Skinfama (Greg Jacqmain): "Nous, on voulait faire avancer une culture et amener un message constructif et combatif au public!"
door Jah Rebel
Hoewel de naam Skinfama wellicht niet bij iedereen een belletje zal doet rinkelen, stond het Brusselse agentschap de voorbije twee decennia mee aan de wieg van talloze reggaeconcerten in België. In 2025 blaast Skinfama twintig kaarsjes uit en komt het collectief logischerwijs even in de schijnwerpers te staan. We besluiten dit jubileumjaar met een uitgebreid gesprek met Greg Jacqmain, één van de drie oprichters, die terugblikt op twintig jaar muziek, engagement en passie voor reggae.
Greg, quel a été ton parcours avant Skinfama, et quelles expériences t'ont menées à créer ce projet?
Greg Jacqmain: "J'ai fait un graduat en tourisme. J'ai voyagé pendant des années après mes études secondaires. J'ai pris mon sac à dos pendant trois ans et j'ai parcouru le monde un peu à gauche et à droite. Je suis ensuite revenu en Belgique: je n'avais plus d'argent, j'ai donc dû travailler. On m'avait offert l'opportunité de travailler au Novotel, ici à Bruxelles et je me suis dit: "Tiens, je vais travailler six mois, un an, remettre un peu d'argent de côté, puis repartir avec mon sac à dos." Finalement, j'ai bien aimé le travail. J'y ai appris beaucoup de choses. C'est un travail assez ingrat, mais on y apprend énormément sur le service à la clientèle, notamment à la réception. J'ai gravi les échelons d'année en année. Je suis resté en Belgique parce que je m'occupais beaucoup d'une personne de ma famille, ma grand-mère. Elle vivait avec moi et je devais être présent; je ne pouvais plus partir, car je devais subvenir à ses besoins physiques et économiques. J'ai donc arrêté de voyager et je suis resté dans l'hôtellerie. J'ai continué à gravir les échelons et j'ai travaillé dans l'hôtellerie pendant douze ans, pour finalement terminer comme directeur d'hôtel. Pendant cette période-là, on avait déjà organisé quelques concerts avec Lino (Grumiro, red.), mon associé, avec qui j'ai créé Skinfama. Il travaillait dans une agence de voyages, et petit à petit, on a commencé à organiser un, deux, trois concerts tout en étant employés. Puis, du jour au lendemain, on s'est dit: "On a envie de faire ce qu'on veut, on aimerait bien être indépendants et on n'a pas envie de se faire jeter dans vingt ans comme une vieille lavette." Alors on a décidé de démissionner ensemble, le même jour, et c'est exactement ce qu'on a fait. On a tous les deux quitté notre travail le même jour et on s'est lancés à cent pour cent dans la musique, il y a un peu plus de vingt ans."
Tu parles de Lino… Je le connaissais surtout du festival Couleur Café, où il travaillait à l'époque. Est-ce là que votre collaboration a commencé ?
Greg Jacqmain: "Non, en fait, je l'ai rencontré à l'école. Il était dans la même classe que moi. On s'est rencontrés quand on avait dix-sept ans, à peu près. Moi, à la base, j'étais un grand rockeur, et puis je suis tombé dans le reggae il y a trente-cinq ans. Lino était fan de rap, et ça a commencé comme ça, en fait. Ensuite, il a été stagiaire à Couleur Café, parce qu'on voulait évoluer dans le milieu de la musique."
Quand on se lance dans une aventure comme Skinfama, par où tout commence-t-il ? Quels ont été les premiers artistes avec lesquels vous avez travaillé ?
Greg Jacqmain: "On ne savait pas du tout comment faire. On n'avait suivi ni cours ni études dans ce domaine. En fait, on a créé la société à trois avec Pitcho (Womba Konga, red.), qui était rappeur à l'époque, mais aussi écrivain, et qui jouait dans des pièces de théâtre. C'était le rappeur bruxellois qui avait un peu le vent en poupe à ce moment-là, probablement le plus connu à Bruxelles. À l'époque, il n'y avait pas autant de rappeurs qu'aujourd'hui. On s'était dit: "Tiens, ce serait bien qu'on organise un ou deux concerts pour Pitcho." On ne savait absolument pas comment faire. On a donc organisé un premier concert où il y avait cinquante personnes. Tout a commencé comme ça. Et puis, à un certain moment, je me suis dit: "On ne va pas faire que du rap, ce serait bien qu'on fasse aussi du reggae!" On a donc commencé comme ça, sans trop savoir comment faire, en contactant des salles qui ne nous répondaient pas. Du coup, au début, on a surtout travaillé avec des petites associations et des centres culturels, qui étaient tenus de programmer des artistes, parce que les salles privées ne nous calculaient pas vraiment."
