
La cinquième édition du festival Kokopelli, un festival « à l'esprit ouvert », s'est déroulée ce weekend à Gullegem en Flandre occidentale. Vendredi soir, le festival a démarré de manière flamboyante avec un fantastique Bitty McLean, précédé de Los Callejeros et de Chaka Chaka. Ensuite, c'était Sugar Charly qui s'occupait de l'after-party.
La cinquième édition du festival Kokopelli, un festival « à l'esprit ouvert », s'est déroulée ce weekend à Gullegem en Flandre occidentale. Vendredi soir, le festival a démarré de manière flamboyante avec un fantastique Bitty McLean, précédé de Los Callejeros et de Chaka Chaka. Ensuite, c'était Sugar Charly qui s'occupait de l'after-party.
Le sound system du coin, Chaka Chaka, a démarré les hostilités dans la tente avec une judicieuse sélection touchant à tous les genres de l'histoire de la musique jamaïcaine. Avec le crucial Sleng Teng, ils sont, à un moment donné, passés à la vitesse supérieure et ont mis le feu à Gullegem. A ce moment-là, je suis parti vers la grange pour voir Los Callejeros, le premier live de la soirée qui jouait « Mas Corazon » alors que j'arrivais.
L'hôte de la soirée, en les annonçant, parlait d'un "voyage musical avec un peu de ska, un peu de reggae, un peu tipsy, un peu gipsy, le tout mélangé au shaker". C'est la description exacte de ce qu'on peut attendre de Los Callejeros, les « musiciens de rue ». Ils ont sorti un nouveau CD intitulé « Presente » et ils le présentent justement dès l'ouverture au public avec « Encuerto », suivi de « Zouk », un morceau de samba africaine!
La marque de fabrique de cette compagnie bigarrée de la région de Louvain, c'est l'étonnante variation de rythmes et d'instruments du monde entier, accompagnés de cuivres bien ajustés et de différents instruments à cordes, ainsi que d'une Shruti box, d'une kalimba et toutes sortes de percussions comme les castagnettes de Luis Moja, mariachi de Mejico, qu'on a pu entendre pendant le morceau « La Mula ».
Les textes de Los Callejeros sont principalement chantés en espagnol par le leader du groupe, Frank Mercado, qui nous a également joué de la batterie, de la flûte et de l'accordéon. Pendant un moment, Ben De Wandel, le guitariste, a pris sa place au chant pour « Let's Go Bananas », une chanson reggae entraînant qui se termine sur un rythme déchaîné. Pendant que les bananes volaient littéralement dans tous les sens, le public s'est lâché sur la musique festive du groupe qui a terminé sans relâcher le tempo avec « Amoureuse ». Pour le rappel, ils nous avaient gardé « Come Io » de leur premier album « El camino es el destino », pendant lequel les neufs musiciens ont été présentés un à un. Merci à Los Callejeros qui nous ont déjà donné un air de vacances grâces à leurs sonorités estivales…
Un peu plus tard, c'est un genre appartenant à un spectre carrément différent du reggae qui nous a été proposé. Venant d'Angleterre, Bitty McLean était venu nous présenter un concert de ska et de rocksteady de toute grande facture. On peut s'imaginer que c'est un peu comme cela que devait sonner cette musique à la fin des années '60 et au début des années '70, quand Bitty et son père faisaient partie du groupe jamaïcain The Three Tops. Ce groupe a largement contribué au succès du label Treasure Island de Duke Reid. Après cette période, Bitty s'est surtout concentré sur du travail de production pour différents artistes malgré qu'il possède lui-même une voix inimitable. En 1993, il a tapé un hit mondial avec une reprise de Fats Domino : "It keeps raining tears from my eyes" mais il a encore fallu attendre jusque 2006 pour qu'il sorte l'album "On Bond street », un classique qui ne peut manquer dans une bonne collection et qui compte quelques perles de l'époque de Treasure Isle ressorties par Peckings.
Ce sont donc surtout des morceaux de cet album que nous avons pu entendre vendredi dernier. L'une après l'autre, de douçoureuses chansons d'amour sur de rustiques riddims rocksteady ("Walk away from love", "Baby tonight" en "Make it with you"), en alternance avec des morceaux de ska plus rapides (comme "I wanna be loved by you »), joué à merveille par le groupe français Homegrown band, qui tourne également avec Horace Andy et qui compte une section cuivre au complet et un fantastique joueur d'orgue. Bitty était visiblement dans l'ambiance et nous a encore invités à un morceau sur le Taxi riddim et un autre sur un discomix de « Guess who's coming to dinner » de Black Uhuru, deux riddims de Sly & Robbie.
Et puis, comme si la fête n'était pas encore complète, le vétéran Sugar Charly a mixé jusqu'au petites heures un mélange de reggae antique, de dancehall old-skool et de musique festive du monde entier. Cette année, le festival Kokopelli était plus que jamais placé sous le signe du reggae et de ses consorts, avec le concert de Waza Roots le samedi et le ska festif de Roy Paci (qu'on a pu voir par le passé aux côtés de Manu Chao)…
Traduction: Irie Nation

May 14, 2011