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Daddy Mory: "Los Angeles c'était un truc de dingue, ce clip-là, je m'en rappellerai toujours, que de bons souvenirs!"
InterviewsFeb 08, 2022

Daddy Mory: "Los Angeles c'était un truc de dingue, ce clip-là, je m'en rappellerai toujours, que de bons souvenirs!"

By JP Linard

Daddy Mory est un artiste ancré depuis de nombreuses années dans le milieu ragga/reggae francophone. Un personnage emblématique! Le vétéran nous a livré un nouveau projet solo intitulé 'Kritik'. Un très bon EP! Les temps sont critiques et il y a de quoi kritiker! Suite de l'entretien avec Daddy Mory et quelques interventions de Bazil...

Daddy Mory, tu as sorti le titre 'Rebels' en featuring avec l'artiste belge Uman. Une excellente combinaison!
Daddy Mory: "Merci! Dans ce morceau, on a dit les choses simplement, mais efficacement. Simple et efficace! Nuff respect Uman! Pour le clip, on l'a tourné dans différents quartiers à Paname. Je tiens à big up tous les gens qui étaient présents ce jour-là et qui nous ont donné beaucoup de love! Et nuff respect au Republik Garden, le shop de CBD, qui appartient à Tiwony, Francky et l'homme qu'on appelle Zebor."

Tu as un gros respect pour Uman, je le ressens...
Daddy Mory: "Oui bien sûr! Uman c'est un vrai, c'est mon gars! On se connait depuis longtime et je respecte beaucoup notre connexion. Il a vraiment fait un bon travail au niveau reggae/dancehall en Belgique. Il a ouvert des portes et il a montré à d'autres artistes que c'était faisable de faire du reggae/dancehall bruxellois, en français. Il a aussi fait venir beaucoup d'artistes en Belgique! Big up et nuff respect Uman!"

Une autre belle combinaison, c'est le titre 'Cheers To The Badmind' en featuring avec l'artiste Bazil...
Daddy Mory: " Il est venu chez moi à Ivry-sur-Seine avec son matos et on s'est posé tranquillement. On a enregistré le morceau et on a fait le clip après. Nuff respect Bazil! Tout s'est fait en une journée! Et on a tourné le clip dans mon quartier à Ivry-Port. Big up à tous les gars de mon quartier et du 94!"
Bazil: "J'avais sorti 'Cheers To The Badmind' en mode freestyle solo. Et Daddy Mory m'a dit qu'il aimait le tune et là, je me suis dit, Daddy Mory de Raggasonic qui me dit qu'il kiffe le freestyle! Ça fait grave plaisir! Du coup, j'ai structuré le morceau, j'ai composé le riddim, le couplet, etc. Et je lui ai envoyé, en lui proposant de mettre sa voix dessus. Par après, il m'a envoyé un message vocal avec une partie de son couplet. J'ai écouté et j'ai grave apprécié! Je l'ai appelé pour lui dire que j'étais vraiment motivé à l'enregistrer et il m'a proposé de venir chez lui. Je suis arrivé là-bas avec mon matériel, on a enregistré et clipé le morceau sur une journée. C'est ma copine qui a filmé et j'ai réalisé le montage avec elle. Puis, je l'ai envoyé à Daddy Mory pour qu'il puisse valider. Je suis grave content du morceau! Respect à Daddy Mory!"

Daddy Mory, on t'a vu plusieurs fois sur scène avec les weed guns de la Weed Family. D'où vient la connexion?
Daddy Mory: "J'ai discuté avec un des membres du groupe sur Instagram et on s'est croisé sur des événements musicaux. Ils m'ont parlé du concept des weed guns et je leur ai proposé de venir sur une date à moi. J'ai beaucoup apprécié et je leur ai proposé, naturellement, de revenir sur d'autres shows. C'est une équipe en or et je m'entends super bien avec eux! Nuff respect à la Weed Family!"

Tu es souvent accompagné du selector Judah Roger pour tes prestations. C'est une connexion qui date?
Daddy Mory: "Oui, ça fait longtemps, il y a plus de 10 ans que je suis en lien avec le frérot. Quand je l'ai rencontré, la vibe est passée directement. C'est pour ça que je lui ai proposé de faire un bon bout de chemin avec moi, parce qu'humainement, je m'entends super bien avec lui et professionnellement, il est droit et il travaille bien. C'est important d'avoir une équipe solide et c'est important d'être entouré de personnes avec qui tu t'entends bien, mais il faut que ces personnes soient efficaces!"

Une autre connexion qui date, c'est Mosiah Levy du Ragga Dub Force. J'aimerais que tu nous en dises quelques mots...
Daddy Mory: "Nuff respect Ragga Dub Force! Big up à Mosiah Levy! Je le connais depuis que j'ai 16-17 ans, j'allais le voir en studio à Champigny! Il m'a permis de faire pas mal de sounds à cette époque. J'étais déjà dans un sound system qui s'appelait Sundjata, mais ça ne me dérangeait pas d'être invité par d'autres sound systems. Il n'y avait pas d'animosité entre nous à cette époque. On avait notre propre sound, mais parfois on pouvait voir un gars jouer dans le sound de quelqu'un d'autre. J'ai appris beaucoup de choses avec Mosiah Levy! J'ai joué pas mal de fois avec Ragga Dub Force et j'ai fait plusieurs dubplates pour eux, etc. Yeh man, nuff respect Mosiah Levy!"

