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Dub au Cinquantenaire!
Event ReportSep 07, 2010

Dub au Cinquantenaire!

By Rubi Roots

La quatrième édition de Reggae Bus au parc du Cinquantenaire a connu un succès sans précédent samedi, avec la venue d'Aba Shanti et de Bush Chemists qui ont fait vibrer Bruxelles dans un décor mémorable. Tout ceci gratuitement, sur un authentique soundsystem, Red Stripe en main et sous un ciel resplendissant.. « Qui l'eût cru ? » s'interrogeait Aba Shanti.

Les organisateurs de l'événement, avec la collaboration de Thierry d'Ashanti  3000 ont réussi à programmer quelques grands noms du dub anglais pour le quatrième et dernier épisode de l'été. Le soundsystem de Jahmbassador Hifi était installé au pied du gigantesque monument bâti en 1905 à la gloire de l'indépendance belge. Il y a fort à parier qu'à voir l'année de construction on s'est servi royalement dans les richesses coloniales de l'ex Congo Belge, ce qui rendait la scène d'autant plus symbolique : de la musique rasta sortant de baffles artisanaux précisément en cet endroit. Chant down Babylon au cœur de la capitale !

L'esplanade fût vite envahie par un bon millier de fêtards, unis sous un énorme drapeau tricolore flottant dans le vent, bien loin des problèmes communautaires et du malaise politique qui avait lieu quelques rues plus loin…Serious thing !

 Kayalion - selector et propriétaire de Jahmbassador, ex Ionyouth ainsi que webmaster de Reggae.be – ouvrît le bal avec une session marathon tôt dans l'après-midi, assisté de ragamuffin T-Fiyah et MC Sonko de Leuven.

Pour faire honneur au  nom de 'Jahmbassador', il s'appliquât à promouvoir des productions nationales comme 'Who dem a fool'  (+ dub) de Carlton Livingston  (Unlisted Fanatic/Cookie Jar label).

 Vers 18h vint le tour d'Ashanti 3000 qui s'installa derrière les platines sur le podium. On eût beaucoup de mal à régler le son sur le soundsystem ce qui fît perdre un temps précieux au dj malgré les efforts d'Omar Perry d'arranger la situation avec ses rimes. Thierry a le don de surprendre son audience en ne jouant pas uniquement de dub anglais, faisant des escapades vers le dubstep et la jungle, tout en restant fidèle au roots. Il entama son set par le magnifique 'Burn Babylon' de Sylford Walker suivi d'une version d'un deejay inconnu sur le même rythme mélancolique.

 Les Bush Chemists vinrent ensuite apporter la preuve une fois de plus qu'il ne faut pas nécessairement être noir pour faire du bon reggae. Le producteur Dougie Wardrop est un pionnier du dub UK ; ce genre qui a vu le jour dans les années 80 en Angleterre a pris forme  en partie dans son Conscious Sounds studio où, avec le magicien Chazbo sur mélodica, il a développé un son unique. Avec Culture Freeman et King General au micro, ils forment la version live de Bush Chemists, qu'on a pu voir à Geel l'an passé.

A l'entente de leur morceau d'ouverture, un remix de 'Promised land' avec la voix de Damian Marley entre autres, il était clair que ces messieurs maîtrisaient le son mieux que leur prédécesseur. Après quelques vieux morceaux roots complétés par de dubs inédits d'artistes de légende comme Johnny Clarke et Prince Alla, ils passèrent ensuite à leurs propres productions digitales sur lesquelles tour à tour  Chazbo et les deux MC  donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. Freeman criant: 'Light up your spliff, light up your chalice, come me we smoke it inna Buckingham Palace', son morceau le plus connu qui prît toute sa signification  ici à Bruxelles à proximité du Palais Royal. La foule suivît son exemple et ce fût le déchaînement total ! Pour clore la session, on nous servît le dernier hit de King General en live : 'Got to be conscious' avec un refrain également très approprié : 'If yu nah conscious, yu cyaan ride this bus"!

 Le flambeau fût transmis au petit mais charismatique Aba Shanti qui était clairement plus dans son élément qu'à Dour où on l'a vu cet été. Il commença par une belle interprétation de Satta Massagana (l'hymne rasta par excellence), suivie comme d'habitude de quelques classiques roots et versions dub exclusives dont 'Christopher Columbus' de Burning Spear et 'Shine eye gal' de Black Uhuru. A partir de 'Faith can move mountains' (Keety Roots/Creation Stepper) il annonça le deuxième segment de son set, des dub plates exclusifs: des riddims lourds aux basses de plus en plus profondes, joués pour la plupart  par son groupe the Shanti Ites, à propos duquel il souligna fièrement : No Computer !

 Aba fût également émerveillé du cadre exceptionnel et à plusieurs reprises il se demanda qui aurait pu croire qu'un jour on chanterait des airs rasta en cet endroit où vivent les rois et les princesses... Emettant le voeu de pouvoir revivre cet événement, il termina en respectant scrupuleusement le couvre-feu (minuit) et remercia de tout coeur l'organisaton, le public et le soundsystem support. Nous ne pûmes qu'approuver ses mots : 'A dance to remember !'

Dub au Cinquantenaire!

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Dub

Published

Sep 07, 2010