Si je comprends bien, au début, le principal défi était surtout de gagner la confiance des salles et des festivals, plus que celle des artistes ?
Greg Jacqmain: "Les deux étaient difficiles, en fait, parce qu'au début, personne ne nous connaissait, et les artistes non plus. À l'époque c'était différent. Maintenant, tout le monde veut faire du rap, mais il y a vingt-cinq ans, personne ne programmait du rap, c'était très mal vu. Le reggae, c'était un petit peu difficile aussi. Avant, les agents, les grands agents, faisaient de grands artistes comme Mylène Farmer, Madonna, Prince, etcetera, mais il n'y avait personne qui s'occupait des sous-cultures. Des artistes français, comme Soprano, avaient appris qu'à Bruxelles, il y avait une agence spécialisée, qui organisait des concerts de rap. Ils nous ont contactés en disant: "Tiens, j'aimerais bien faire un concert à Bruxelles, on m'a dit que c'était vous et que ça se passait bien." Oui, c'était nous, et ça se passait bien. On a fait un test, et petit à petit on avait de plus en plus d'artistes qui voulaient travailler avec nous. Mais les salles ne voulaient toujours pas collaborer avec nous et ça a pris des années de toquer aux portes pour leur montrer qu'on était sérieux. Pour eux, le rap, c'était casquette à l'envers et bagarre, et le reggae, c'était pétard et retard, tu vois. Il y avait tous ces clichés à cette époque, et il fallait aller au-delà pour leur montrer que ce n'était pas la réalité."
La frontière linguistique en Belgique a-t-elle parfois compliqué les choses, avec des artistes francophones que vous n'avez jamais réussi à faire jouer en Flandre ?
Greg Jacqmain: "Malheureusement il y a ce problème en Belgique. On organise beaucoup de concerts - je te parle d'environ 200 par an - mais la plupart ont lieu en francophonie. Donc oui, il y a un problème fondamental dans notre pays: un artiste francophone passe rarement la frontière vers la Flandre, et un artiste néerlandophone ne passe pas non plus en Wallonie, à part deux ou trois exceptions. C'est vraiment un problème fondamental, parce que notre business plan repose à 85 % sur la Belgique francophone. Pour te donner une idée: sur les 10 millions d'habitants en Belgique, environ 4 millions sont francophones. Il faut donc aller chercher le public dans ce groupe-là: jeunes, moins jeunes, ceux qui aiment, ceux qui n'aiment pas, c'est trop cher, c'est pas assez cher… La cible, le public qui est censé acheter un ticket pour tel genre d'artiste à tel moment, reste assez restreint. Mais ce problème a toujours existé. Heureusement, personnellement, je l'ai moins rencontré dans le reggae."
Comment comprendre le fait que la Belgique accueille régulièrement des musiciens français sur scène, souvent en tant que backing band pour des artistes jamaïcains en tournée en Europe?
Greg Jacqmain: "Au fond, c'est surtout une question de coût et de fiscalité. En Belgique comme en France, les taxes sur les artistes sont très élevées. Quand tu fais venir un artiste jamaïcain avec des musiciens jamaïcains, le cachet explose: il faut ajouter les taxes, les billets d'avion, l'hôtel, toute la logistique. L'artiste veut son cachet net, mais tout le reste est à charge du producteur ou du tourneur. Si tu travailles avec des musiciens français, c'est beaucoup plus simple: moins de vols, et surtout moins de taxes, qui s'annulent parfois en partie grâce aux documents européens. Donc, très souvent, l'aspect économique prend le dessus. Ce n'est pas un choix artistique. Les vrais fans sentent toujours la différence entre un groove jamaïcain, anglais ou autre. Il y a d'excellents musiciens français, vraiment, mais parfois le niveau n'est pas toujours à la hauteur du chanteur. Et inversement, il y a aussi de moins bons musiciens jamaïcains. Mais au final, le reggae reste une musique fragile économiquement. Ça ne rapporte pas beaucoup d'argent: ça équilibre les budgets, ça apporte du bonheur au public et aux artistes, mais ça a toujours été très compliqué de le faire vivre financièrement. Le problème aujourd'hui, c'est que beaucoup de Jamaïcains ayant le potentiel vocal ou artistique de venir en Europe ne viennent pas, car financièrement, ça ne vaut pas le coup. Moi, j'ai produit la tournée européenne de certains artistes, parfois en perdant de l'argent la première année, en espérant qu'ensuite le projet pourrait se développer. Mais de plus en plus, c'est compliqué de convaincre certains artistes jamaïcains de venir, parce qu'ils ne réalisent pas les coûts réels: les papiers, les taxes, les avions, les hôtels, la nourriture, le backline, les transports… tout ça. Donc oui, il y a plein d'artistes qui restent toujours en Jamaïque et qui ne viendront jamais."
