Pour la 14e fois déjà, l'organisation ouvre son regard musical sur le monde pour tous les Limbourgeois et autres intéressés. Au festival Afro-Latino, depuis quelques années, les grands noms exotiques se partagent le podium et, cette année, avec Juan Luis Guerra, Batida, Kassav, La Excelencia et tant d'autres, ils n'en font pas moins. Salsa, merengue, bachata, rumba et soca autant que tu veux. Avec le zouk de Kasba et quelques noms africains, on retraverse l'océan. Alpha Blondie de Côte d'Ivoire, quelques autres groupes reggae et un podium consacré aux soundsystems présentent à leur tour du reggae, du dancehall et même du hiphop jusqu'à Bree. Charmant est le mot-clé dans la description de ce festival. À part d'être convivial et très musical, ce festival a une organisation des plus strictes et on n'entendait ou voyait bien peu de points susceptibles de critique. Sauf que dimanche, le temps n'était pas au beau fixe, mais cela n'a jamais pun pourrir l'atmosphère, les quatre podiums étant tous sous abri. Deux grands chapiteaux avec des podiums live, une tente aux miroirs pour la salsa, une grange de luxe pour le dancehall. Une organisation parfaite pour 3 jours de plaisir dansant!
On est arrivé juste à temps pour l'hilare et joyeux Jahcoustix, d'Allemagne. Ce jeune homme très "conscious" porte un message clair et, par son sourire, peint sur chaque visage son propre image. Cela arrive à d'autres concerts que, de temps en temps, quelque chose ne va pas dans les micros, ce qui est dommage, bien sûr. Mais il entraîne immédiatement le festival dans le bon, positif et surtout "happy" vibe! Ce qui m'a frappé, c'est que, façon YouTube, il y avait peu de matériaux acoustiques, bien qu'avec un orchestre, ça sonne simplement beaucoup mieux.
Shaggy doit combiner deux styles. Il reste un superbe artiste mainstream, avec des tubes et des airs où tu ne retrouves pas toujours les racines jamaïcaines, mais que tu peux certainement chanter avec, ou au moins muser. À côté de cela, Shaggy n'a jalais oublié l'underground. Il a continué à faire de très forts morceaux dancehall et reggae, ces morceaux qu'on entend beaucoup plus fréquemment lors de fêtes reggae/dancehall. Nous, on vient pour la deuxième partie du show. La partie où les tubes du top-30 n'étaient pas présentés était malheureusement plus courte que la première partie, plus "poppy" , de la performance. Apparemment, il retourne la présentation quand il se trouve à un festival reggae: on aimerait bien voir ça! Juste avant la conclusion et l'hymne footballistique 'Feel the rush', Rayvon lance un moment son propre niméro 'selectah' sur le Kingston13-riddim, pour ceux qui sont tout à fait familiers avec ce qui est "hot" à Kingston. Je l'avais déjà vu, il y a 4 ans, dans un show similaire, mais j'avais l(impression que, la fois passée, il en émana plus de "power" et que l'ensemble jouait de façon plus disciplinée. Mais il est et reste un acteur de scène très fort, c'est pourquoi je veux toujours le revoir à un quelconque festival reggae.
Samedi, on arrive juste à temps à la prairie pour The Internationals. Malheureusement, on a manqué de justesse Irie Vibes band. The Internationals sont déjà là depuis 14 ans et sont mieux connus pour leur ska dément. Du ska jamaïcain, bien entendu, plutôt que le plus récent UK-revival-twotoneska de Madness, par exemple. Après une pause de quelques années, ils ont repris le fil et Lize Acoe a joint, notamment De La Vega hen. La merveilleuse voix soul se combine maintenant avec du rocksteady, un peu plus downtempo. Pas tellement excitant, mais solide comme un roc! Un autre, très fort, début de matinée.
Plus tard, ce jour-là, Aswad, sur le podium principal, fait, en fait, ce qu'on peut s'en attendre. Ils plntent une performance roots super clean, solide. La langue, d'une part, et l'attention un peu plus grande qu(ils attachent aux intermèdes dubwise et aux solos de guitare, de grande qualité, mais, à mon avis superflus, trahissent leur origine R-U. Rien de neuf, donc, mais du solide néanmoins. L'hôte raggamuffin' (apparemment le fils du lead) était appréciable, mais, à côté de rappeurs plus expérimentés, il ne tiendrait pas le coup longtemps. Le petit hit 'don't turn around' explose vraiment du podium et est, bien entendu, particulièrement apprécié du public. C'est clair qu'ils ont fait cela des milliers de fois. L'ensemble lance encore "promised land" (de Dennis Brown et, maintenant aussi, Damian Marley/Nas), mais une panne d'électricité met des bâtons dans les roues. Dommage! Après un peu de bricolage, ils tentent un dernier morceau. Avec leur méga hit en conclusion, père et fils finalement font sauter enfin réellement tout le chapiteau.
