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Professor transmet son savoir à la jeunesse à l'AB
Event ReportOct 07, 2012

Professor transmet son savoir à la jeunesse à l'AB

By Visionz

On a toujours su que Harrison Stafford sait comment bien s'entourer.  Il s'est par exemple associé les services de Will Bernard et de Leroy 'Horsemouth' Wallace sur le projet Rockamovya.  Son groupe Groundation est également composé de musiciens de gros calibre.  Pour son dernier projet, Professor, Strafford a invité en studio certains des meilleurs musiciens jamaïcains, et le voici qui les emmène avec lui en tournée.  Une formule au succès garanti?  Après avoir assisté à leur concert à l'Ancienne Belgique, on ne peut dire qu'une chose : ils ont réussi leur pari.

Dommage quand même que Flabba Holt, une des légendes jamaïcaines qui a participé à ce projet, n'ait pas été présent sur scène.  Il a cependant été remplacé avec brio par Daniel 'Axeman' Thompson qui m'a impressionné dès l'intro du concert.  Horsemouth s'est aussi fait remarquer dès l'intro, souriant et infatigable,  et pendant tout le concert son jeu de batterie est resté à un très haut niveau.

Le groupe a commencé son concert avec le bien nommé 'Throw down your arms', un classique de  Burning Spear, qui est également le nom de l'album live de Professor qui vient de sortir.  De cette manière, le groupe a donné le ton pour une soirée qui laissera une large place aux reprises soigneusement choisies de classiques reggae.  Quand 'Throw down your arms' s'est terminé en strictly drum'n'bass, j'en ai eu la chair de poule…

Le premier morceau original de Professor qu'ils ont joué ce soir-là était 'Jah sending out', le premier titre de leur premier album sorti en 2010 et intitulé Madness.  Strafford a composé cet album fort de l'influence et de l'inspiration que lui avait amené son voyage en Israel et sur la rive ouest du Jourdain.  Son but avait été de mettre en lumière les différences mais aussi les ressemblances de ces peuples dont l'histoire et l'avenir sont étroitement et inévitablement liés. De manière très appropriée, Stafford chante : "Who'll dream with me, in vision of unity, of love to be".

Tout aussi juste et beau, le titre 'They never love in this time', une reprise de Culture pendant laquelle Dalton Browne a pu briller en solo à la guitare.  Le chant de Strafford était lui tellement convaincant qu'il en ferait presque oublier l'original.  Le chanteur a ensuite fait sienne cette superbe chanson de Dennis Brown : 'The promised land'.  Il connaît bien l'exercice des reprises, lui qui a prouvé qu'il y avait moyen de faire un concert complet de reprises de Bob Marley sans ennuyer le public une seule seconde.

Le groupe ne s'est pas limité à des reprises.  Ils ont ainsi brillament interprété 'Roller coaster', dont la deuxième voix était à l'origine chantéé par Bernard Collins (The Abyssinians).  Ici à Bruxelles, ce sont Dalton Browne, Lloyd 'Obeah' Denton (claviers) et Horsemouth qui se sont mis aux chœurs.  Horsemouth nous gâtant ensuite d'un impressionnant solo de batterie.

Mon morceau préféré de l'album Madness est 'East Jerusalem' et ce morceau m'a comblé en live.  Que ce soit pour le jeu de guitare de Browne, la voix de Stafford, les cuivres (saxo et trombone) ou encore le texte puissant de ce morceau ("by candle light we read and write, each rainy night for an equal right").  Après ce morceau, Harrison Stafford a appelé à « une Palestine pour les Palestiniens », un appel auquel le public a vigoureusement réagit, et il a ensuite enchainé avec 'Intifada' ("People on the street hating what they see. Hope is running thin. No one to believe in. It's the sign of an Intifada.").

Le professeur Stafford ne nous a pas seulement entretenu du conflit israélo-palestinien, mais nous a aussi présenté un cours d'histoire du reggae.  Pour cela, il nous a interprété 'If I could rule this world' (Alton Ellis) et puis 'Love fire' et 'Armagiddeon', deux chansons de Bunny Wailer.  Pendant ce dernier morceau, Rico Gaultier a démontré qu'il n'excelle pas uniquement au saxophone mais qu'il est également un joueur de flûte traversière très convaincant.

Parmi les nombreuses reprises, le groupe a osé inclure 'Madness' qui s'est terminé en one-drop et puis un 'Right on' très funky dont le texte fait référence aux célèbres paroles de Marcus Garvey : "A people without the knowledge of their past, history, origin and culture is like a tree without roots".

Après environ une heure et demie de concert, Professor a clôturé en mode plus réservé avec un émouvant 'See them come' et une superbe version de 'There is a reward' de Joe Higgs, suite à quoi les musiciens ont quitté la sscène pour revenir quelques instants plus tard nous jouer 'Natty take over' de Justin Hinds.  Les réactions après le concert étaient majoritairement positives, et j'espère que ce projet ne s'arrêtera pas après un album et un live mais qu'il nous amènera d'autres vibrations positives dans le futur.

 

Professor transmet son savoir à la jeunesse à l'AB

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RootsReggae

Published

Oct 07, 2012