une chose est sure, et réjouissante, le niveau des groupes cette année était particulièrement élevé. Le Benelux Reggae Contest est une organisation indépendante, qui, depuis l'année dernière, ne dépend plus de l'European Reggae Contest. Les organisateurs ont décidé d'en organiser la finale à Anvers au lieu de Maastricht. Tenir la finale à Maastricht était bien agréable, mais elle reste fort excentrée et distante, aussi bien pour les Belges que pour les Hollandais. Ce qui avait pour résultat qu'en général, seul les fans des finalistes faisaient la route. Avec une finale à Anvers, l'organisation espérait attirer un public plus nombreux. Ce qui a été un pari réussi, il y avait bien plus de monde que lors des finales précédentes. Dès les préselections, nous avions constaté que le niveau de cette année se trouvait bien haut, surtout depuis que le concours a été ouvert aux Français et Allemands. Il ne suffit plus d'un riddim simpliste joué à l'ordinateur pour plaire au public belge. C'est surtout l'originalité et la maîtrise musicale qui ont la cote. Et on ne peut que s'en réjouir. Pura Vida (gagnant 2008) et Sunrockers/One Root ne sont pas juste des groupes qui maintiennent en vie le reggae des années '70, comme certains amateurs de dancehall se plaisent à le dire, mais ce sont surtout des groupes qui représentent et renouvellent une tradition musicale qui a toujours ses défenseurs et amateurs. Rass Motivated (Sherandel Maynard) n'était pas toujours compréhensible mais il rappait et chantait avec l'assurance et le flair des grands artistes, soutenu par une excellente choriste. Avec des paroles de vrai rastaman, Rass Motivated & The Essence était sans aucun doute le groupe le plus innovant de la soirée, un groupe qui pourrait également plaire à un public qui n'écoute pas de reggae. Le chanteur français Tony Nephtali avait également amené un bon backing band, et une choriste qui a prouvé lors de ses quelques passages solo, qu'elle aurait tout aussi bien pu être la chanteuse principale de ce groupe. Ils ont également joué un set varié, alternant les textes en français et en anglais et avec un rôle dominant pour la guitare. Leur son m'a fait penser à celui de SOJA (Soldiers of Jah Army). Ce qui est loin d'être une mauvaise référence. Ceci est surtout dû au fait que Nephtali a le même timbre de voix. Ce groupe se permet quelques escapades en dehors des frontières du reggae roots ou du dancehall, mais sans jamais perdre ces bases de vue. Le groupe Iron Ites a été fondé en 2011 et nous avait déjà étonné lors d'un concert au Park Spoor Noord. Ils ont apparemment fait pas mal de progrès depuis. Et c'est donc un vrai groupe de musiciens passionnés qu'on retrouvait sur scène. Et leur chanteuse, Benoîtte Kiangana Mupatshi (qu'on a également vu avec les Sisters à Reggae Geel) chante avec la force et l'assurance d'une vraie Empress, qu'elle est réellement, habillée de lumière, une reine africaine rayonnante dans la masse grisâtre de l'Europe. Iron Ites a conclu avec « Power of Creation », une chanson majestueuse, qui ne ferait pas tache sur l'album de Jah9, cette Jamaïcaine que Mutabaruka appelle la « nouvelle voix du reggae ». Je me suis couché avec cette chanson en tête, et elle s'y trouvait encore quand je me suis réveillé le lendemain matin. Cette chanson est déjà un classique en Belgique et un hymne potentiel pour les massive du monde entier. Avant de conclure leur concert avec cette chanson, le groupe avait alterné le roots avec quelques morceaux plus uptempo très frais. Leur premier titre avait un riddim un peu pop, comparable au One Draw riddim, tandis que leur titre « Babylon Must Fall » voyageait quelque part entre le reggae d'Eddy Grant et le « Crazy Baldhead » de Marley. Benoitte et ses musiciens n'avaient probablement pas ces titres en tête quand ils ont créé ce morceau mais par contre, cela prouve que ces rythmes de base font réellement partie de l'inconscient (reggae) collectif. Le son a vibré lors de leur intérprétation du « Guess who's coming to dinner » (une interprétation obligatoire dans le cadre du concours), tout comme dans les meilleures productions du label Taxi de Sly & Robbie, avec des breaks relax, des effets de dub et un excellent jeu de cuivres (deux trompettes et un saxophone très jazzy). Au mixage, il y avait Crucial Alphonso, qui a eu quelques difficultés avec la basse mais qui, pour le reste, savait exactement quel son donner à Iron Ites : celui d'un groupe roots contemporain, avec deux agréables vocalistes féminines, un tas de bonnes chansons et la conscience nécessaire pour continuer à chanter. Pura Vida, Wahwahsda (2011) , One Root et maintenant Iron Ites : nous sommes fiers du reggae belge !
Il écoute du reggae depuis 1977, écrit à ce propos professionnellement depuis le début des années '80 (De Morgen, De Standaard, P-Magazine, Highlife et de nombreux autres périodiques) et a créé ce site en 2002. Auteur de 'De Rasta Revelatie' (2008) et 'In Het Spoor Van De Keizer' (2016).
Mar 29, 2013