Après Aswad, on s'est encore rendu au Pampero Stage, pour Irie Revoltés, d'Allemagne. Une bande solide qui sait comment combiner ska, punk, dancehall, rootsreggae et hiphop. Comme si ce n'était pas assez difficile, ils chantent et rappent encore alternativement en français et en allemand, et accueillent tout le monde en anglais. Les morceaux sont composés de divers éléments: des morceaux dans lesquels le quartette presque scande les textes, comme si c'était une manifestation, de temps en temps un voix soul mâle incroyablement haute, et, naturellement, chaque fois un rappeur raggamuffin' rauque et très rapide. Bref, une combinaison démente. Cela a parfois l'air un peu chaotique, mais ce ne l'est pas du tout. Cela s'avère une machine bien huilée, et surtout militante, qui ne connait pas de tabous. Ils prennent clairement position contre l'homophobie, le racisme et le fascisme, la violence policière et le capitalisme. Comme Manu Chao et Babylon Circus, ils rejettent aussi le concept, créé par les médias et les politiciens, d'"illégaux": "un être humain ne peut être illégal", c'est ce qu'ils affirment. Que ce soit une raison de plus, pour les Allemands, d'apprendre le français. Pour tout le monde, d'ailleurs. Ils remercient encore la famille, les amis et les fans avec un "Merci" sur un joli rythme reggae, s'étendent encore un peu sur le problème de l'eau dans le monde et clôturent en un feu d'artifice sur les beats de "We no speak Americano". Cette bande est clairement prête pour la révolution!
Dimanche, c'est Ziggi Recado qui nous sert les premiers sons reggae en live. Ce Néerlandais a déjà prouvé qu'il est un des jeunes héros les plus forts du paysage reggae d'Europe. On l'a déjà vu en sound, mais ce n'est clairement pas son biotope préféré. Avec son ensemble live, il est vraiment au complet. On a l'impression que le batteur, devant sur la scène, attire de temps en temps la plupart de l'attention du public. Un rasta splendide; avec une multitude de jolis objets à tambouriner dessus. Un plaisant ajout à l'ensemble, ce qu'on voit aussi avec l'Asham band belge, d'ailleurs. Avec un hommage à Gregory Isaacs, ils gagnent les coeurs de nombre d'amateut de reggae avant de convaincre encore plus par une version terriblement rock de 'cry murdah' et une version agréablement délayée du doux 'Need to tell you this".
Alpha Blondie ne fait rien de neuf et plante donc un show solide. Il commence par le Jerusalem-riddim, ce qui est évidemment directement un tir au but. Le morceau mène les gens à danser, certains en transe, ce qui met le ton, évidemment. En fait, je voulais seulement entendre encore ce morceau; on était plutôt finis après trois jours. Après la moitié du spectacle, on a finalement quitté le spectacle et on est rentrés.
Depuis quelques années, le festival assure aussi en permanence un vibe jamaïcain sur l'Island jam Stage. Ce qui a commencé par un petit chapiteau et une modeste sono, s'est développé depuis vraiment en une grange et un son "tunés". Les hôtes et hôtesse de Silverbullet Sound ont programmé un certain nombre de soundsystems belges et étrangers qui présentent non-stop du reggae et du dancehall, principalement. L'initiative est un succès et peut compter, pendant tout le week-end, sur un public appréciable. On remarque évidemment que le public, enpartie, doit s'habituer au MC, aux dubplates, aux pull-ups, et, naturellement au rapide changement des songs et des rythmns. Du ska, dancehall, dub, reggaeton, jungle et soca … aux classiques Reggae, hiphop, rocksteady et new roots. Le public reçoit un bel aperçu de la manière dont la musique jamaïcaine sonne à travers les temps, et se tord dans tous les sens pour pouvoir danser. Ce n'est pas donné à tous les soundsystems d'avoir toute la salle vraiment en mouvement, mais personne ne s'est ennuyé 10 minutes! Sauf peut-être le security boy à côté du podium ;-)
Afro-Latino est un festival charmant, où le tout est encadré d'un sourire et où on se dance en forme (on dit ça?) pour l'été sur des rythmes exotiques. L'idéal juste avant les vacances, non?