
Pour la première fois, la grande fête du dancehall "Hotel Jamaica" se déplacait de sa base habituelle à Anvers, vers la ville de Gand. Les invités de marque de cette soirée étaient le Ward 21 crew, un des groupes les plus créatifs et influents dans le dancehall depuis maintenant près de quinze ans.
La machine promotionnelle d'Hotel Jamaica a fait son oeuvre et le Vooruit a fait salle comble. Les massive de Gand ont répondu présent et les habitués de cet hotel assez spécial avaient également fait leur réservation. Vers minuit trente, quand les hollandais de Herbalize-It prennent le contrôle du son, la température est déjà bien chaude. Leur mix, s'il n'est pas particulièrement original, est efficace et l'action combinée des grosses tunes et de l'énergie du MC mettent les massive en mode dancehall.
Quand les Hollandais quittent la scène, c'est pour faire place aux rappeurs anversois du Team Panini. Héros locaux à Anvers ? En tout cas je n'avais personnellement jamais entendu parler d'eux et j'avoue que je n'ai pas été particulièrement touché par leur set. Rien de très spécial à noter pour moi, que cela soit au niveau des beats, que du jeu de scène... Pour les paroles, je n'y ai - forcément - rien compris, mais une amie flamande m'a confirmé qu'elle non plus n'y pigeait rien...
L'ambiance était donc un peu retombée, mais, un peu comme pendant les pubs au milieu des films, cela permet d'aller faire un tour au bar et de passer aux toilettes... Et puis boum, Ward 21 straight outta Kingston déboule sur scène. Un, deux, trois,.... Mais où reste le quatrième ? Il manquait un des membres du crew, malheureusement je n'ai pas pu me renseigner pour savoir pourquoi il manquait.
Il y avait donc trois "mad dawgz" sur scène, trois voix et trois styles qui ont été entrainés depuis près de quinze ans à rimer ensemble, à s'alterner, se donner le change, à se renforcer mutuellement. Ward 21 entame le concert en force avec des riddims très lours dont le Gully SLime pour "Garrison". Ils enchainent avec quelques nouveaux sons et puis repartent puiser dans leur gros catalogue de hits : "Last Nite", "Smoke The Weed", et bien d'autres.
Ward 21, pour ceux qui l'ignorent, ne sont pas juste des génies du micro et de la rime amis aussi des producteurs inspirés qui nous ont offfert certains des plus puissants riddims de l'histoire du dancehall : Badda badda, Da Joint, Bellyas entre autres. Civalizee au platines assure relativement bien le backing du crew, bien qu'il ne soit pas toujours pas évident de suivre les nombreux changement de rhytmes, les forwards, etc.
Pendant tout le concert, le public a été réceptif aux vibes du Ward 21 même s'ils n'ont pas déclenché la même fièvre que Baby Cham par exemple. Ward 21 a un son plus radical et plus raggamuffin dans l'esprit. Jeux de voix et et jeux de mots, questions-réponses, voix et contre-voix, le meilleur de leur son s'apprécie de manière posée.
Après leur concert, Herbalize-It, TLP et Civalizee ont repris les platines pour une grosse fiesta dancehall "classique" : efficace mais pas forcément très originale, on a surtout joué du son déjà entendu et ré-entendu. Dommage que les meilleurs sound systems ne se permettent pas plus d'originalité et ne prennent pas plus de liberté et de risques dans leurs sélections.