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Rototom, so far so good!
Event ReportAug 19, 2012

Rototom, so far so good!

By Katrien van der Aa & Rubi Roots

Cette année, Rototom Sunsplash se trouve entièrement sous le signe du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la musique jamaïcaine, ce qui a déjà été largement célébré les premiers jours.

Avec Derrick Morgan, le festival a démarré jeudi avec une des figures de proue des débuts de l'indépendance (musicale) de la Jamaïque. Il était déjà une star dans l'île quand de rythm and blues américain était importé et est considéré un des fondateurs du ska et du rocksteady un peu plus lent qui en est issu. Cela se montre entièrement dans son répertoire avec, d'une part, des numéros ska comme 'Miss Lulu' et 'Don't Call Me Daddy' et, d'autre part, des classiques du rocksteady comme 'The Conqueror' et 'Rudies Don't Fear'.

"Do you know Bob Marley?" était une question qu'il ne fallait pas poser ici évidemment. Ce qui a suivi était un potpourri de 'Put It On' avec '007' de Desmond Dekker. Sur le riddim Real Rock, le groupe anglais Ruff Cut Band était présenté et enfin, il a chanté 'Fatman' et '54-46 That's My Number', une reprises de Toots & The Maytals, que Marcia Griffiths allait répéter samedi.

One Love Hi Powa de Rome, arrivé dans les bagages de l'organisation italienne, s'occupait entre-temps des nécessaires new roots vibes pour introduire Beres Hammond, qui présente toujours un show de haute qualité (comme récemment à Anvers et à Garance), accompagné par son propre Harmony House Band, littéralement l'ensemble maison de son studio et label personnels, avec lequel il ne fait non seulement ses propres productions, mais aussi celles d'autres célébrités jamaïcaines et de jeunes talents, comme Jah Cure.

Nombre de chansons d'amour évidemment, avec 'What Can You Do To Stop A Man From Trying', 'She Loves Me Now', 'I Wish You Would Stay Longer', 'Another Date' et 'Tempted To Touch', en combinaison avec des numéros comme 'Step Aside' et 'Putting Up A Resistance', longuement élaboré, après quoi Beres allait souffler un peu dans les coulisses et que les musiciens pouvaient se laisser aller un moment. Il est revenu pour 'I Feel Good', 'They Gonna Talk' et 'Come Down Father', avant de dire goodbye avec le très émotionnel 'Rockaway', un hommage aux artistes décédés Alton Ellis, Peter Tosh, Jacob Miller et Bob Marley. Those were the days…       Sly Dunbar & Robbie Shakspeare forment sans aucun doute la section rythmique la plus populaire de l'histoire du reggae et ont collaboré à d'innombrables albums de nombreux artistes. À Rototom, ils pouvaient sortir de l'ombre pour faire encore un fois démonstration de leur art. Comme d'habitude, Sly se cachait derrière sa batterie, en train de jouer assez routinièrement, tandis que Robbie, à la basse, captait l'attention de tous (il s'est même aventuré à chanter!), mais c'était surtout Ernest Ranglin (80 ans) qui a élevé l'ensemble à un niveau supérieur avec ses solos inimitables sur guitare, ce qui a donné quelques moments instrumentaux sublimes. Pour des raisons de santé, le claviériste Monty Alexander, cette autre légende du jazz de la Jamaïque, a dû donner forfait; il a été remplacé, tout comme à Garance, par Tyrone Downie, l'ex-pianiste des Wailers.

Après pas mal de temps, le "special guest" Bitty McLean a pu se présenter un moment et exécuter ses tubes les plus connus: 'Never Let Me Go', 'Walk Away From Love' et 'Dedicated To The One I Love', dédié à Ranking Trevor, récemment décédé. "Enfin!", j'ai entendu dire certains dans le public, à raison, il aurait dû avoir plus de temps…  

The return of the family

Ensuite tous les yeux étaient pour la réunion de Morgan Heritage, les descendants de Denroy Morgan (à ne pas confondre avec Derrick) et avec 'Don't Haffi Dread To Be Rasta', ils ont immédiatement entraîné toute la plaine (le parking). C'était clair que l'harmonie du chant et du jeu entre Peetah, Gramps, Una, Luke et Mojo Morgan est toujours excellent, comme s'ils n'avaient jamais quitté, mais ils jouaient peut-être un peu trop sur pilote automatique. On a été servi plusieurs rockers avec des riddims comme One To One ('A Man Is Still A Man'), Changes ('Them Cyaan Get We Out') et Nine Eleven ('Hail Rastafari'), et, évidemment, Liberation. Ensuite, le cadet de LMS a pu présenter 'Never', chanté à pleins poumons par le public, ainsi que 'Jah Jah City' de Capleton et ainsi; on a eu tout le riddim à succès qui a mis, début 2000, le new roots bourgeonnant sur la scène mondiale.