D'un point de vue économique, est-ce que Skinfama vit principalement de l'organisation d'événements rap et hip-hop, quand le reggae reste plutôt une passion qui vient en plus?
Greg Jacqmain: "Exactement, tu as tout compris. Avec le reggae, on a parfois gagné un peu d'argent, bien sûr on ne perd pas tout le temps, sinon ce serait fou. Pour le moment on est dix employés chez Skinfama, et ce n'est pas avec le reggae qu'on sait les payer! Donc oui, on gagne notre vie avec le rap, et si on perd de l'argent dans le reggae, on le compense avec ce qu'on gagne dans le rap. Mais à la base, Lino et moi, on fait du rap et du reggae pour le message, pas juste parce qu'on kiffe le groove ou l'artistique. Il y a un message fondamental revendicateur. À l'époque, dans le rap - peut-être un peu moins maintenant - ça revendiquait. On expliquait un problème, on posait une question, et parfois on amenait des solutions. Le reggae, pareil. Il y a un vrai message de combat ou de revendication. Et nous, c'est ce qu'on a kiffé: on adorait cette musique et en même temps, il y avait un message. Nous, on voulait faire avancer une culture et amener un message constructif et combatif au public. Le public devait se rendre compte que certains artistes disent ce qu'ils pensent, ça tient la route, c'est un combat, tu es d'accord ou pas, mais ils le disaient. Donc c'est ça qu'on a kiffé à la base, dans ces deux secteurs-là. Mais si c'était uniquement le reggae, je pourrais peut-être juste me payer moi-même… et encore, même pas. Donc oui, on est obligés de faire du rap pour que le reggae existe."
Avec tous ces vétérans jamaïcains qui ne sont plus là, selon toi, en tant qu'agent, le reggae a encore un avenir ?
Greg Jacqmain: "Je reste persuadé qu'il y a un futur. Je ne sais pas encore te dire de quelle sorte il sera ni de quelle qualité. Mais nous, on a essayé de devancer un peu ça. Je suis fan du reggae roots, et on a travaillé avec les figures les plus connues, les plus emblématiques du reggae jamaïcain. Malheureusement, beaucoup sont décédés, et ça ne va pas s'améliorer dans le futur, on en est conscients. On est allés en Jamaïque à plusieurs reprises pour redécouvrir des talents, et des talents, il y en a plein! Mais il faut savoir se renouveler. Le problème, c'est que le reggae jamaïcain d'antan était tellement puissant que certains pensaient que les nouveaux venus allaient se suffire à eux-mêmes. Mais ce n'est pas assez; il faut amener autre chose. Je pense qu'ils se sont trop reposés sur leurs lauriers. À mon avis, il a manqué de créativité. Les artistes actuels de reggae qui tiennent la route sont, pour moi, moins bien encadrés qu'avant. Encadrés, ça veut dire que la gestion - le management, la communication, la promotion, la vision à moyen ou long terme - n'est pas toujours optimale. Il y a de très bons artistes new roots, mais ils ont du mal à se renouveler, à être constants, et demandent des cachets supérieurs à ceux de leurs aînés. C'est difficile de trouver un juste milieu. Aujourd'hui, le dancehall s'est beaucoup développé, notamment grâce aux Africains. Il a peut-être même un peu dépassé le reggae dans l'inconscient collectif du grand public. Le dancehall a ses points positifs et négatifs, mais je ne veux pas baser ma carrière uniquement dessus, parce que le message est différent. Moi, ce qui me parle, c'est le roots ou le new roots. On travaille avec beaucoup d'artistes différents, mais honnêtement, c'est un peu compliqué pour le moment. Beaucoup abandonnent le reggae, mais nous avons décidé de ne pas baisser les bras et de continuer. On a un rôle à jouer, que ça fonctionne bien ou moins bien. Il faut appeler les festivals, aller dans les salles, même si on perd parfois de l'argent, pour que la culture reggae ne disparaisse pas du jour au lendemain. Il faut des agents, des artistes, des médias: tous ceux qui peuvent faire évoluer les choses doivent se serrer les coudes pour aider la culture jamaïcaine, qui traverse une période difficile. Je reste positif, mais c'est de plus en plus compliqué."
