
Ce weekend, plusieurs évènements de première classe avaient lieu dans notre pays et à l'Hotel Jamaica, on n'était pas en reste. Avec un Baby Cham infatigable à l'affiche, les fans de dancehall savaient que la casserole à pression allait bouillir jusqu'à exploser! La foule et l'ambiance étaient bien au rendez-vous.
Civalizee Foundation continue à développer et agrandir leur Hotel. Ils présentaient vendredi dernier Baby Cham et dans deux semaines, l'Hotel Jamaica se déplacera au Vorruit de Gand avec comme invités Ward 21. Deux gros noms de la scène dancehall qui se succèderont en deux semaines dans notre pays. Cham, tout autant que Ward 21, est connu pour ses concerts étourdissants et énergiques. Cham a fait cela de manière remarquable et à voir les réactions sur les réseaux sociaux, il semble que son concert ait été un des , si pas le, meilleur de la série.
Aux alentours de minuit, la session était déjà bien lancée. C'est Buda de Civalizee qui se chargeait du warm up, avec Dynamiq, un artiste originaire du Sud Soudan, au micro. Ensuite, le one-man sound Warrior Sound, de Cologne, a pris le relais. Ils ont chacun présenté un set énergique où étaient honorés tous les styles de la musique jamaïcaine des années '60 à nos jours. Un régal pour le public, qui en redemandait.
Quand la scène principale a été ouverte, c'est Dynamiq qui a tout d'abord présenté quelques-uns de ses morceaux. Une prestation un peu poussive, pour cet artiste qui établit un pont entre reggae et musique africaine. Ces morceaux les plus connus ont été appréciés du public mais ce jeune artiste aurait encore besoin d'expérience : je m'étais attendu à une meilleure interprétation de ses morceaux.
Le vétéran bruxellois Uman a fait bonne impression et a présenté cette fois-ci une dizaine de titres, dont quelques classiques et, bien sûr, des extraits de son nouvel album « Umanity ». C'est d'abord « Il est l'heure » qui résonne dans les caissons et donne le ton. Uman, c'est une explosion d'énergie. Viennent ensuite Ganja sur le Sleng Teng riddim, puis A l'Ancienne et C'est la Gal. Il ouvre royalement la voie à la star jamaïcaine du jour, qui alternera également ses morceaux plus anciens avec ses dernières nouveautés.
Baby Cham fait son entrée en matière avec We No Sorry et sur le Sleng Teng. Et la salle explose. Ce n'était qu'un début. Avec Babylon Bwoy, Man A Man, ensuite le Joyride riddim crééent une déferlante dans la salle. Et cela a duré plus d'une heure et demie ! Ceci après une trentaine de morceaux, une leçon de daggering avec une danseuse très appliquée, des forward les uns après les autres et après avoir fait monter la température à un niveau tropical. Nous avons eu droit à des morceaux plus anciens : Vitamin S, Ghetto Pledge (Make Jamaica Feel Proud), Gallang Yah Gal (sur le riddim showtime) et Can I Get A Fuck You (sur le bruk out riddim) et quelques hommages comme Ring The Alarm, Driver en Forever Young (?). Mais Cham n'a pas oublié ses nouveaux hits comme Whine et Drop It (like you doing it). Sans oublier Stronger (la partie de Mykal Rose y était samplée mais Baby Cham a lui-même chanté la partie de Boutny Killer) et Ghetto Story. En vrai showman, il prend aussi un moment pour apprendre aux massive quelques pas de danse et son DJ montre à une dancehall queen délurée comme se fait le daggering en Jamaïque : à fond ! Avant de quitter la scène, il lâchera encore This Is Why I'm Hot (un morceau avec Mims & Junior Reid à l'origine) et Take It Outside.
Baby Cham a mis la barre très haut pour tous les artistes dancehall qui lui succèderont à l'Hotel Jamaica. Pendant presque deux heures. Il me semble qu'il n'y a que Beenie Man que j'ai déjà vu aussi énergique et irrépressible ! Cela a été sans aucun doute le meilleur concert dancehall à l'Hotel Jamaica mais je suis sûr que Ward 21 fera de son mieux pour conquérir ce titre dans deux semaines à Gand.