Ton dernier EP 'Kritik' et les précédents sont de très bons projets, mais un nouvel opus avec des sons dancehall à l'ancienne, ça ferait plaisir à beaucoup de personnes...
Daddy Mory: "C'est dans mes projets futurs. Je sortirais un EP totalement dancehall, comme le projet 'Dancehall Time'. Faire des sons dancehall à l'ancienne, couleurs Raggasonic, c'est facile pour moi, donc je ne vais pas me prendre la tête. Pour l'instant, je me prends la tête sur des trucs nouveaux, j'ai vraiment envie de faire des choses musicalement nouvelles. C'est l'évolution musicale et c'est une polyvalence. Je peux rajouter d'autres styles, pour avoir un catalogue bien largue et beaucoup plus diversifié. Mais je ne lâcherais jamais le reggae/dancehall, c'est en moi et c'est ma spécialité."

Oui, on voit avec le temps que tu ne t'arrêtes pas à un style et que tu es toujours dans l'évolution musicale...
Daddy Mory: "Oui, je suis toujours en évolution musicale. Je pourrais rester sur mon catalogue de 1995, avec les flows à l'ancienne, etc. Mais je suis en évolution et j'ai cette envie d'essayer d'autres flows, d'autres styles, etc. C'est pour ça que j'ai fait des morceaux comme 'Armada' ou 'Shaka Zulu', ce ne sont pas des titres que j'ai l'habitude de faire, mais j'aime différents styles musicaux et j'aime me diversifier. Comme la drill de London, je la kiffe à toute patate! La dancehall drill!"

Revenons plusieurs années en arrière, à l'époque de Raggasonic. Votre clip du morceau 'Faut pas me prendre pour un âne' a été réalisé par Gobi M. Rahimi, le clipmaker de Tupac. On vous voit même à bord de la voiture que Tupac avait déjà utilisé dans ses clips. Gobi vous a mis bien, il vous a respecté!
Daddy Mory: "Oui! Je lance un gros big up à Gobi! Maximum de respect à lui! Il a fait la plupart des clips de Tupac. C'est un mec très talentueux! À l'époque, pour nous, c'était une icône et on connaissait tous ses clips. Gobi a travaillé avec Tupac et qu'il soit motivé pour faire notre clip à nous, des petits français! Ça nous a fait big plaisir! Honorés! On lui a envoyé le morceau 'Faut Pas Me Prendre Pour Un Âne' et d'autres titres, parce qu'il voulait savoir ce qu'on faisait avant de s'engager. Il a apprécié notre musique et on est parti à Los Angeles! Gobi nous a mis bien, avec la voiture de Tupac et pas mal d'autres choses. Supers souvenirs! Quand on est arrivé là-bas, c'était l'époque de la variété de cannabis Chronic. Dès qu'on est arrivé, on a été reçu avec des gros pots de Chronic! Je me faisais plaisir avec cette weed (rire). Los Angeles s'était un truc de dingue, ce clip-là, je m'en rappellerai toujours, que de bons souvenirs!"

Est-ce que vous aviez imposé des idées à Gobi M. Rahimi pour la réalisation du clip?
Daddy Mory: "Non, on ne lui a rien imposé, c'est Gobi qui a eu l'entièreté des idées. On l'a contacté de Paris et il a discuté avec notre manager. Quand on lui a envoyé le morceau, 'Faut Pas Me Prendre Pour Un Âne', qu'on voulait cliper, il a fait son synopsis et c'est Gobi qui a eu l'idée de le faire là-bas. On a dit, Los Angeles, vas-y man (rire)! Et il nous a fait un deuxième clip, celui du titre 'Laisse Le Peuple S'exprimer', mais cette fois-là, en Jamaïque. On a ramené Gobi avec nous en Jamaïque!"

Tu as accueilli Yaniss Odua quand il est arrivé pour la première fois en France, c'est vrai?
Daddy Mory: "Oui c'est vrai. Quand il est arrivé en France, il ne savait pas trop où aller et je lui ai proposé directement de venir à la maison. Il est venu chez moi et à l'époque, j'habitais à Noisy-le-Grand avec la mère de mes deux filles. Après, j'ai eu des déboires et je suis tombé en prison en Guadeloupe. Pendant que j'étais en prison, c'est lui qui a gardé ma maison à Noisy-le-Grand. Yaniss Odua c'est comme mon petit frère! Je le respecte énormément! C'est un très bon gars, très gentil et authentique. Big up et nuff respect Yaniss Odua!"

Quels sont les artistes que tu écoutes dans le rap?
Daddy Mory: "J'écoute Swift Guad, Davodka, L'uZine, Oxmo Puccino, Akhenaton, Busta Flex, Zoxea, Niska, Kaaris, etc. J'écoute Lunatic, c'est mon époque et puis, celui qui dit ne pas avoir écouté Lunatic, c'est un menteur! J'écoute Booba. Respect à lui! J'écoute aussi Soprano, ce gars sait rapper, mais il sait aussi chanter."

Que pensez-vous du public belge?
Daddy Mory: "Le public belge et moi, c'est une histoire d'amour qui date depuis longtemps! Il y a plus de 25 ans! C'est une belle histoire d'amour. Je kiffe ce pays. Il y a une très bonne vibe en Belgique et je suis toujours bien accueilli. L'amour est très intense. Nuff respect la Belgique!"
Bazil: "Le public belge est super et les gens sont chaleureux, mais quand je fais de la musique, je ne vois pas de différence de nationalité, parce que chacun à sa sensibilité, ses bases musicales, etc. Quand j'arrive devant un public, ce n'est pas un public belge, français, allemand ou peu importe, ce sont des êtres humains avec leurs propres sensibilités. On doit faire de la musique du mieux que l'on peut et rester authentique. Essayer de transmettre de bons messages, car la musique est puissante! Big up et respect au public, c'est grâce à eux que l'on fait de la musique!"
Daddy Mory: "Los Angeles c'était un truc de dingue, ce clip-là, je m'en rappellerai toujours, que de bons souvenirs!"

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Published

Feb 08, 2022