L'artiste belge Uman est actif depuis plus de 30 ans dans le milieu musical. En février 2021, il nous a dévoilé son nouvel album intitulé 'Quelle Vie'. Suite de l'entretien avec Uman...
Selecta Killa et Uman, c'est une histoire de famille qui date et comme tu disais dans la première partie de cette interview, tu l'as rencontré au disquaire l'Arlequin à Ixelles. Mais il n'était pas présent pour cette release party...
Uman: "Non, malheureusement, il n'a pas pu être présent, il était à l'étranger. Oui, je connais Tristan (Selecta Killa) depuis longtemps et depuis l'époque de l'Arlequin. Il était jeune quand je l'ai rencontré, d'ailleurs, ses parents étaient mes professeurs à l'école. On a commencé à bosser ensemble et on a très vite accroché. C'est devenu rapidement très familiale. Il a participé à la renaissance de Uman! Selecta Killa et Uman, c'est intime, comme Bost et Bim, ce sont des années de travail et de complicité. Killa est quelqu'un qui a un sens profond de la famille et du respect. C'est aussi un bon producteur, il a, entre autres, produit le gros hit 'HAINE&SEX' de Gazo. Tristan joue la musique, produit la musique, aime la musique, fait de la musique et est la musique! Nous avons avancé ensemble et on s'investit, on a créé l'émission Dancehall Station, on organise des soirées, etc."
Votre émission Dancehall Station est diffusée sur Reggae.fr, c'est bien ça?
Uman: "Oui, l'émission est diffusée sur Reggae.fr. On travaille avec Reggae.fr et on collabore aussi avec Party Time. Tout ça c'est naturel, il y a un truc qui fait que les gens travaillent ensemble, comme il y a un truc qui fait que les gens arrêtent de travailler ensemble."
Les médias sont importants pour toi?
Uman: "Oui bien sûr! Je donne un vrai appui à toutes les plateformes et tous les médias, que ce soit, Reggae.be, Reggae.fr, Party Time, Riddimkilla (qui sont mes gars), Reggaeville, Reggae Vibes, Riddim Mag, Streamvibz (Irie Ites), à Warrior Sound, à Syntho de Bassajam, à Soul Stereo, etc. Ce sont des gens à qui je donne de la force, parce que, ce qui m'intéresse c'est la diffusion, ce n'est pas les conflits ou les prises d'intérêts."
Tu as une longue carrière et tu as fait partie de plusieurs groupes. Que penses-tu du travail en équipe?
Uman: "J'ai fait partie de plusieurs groupes et j'ai travaillé avec de grandes équipes. Mais ce n'est pas mon truc quand il faut être chef et commander les autres. Moi, je ne commande personne. Je commande qu'une seule chose, c'est moi-même et c'est déjà beaucoup à commander (rire). Je peux travailler en équipe, mais pas une équipe de 12 personnes. Les grosses équipes ça meurt; déjà une équipe de deux c'est difficile à maintenir!"
Est-ce que chanteur s'est seulement savoir chanter?
Uman: "Non et j'ai mis longtemps à le comprendre. Il faut aussi suivre le rythme et la mélodie, il faut contrôler son souffle et maîtriser sa voix, il faut avoir la bonne manière de poser sur un riddim, plein de choses importantes, mais que je ne savais pas au départ."
Le reggae est un style musical important et très présent chez toi, mais tu aimes te diversifier et t'influencer de différents styles musicaux pour créer ta musique. La chanson française en fait partie...
Uman: "Oui, je suis un électron libre et je fais ce que je veux musicalement parlant, tant que ça me plait et que ça reste authentique. Le reggae est une obsession chez moi et il sera toujours présent. J'ai fait d'autres trucs, parce que j'aime plusieurs styles musicaux, je ne m'arrête pas au reggae. J'aime la chanson française et c'est normal que ça se ressente dans ma musique. J'aime Francis Cabrel, Renaud, Trust, Taxi Girl, Étienne Daho, Jacques Brel, Barbara, etc. Et à la base, j'ai été éduqué à la chanson française et je viens du rap. Un rappeur influencé par la chanson française. J'ai toujours aimé faire de la chanson, donc j'ai fait des projets différents, mais c'est le reggae qui me réunit et me met en accord avec moi-même."
Quand tu dis que tu es un électron libre et que tu fais ce que tu veux musicalement parlant, tant que ça te plaise et que ça reste authentique... Ça me fait penser à certains artistes, comme Booba par exemple...
Uman: "Booba! J'ai un grand respect pour Booba, c'est le boss du rap. Ça ne se discute même pas, il est trop fort et il a toujours eu raison. C'est un gars ultra motivé, il fait ce qu'il aime tout en restant authentique, c'est respectable! Je suis un ghetto youth et depuis que je suis petit, j'écoute Booba. Force à lui!"
Mis à part Booba, peux-tu nous citer d'autres artistes, dans le rap, que tu écoutes?
Uman: "J'écoute Oxmo Puccino, Wu-Tang Clan, Isha, ZA qui a créé la marque de vêtement HSTLR, que je porte souvent. Goldee Money, Rony Dion, Art 2 Son, j'écoute pas mal de petits de mon quartier et des rappeurs de Bruxelles. J'écoute le groupe de jeunes que l'on produit avec Selecta Killa, le 777 Hydra Gang."
Quel est ton ressentit sur la musique actuelle?
Uman: "Je valide tout ce qui est bon et il y a énormément de bonnes musiques! La musique c'est comme la peinture ou la bouffe, tu consommes ce que tu aimes! Il y a de la musique pour la mort, pour la vie, pour l'amour, pour la joie, pour la tristesse, etc. Je n'ai pas de problème avec la musique actuelle, absolument pas. Et en ce qui concerne le reggae, c'est le même reggae, mais travaillé avec d'autres fréquences, avec un autre esprit, un autre positionnement, on arrive à un autre état d'esprit dans le reggae, avec la modernité. D'ailleurs, big up à Big Red et son album 'Vapor', produit par l'équipe de Biga Ranx. Big up Biga Ranx! One love!"
Quelles sont tes occupations quand tu ne fais pas de musique ou quand tu ne fais pas de peinture?
Uman: "J'aime cuisiner de bons plats, faire l'amour à de jolies femmes et fumer de la bonne weed. Et j'aime squatter à mon bar fétiche, c'est les préliminaires avant les trois autres (rire)."
Quels sont les moments musicaux qui resteront gravés dans ton esprit?
Uman: "Ma rencontre avec Smimooz et mon appartenance à De Puta Madre, ma rencontre avec Pit de l'Arlequin qui a tout changé dans ma vie, la fondation de Bass Culture, ma rencontre avec Tristan (Selecta Killa), ma rencontre avec Sergio d'Heartical Sound qui m'a fait venir à Paris et qui est le premier à avoir ramené mes 45 tours au disquaire parisien Blue Moon, Skinfama qui s'occupe de mon booking, etc. Il y a tellement de choses, c'est vraiment compliqué, mais les moments importants sont Ixelles, Schaerbeek, Liège et Paris!"
Photo: © Damalistik