Après l'impact de la pandémie de Covid-19 et maintenant la hausse de la TVA sur les billets de concerts et festivals en Belgique, est-ce que c'est encore viable de travailler dans ce secteur selon toi ?
Greg Jacqmain: "La TVA artistique en Belgique était à 6 %, elle va passer à 12 %. Ça change tout. Tu sais déjà que c'était un peu juste avec 6 %, et 6 % de plus… tu peux faire les calculs, c'est une catastrophe. Une fois de plus, on devra soit répercuter le tarif sur le public - mais on essaie de ne pas le faire parce qu'à certains moments le public paie déjà beaucoup pour un spectacle de moins en moins qualitatif - soit absorber la différence nous-mêmes. On essaie de respecter le public. Beaucoup d'organisateurs augmentent simplement les tickets de 6 %, mais nous, on réfléchit autrement: on essaye de garder des tarifs accessibles. Dans le reggae, on a été habitués à des tarifs assez bas pendant des années: des concerts à 5, 10, 12 euros, tu te rappelles? Au VK, il y a 15 ans, un ticket coûtait 10 ou 12 euros. Aujourd'hui, pour un concert à l'Ancienne Belgique, je dois demander 35 euros, et ça me fait mal. Mais si je ne le fais pas, je perds de l'argent. On veut pas que le public se sente exploité. Donc si la TVA augmente de 6 %, on n'augmente peut-être que de 2 % le ticket et on réduit nos propres rémunérations pour trouver un équilibre. Parce que si tu prends toujours plus d'argent au public, il finira par en avoir marre. Les festivals augmentent les prix, mais le service ne s'améliore pas: ce n'est pas plus propre, ce n'est pas plus beau, les boissons sont plus chères, l'accueil reste le même… Tout devient plus cher sans rien de mieux. Ce n'est pas facile, mais ces augmentations de taxes ne feront pas s'effondrer la culture. Il faudra juste faire des calculs plus précis pour que la culture continue. Notre objectif n'est pas de "faire payer plus", mais de permettre à la culture reggae de vivre. Le but n'est pas de devenir riches, loin de là, mais de faire continuer à vivre une culture à notre petit niveau dans un petit pays. Beaucoup d'associations œuvrent pour le reggae en Belgique, et nous faisons partie de ceux qui essayent de maintenir cette culture vivante. Si on met un ticket à 45 euros, il n'y aura personne. Il faut donc trouver le juste milieu. On essaye de garder les concerts accessibles, tout en payant correctement les artistes et en permettant à la culture de survivre et de se développer. C'est un travail collectif: artistes, salles, festivals, agents et public doivent réfléchir ensemble et se soutenir. À notre petit niveau, on essaie de garder "l'église au milieu du village", pour que le reggae continue à vivre en Belgique."
Pendant ces 25 ans, quels artistes reggae t'ont vraiment marqué, avec qui tu as aimé travailler ?
Greg Jacqmain: "Tu sais, c'est toujours délicat de donner des noms, surtout chez les artistes actuels et les jeunes, parce que le relationnel est devenu plus compliqué. Moi, j'ai beaucoup plus d'affinités avec tous les artistes qu'on connaît depuis longtemps, tous ceux dont j'étais fan et qui sont devenus des collègues et des amis. Il y a des artistes avec qui je travaille mieux que d'autres, mais honnêtement, c'est un superbe relationnel avec beaucoup de monde. Avec Toots Hibbert, à l'époque, on a fait des trucs de fou! J'étais vraiment son ami. Cedric Myton, Winston McAnuff, Max Romeo, Ken Boothe… tous ces artistes-là! Même côté africain, Tiken Jah Fakoly… Ce sont des gens fantastiques. Après, dans le reggae, il y a parfois des artistes qui ont un double message: ils sont fantastiques sur scène, mais derrière, c'est un autre dossier. Malheureusement, ça arrive."