La réunion familiale a été symbolisée par les deux frères Peetah et Gramps plantés la main dans la main sur le podium tandis que Gramps jouait un moment le rôle de lead singer alors que Mojo se chargeait du clavier, après quoi ils ont entonné ensemble le très approprié 'Reggae Bring Back Love'.

Puis Cham a fait exploser une première fois le dancehall en ouvrant immédiatement avec 'Ghetto Story', après avoir pompeusement été introduit par les Allemands de Jugglerz, un rejeton de Sentinel Sound. Ils avaient déjà mis la massive sous pression avec, notamment, le récent hit mondial dubstep 'Make It Bun Dem', une collaboration entre Damian Marley et le producteur américain Skrillex. De la Dub Station résonnaient aussi étonnamment beaucoup de dubstep et de dancehall le premier soir, avec Mungos Hi-Fi d'Ecosse et l'inépuisable Soom T comme MC féminin, pas exactement la musique à laquelle on s'attendrait ici. L'échauffement par les Italiens de Dread Movement nous plaisait en tout cas mieux.  

Alborosie & friends

Le concert de Michael Rose, fidèle à la tradition, se caractérisait par un mélange de numéros de Black Uhuru, dont Michael Rose a été le chanteur de front entre 1977 et 1985, et ses propres tubes de sa carrière en solo. Avec une série de cpositions récentes sur des riddims modernes de dancehall, il a de nouveau prouvé que, comme un des seuls chanteurs roots de sa génération, il s'est adapté avec succès aux tendances les plus récentes de la culture musicale jamaïcaine, mais vendredi, tout le monde attendait surtout le show d'Alborosie, la star du reggae italien, qui était accompagnée pour l'occasion de quelques amis et amies. Le nombreux public était réchauffé par Ikaya, une chanteuse de Kingston, qui a touché immédiatement l'ambiance.

Ensuite, Puppo Albo les a allumés avec des tubes comme 'No Cocaine' et 'Herbalist'. Entre-temps, il a encore trouvé le temps d'amuser le public en virevoltant avec son double dreadlock et provoquer des huées à l'adresse de Berlusconi. Comme d'habitude, il était assisté par le Shengen Clan. Les musiciens étaient clairement bien accordés et soutenaient un tempo tendu. Tout comme à Reggae Geel, on a eu droit à l'intro du Godfather comme intro opéra original à 'International Drama'. Entre des numéros comme 'Irusalem', 'Still Blazing' et 'Slam Bam Door', c'était un moment à la voix d'accompagnement, après quoi Michael Rose est monté sur le podium pour chanter ensemble 'Waan Di Herb'. Il nous a encore servi 'Stalk Of Sensimilia' pour ensuite disparaître de nouveau.

Alborosie avait à peine le temps de conclure 'Kingdom Of Zion' avant que Mellow Mood s'amenait. La foule s'est complètement éclatée avec 'Police Polizia', après quoi Albo a donné une démonstration sur la basse. Etana, annoncée par Albo comme sa "sister" et "...the most beautiful woman in the world!", a chanté une version émouvante de 'Blessings', suivi d'un moment sur saxo. Ky-mani Marley a eu le droit, comme invité de clôture, de porter un hommage à son père avec 'Natural Mystic' et 'One Love' avant qu'Alborosie a conclu par su numéro le plus connu, 'Kingston Town'. C'était étonnant qu'il n'avait pas inclu 'Free Rototom' dans le setlist, un tune spécialement composé pour ce festival italien sur le sol espagnol.  

Jamaica 50

Pour étoffer encore plus la petite fête d'indépendance jamaïcaine, Marcia Griffiths, habillée dans les couleurs du drapeau jamaïcain, est venu samedi donner une leçon d'histoire musicale avec des reprises, dans l'ordre, de Desmond Dekker ('Israelites'), Millie Small ('My Boy Lollipop'), Toots & The Maytals ('54-46, That's My Number'), Culture ('See Dem A Come') et Sugar Minott ('Herbsman Hustling'), outre son propre 'Feel Like Jumping'. Elle a encore nommé quelques icônes de l'histoire du reggae jamaïcain qu'elle aurait aimé avoir sur le podium pour participer à la fête. "All dead and gone, but their spirit is here!", elle nous a assuré.

Traduction: Jozef Weyn
Rototom, so far so good!

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Katrien van der Aa & Rubi Roots

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Published

Aug 19, 2012