
Les passages de Groundation dans notre pays sont devenus une tradition annuelle. En 2011, nous serons quintuplement gâtés : au total 5 concerts sont programmés sur différentes scènes belges. Il y aura deux concerts à Dour, Harrison Strafford sera à Esperanzah ! avec son projet solo, un concert au Coliseum de Charleroi ainsi qu'au Petrol Club d'Anvers. La grande différence avec les années précédentes est que c'est la première fois que Groundation réalisent une tournée « Bob Marley Tribute » en Europe. Cela fait quelques années qu'ils tournent avec ce projet thématique en Amérique et ils ont finalement décidé de le présenter de notre côté de l'Atlantique.
Les passages de Groundation dans notre pays sont devenus une tradition annuelle. En 2011, nous serons quintuplement gâtés : au total 5 concerts sont programmés sur différentes scènes belges. Il y aura deux concerts à Dour, Harrison Strafford sera à Esperanzah ! avec son projet solo, un concert au Coliseum de Charleroi ainsi qu'au Petrol Club d'Anvers. La grande différence avec les années précédentes est que c'est la première fois que Groundation réalisent une tournée « Bob Marley Tribute » en Europe. Cela fait quelques années qu'ils tournent avec ce projet thématique en Amérique et ils ont finalement décidé de le présenter de notre côté de l'Atlantique.
Urban Concepts, l'organisateur du concert au Petrol, avait programmé rien moins que trois premières parties. Ils sont bien parvenus à les faire s'enchaîner en souplesse ce qui a permis au public de découvrir en peu de temps (chaque groupe a joué environ 20 minutes) ces artistes encore inconnus du grand public. Cette première rencontre s'est cependant faite de loin : en effet, la température dans la salle était accablante et comme la terrasse était ouverte, les premiers arrivants sont restés à distance. C'est surtout le set puissant et varié de Maëlan qui m'a marqué. Soutenu par des beats pré-enregistrés (avec un morceau accompagné à la guitare acoustique), il a alterné, parfois en chantant, parfois en rappant, jungle, dubstep, grime et hiphop.
Vers 22 heures, le Petrol était plein jusqu'au petit podium au milieu de la salle et on sentait monter la pression. Au moindre mouvement sur, à côté ou derrière la scène, le public commençait à applaudir avec enthousiasme, à crier ou à siffler. Il a cependant encore fallu attendre une quinzaine de minutes pour que le groupe californien monte sur scène, sous des applaudissements nourris. Harrison Stafford a salué le public de la manière qu'on lui connaît bien maintenant. Il explique également que la soirée serait entièrement mise dédiée à Robert « Nesta » Marley. Stafford a également ajouté que le groupe éprouvait un immense plaisir à jouer encore une fois en Belgique et il a plus particulièrement fait référence à une personne : Farmer John. Jah Shakespear m'a expliqué par après que Farmer John, qui est décédé il y a deux ans, prévoyait un gros paquet de weed pour le groupe à chaque fois qu'ils venaient par chez nous.
Groundation a commencé son Bob Marley Tribute par Work, ce qui a permis au public de faire connaissance avec le guitariste supplémentaire qui se trouvait sur scène : Will Bernard. C'est un guitariste américain qui était déjà présent sur le projet Rockamovya. Son jeu de guitare nous a charmés pendant tout le concert et ses solos étaient vraiment subtils en comparaison avec les solos de guitare criards que l'on a souvent entendu pendant leurs concerts ces dernières années. Marcus Urani est quelqu'un d'un peu moins subtil mais loin d'être moins fantastique. Le claviériste et organiste du groupe, qui utilise notamment un vrai Hammond B3, se laissait parfois complètement aller, notamment sur Punky Reggae Party, et semblait parfois presque en transe. A la basse, Ryan Newman le soutenait de manière toute aussi inspirée et improvisée. On pourrait continuer à les décrire un par un ces musiciens. Ils ont chacun eu leur « heure de gloire ».
Groundation est réellement parvenu à faire sien le répertoire de Bob Marley. Je me suis demandé quel autre groupe pourrait connaître autant de succès avec un concert constitué à 95% de reprises de Bob Marley. De par le fait que Groundation imprime le son tout particulier qu'on leur connaît sur les morceaux qu'ils ont joué, ils ne nous ont pas ennuyés une seconde pendant l'heure et demie qu'a duré le concert. Ainsi le groupe a régulièrement construit un réel mur musical qu'ils démontaient ensuite jusqu'aux fondations (voir notre article sur le concert de Groundation au Festival des Libertés). En outre, le groupe n'a pas joué les morceaux les plus communs de Marley. A cet égard, plusieurs chansons nous ont étonnées : Misty Morning, le très réservé High Tide or Low Tide, Nice Time et le magistral Fussing and Fighting (où le percussionniste a brillé tout autant que les deux cuivres).
Tout aussi appréciables ont été les trois morceaux de leur propre catalogue que Groundation a joués. Dès les premières notes, les fans ont reconnu Music Is The Most High. Pour peu que la salle ne s'était pas encore complètement lâchée, portée par l'énergie positive qui rayonnait de la scène, pendant ce morceau-là, c'était fait. Les différents changements de tempo, les nombreux solos et la voix d'Harrison Stafford se faisant par moment presque pleurante font de ce morceau une chanson archétypique de Groundation. Tout comme Music Is The Most High, le tune suivant, Praising, était tiré de l'album de 2004 'We Free Again'. En live, Praising était tout aussi lent et puissant que sur le CD. Au Petrol, ce morceau s'est prolongé, via un solo de basse, en un dub des plus pur : strictly drum and bass!
Ils ont ensuite joué un Freedom Taking Over vivifiant, où les choristes ont pu jouer à l'avant-plan. Finalement, avec Could You Be Loved, Groundation a quitté la scène sous les applaudissements. Cette ovation a duré plusieurs minutes et a été renforcée par un martèlement des pieds sur le sol (ce qui devient une tradition dans les concerts de Groundation). Tout comme au début du concert, les musiciens ont créé le suspense en repoussant au maximum leur retour sur scène. Harrison Stafford et le reste du groupe sont donc remontés sur scène pour un rappel bien calculé : Get Up Stand Up.
Ceux qui avaient encore des doutes par rapport à Groundation se sont certainement laissés convaincre au Petrol. Et à tous ceux qui n'ont pas encore essayé d'aller voir un concert de Groundation, nous conseillons vivement de le faire au plus vite.

Avec Jah Shakespear, il a été à la base de reggae.be, d’abord comme auteur de critiques et d’interviews, puis, depuis fin 2014, comme rédacteur en chef. Partage son temps entre ses deux passions, la musique et Haïlé Sélassié.
May 25, 2011