Parmi tous les concerts que tu as organisés, y en a-t-il qui se démarquent particulièrement, qui t'ont marqué plus que les autres ?
Greg Jacqmain: "Je me rappellerai toujours d'un moment… je reviens à Toots Hibbert. On avait fait Toots & The Maytals pour la première fois à la Fête de la Musique à Bruxelles, Place des Palais, il y a environ 10 ou 15 ans. À l'époque, j'avais contacté tout le monde, en disant: "Il faut absolument mettre du reggae, parce que l'RTBF doit venir!" C'était la première fois qu'on pouvait mettre du reggae à cet endroit, devant 20 000 personnes, avec la télévision présente… ça n'était jamais arrivé. J'étais fou d'avoir réussi à les convaincre de venir jouer. Nous avons joué devant le Palais du Roi, avec le reggae, le rythme chaloupé et les paroles de Toots… c'était très symbolique pour moi. C'était l'une des plus belles façons de donner une visibilité au reggae à grande échelle. Pendant cinq minutes, on n'avait pas l'impression d'être une sous-culture. Sinon, certains moments m'ont beaucoup marqué, comme l'anniversaire de Lee 'Scratch' Perry au Vooruit, avec The Congos, Max Romeo et Omar. Le tout premier projet Inna de Yard, que nous avons co-produit, était exceptionnel. Pour moi, ces projets étaient fantastiques. Mais je suis un vrai fou de musique, donc la plupart des concerts de reggae m'ont marqué. Voir les sourires dans le public me faisait sourire moi-même. Aujourd'hui, avec le reggae actuel, c'est un peu différent: la dynamique est plus professionnelle, plus "calculée". Il y a moins de communication avec le public. Parmi les artistes actuels, Harrison Stafford de Groundation est intéressant. Ce n'est pas vraiment du reggae traditionnel, c'est un projet différent avec une base reggae, mais il se renouvelle et transmet un message constructif et engagé, au-delà de la musique. Moi, je trouve ça fantastique. J'aime beaucoup aussi Mortimer, Protoje et Alborosie. Avec Alborosie, par exemple, j'ai assisté à son tout premier concert en Belgique… ça n'arrive qu'une fois dans une vie! Son premier album, 'Soul Pirate', était un travail énorme, réussissant à faire un lien entre l'ancien et le nouveau reggae. Même s'il n'était pas jamaïcain, il a créé un pont entre la musique moderne et la base roots."
Dernière question pour finir: tout le monde se demande ce que veut dire Skinfama. Peux-tu nous l'expliquer?
Greg Jacqmain: "Quand on a créé Skinfama, on avait décidé que chaque fois qu'on nous demandait ce que ça voulait dire, on répondrait n'importe quoi. On a rigolé comme ça pendant des années, en inventant des bêtises dans les interviews, juste pour le fun. Mais à la base, ça vient vraiment de Pitcho. Sur son album 'Regarde Comment!', qui a eu beaucoup de visibilité en Belgique francophone, il a créé une chanson qui s'appelait 'Skenfama' – avec un "e" à la place du "i". Pitcho avait inventé un genre de "langage schtroumpf": un peu comme on dirait: "je vais schtroumpfer", il disait: "je vais skinfer". C'était un mot qu'il utilisait dans le milieu du hip-hop à l'époque pour saluer quelqu'un ou pour rigoler, un langage inventé par lui. Quand nous cherchions un nom de société, on s'est dit: "Tiens, Skinfama!" On a juste changé une lettre, le "e" en "i", pour que ça ne ressemble pas trop à sa chanson. À l'origine, le nom vient donc de cette chanson de Pitcho. Après, on s'est rendu compte que certains faisaient des associations un peu folles, comme "skin" et "peau", ou "skinhead", mais ça n'avait rien à voir. Officiellement, c'est juste un délire qui vient de la chanson de Pitcho, et on a voulu changer une lettre pour avoir notre propre petite touche. Ça partait vraiment d'un jeu et d'un délire!"
Over de auteur
Jah RebelMeer Minder
Lag samen met Jah Shakespear aan de basis van Reggae.be; eerst als recensent en interviewer, en vanaf eind 2014 ook als hoofdredacteur. Verdeelt zijn tijd tussen zijn twee passies: muziek en Haile Selassie.
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Gepubliceerd
25 december 2025