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Thomas JLB: "Pour moi, il y a que des mauvais artistes et pas de mauvais public!"
InterviewsAug 11, 2020

Thomas JLB: "Pour moi, il y a que des mauvais artistes et pas de mauvais public!"

By JP Linard

Thomas JLB est un artiste belge qui nous vient de Charleroi. Chanteur du groupe JLB Riddim, mais également percussionniste; il a sorti plusieurs projets avec son band. Et l'année dernière, son premier EP solo intitulé 'Thomas JLB meets ARTK'. Vous pourrez le retrouver accompagné de ses musiciens, le 13 Août 2020, à Anderlecht pour Les Escales Estivales...

Le confinement et les mesures de sécurité pour le coronavirus (COVID-19) ont touché le milieu musical, avec l'annulation de prestations, les difficultés à se déplacer et à répéter, etc. J'imagine que ça t'a touché musicalement aussi... Thomas JLB: "Oui exactement. Surtout au niveau de notre organisation. L'été c'est la période où on joue le plus et beaucoup de festivals ont d'abord été reportés, puis annulés. On espère qu'en 2021, ils nous rappelleront... Financièrement parlant, je n'ai pas eu la tête sous l'eau parce que j'ai un travail en dehors de la musique. J'ai aussi un studio, je l'ai laissé ouvert, malgré les mesures de sécurité, donc ça m'a permis de pouvoir avoir une rentrée d'argent. Et le fait de travailler pour d'autres dans mon studio, ça m'a permis également de rester dans une vibe musicale, parce que, quand on sort de cette vibe, ça déconcentre."

Tu avais ouvert ce studio avant le coronavirus? Thomas JLB: "Oui. J'ai ouvert ce studio à Charleroi. Un petit street studio, parce qu'on n'a pas encore beaucoup de matos. Mais il y a de bonnes rencontres à faire et on avance bien. Si quelqu'un cherche un studio, vous pouvez me contacter sans souci. J'ai bossé avec pas mal de rappeurs locaux et des artistes de tous horizons. Du rock à la musique africaine, en passant par le rap... ça ne s'arrête pas au reggae."

En quelques phrases, quel est ton opinion sur ce coronavirus (COVID-19) et ce confinement? Thomas JLB: "Mon ressenti, c'est qu'on en fait beaucoup trop et qu'il installe un climat de peur. Je pense que la nature est au contrôle de tout et que ce n'est pas les humains qui pourront la contrôler. Il faut laisser agir la nature! Le confinement a fait du bien, malgré tous les côtés négatifs, il y a eu un côté positif, comme pouvoir se recentrer sur soi-même et profiter des siens."

Toi qui es un homme de scène, j'imagine que les prestations t'ont manqué ? La première pour toi depuis ce confinement se déroulera le 13 août, à Anderlecht pour Les Escales Estivales... Thomas JLB: "Oui, elle m'a beaucoup manqué! Je reste un homme de scène! J'aime la scène. Et j'aime mon public! Pour moi, il y a que des mauvais artistes et pas de mauvais public. Il n'y a jamais de mauvais public, c'est à l'artiste de s'adapter ou changer de métier peut être. Ça se passe le jeudi 13 août à l'Escale Du Nord, pour leur festival d'été Escales Estivales. Le show commencera à 19h et toutes les mesures de sécurité seront mises en place. Il faut en profiter, je vais faire un gros show avec mes musiciens et mettre les petits plats dans les grands!"

On te connait sous le nom de Thomas, chanteur du groupe JLB Riddim. Ce groupe est-il toujours actif? Thomas JLB: "Oui, JLB Riddim est toujours actif. On travaille sur un nouveau single, qui après amènera à un nouveau projet. On attend que cette période de coronavirus passe pour pouvoir lancer la sauce. On y travaille doucement et on s'est remis à composer. On va revenir avec les musiciens et les instruments, ça va être vraiment roots. Je vais vraiment revenir au JLB Riddim classique comme dans 'Outsider'. Un reggae bien roots aux influences africaines!"

Il y a du nouveau du côté de ton équipe. Tu t'es entouré d'un nouveau membre, ta manageuse Isabelle Martin... Thomas JLB: "Oui. Isabelle a travaillé dans le monde culturel pendant toute sa carrière professionnelle. Elle organise également des festivals reggae au Rockerill, à Charleroi. Un jeudi de l'été par an. Elle m'avait programmé sur un de ses festivals et on a eu une bonne affinité. On a gardé contact et par la suite, elle est devenue ma manageuse. J'avais envie de m'entourer de quelqu'un qui pouvait gérer tout l'aspect administratif et communication. Isabelle était la bonne personne et j'en suis très content! C'est la première fois que je m'entoure d'un manageur et la première fois que l'on commence à travailler avec Isabelle. Elle a un bon avis critique et c'est un bon moteur. Elle m'aide beaucoup à faire les bons choix."

Tu es chanteur et percussionniste, mais également fabriquant et réparateur de djembé, c'est bien ça? Thomas JLB: "Oui, je suis aussi fabriquant et réparateur de percussions. J'ai commencé la musique avec la percussion et donc, je suis à l'aise dans le reggae comme dans la musique africaine. Ça vient de mes parents. Mes parents étaient des vendeurs de djembé, c'est comme ça que j'ai appris à en jouer. J'ai eu l'occasion de voyager en Afrique avec mes parents et j'y ai même vécu un moment. J'ai baigné dans la culture africaine par l'intermédiaire des percussions."

Tes parents sont de quelle nationalité? Thomas JLB: "Mon père est d'origine polonaise, mais tous les deux sont de nationalité belge."

Tu as eu l'opportunité de pouvoir travailler avec le talentueux Manjul au Mali. Peux-tu nous parler de cette expérience? Thomas JLB: "Une très belle expérience! Oui, j'ai eu l'opportunité de travailler avec Manjul dans le passé. Je me suis déplacé souvent en Afrique pour travailler avec lui. Et c'était un honneur! Manjul est un bon producteur, un musicien très doué et un grand artiste! C'était un plaisir d'aller travailler et apprendre avec lui. J'ai enregistré l'album 'Volume 2' de JLB Riddim chez lui. Grosse expérience qui a marqué mes choix futurs! Depuis, je n'ai malheureusement plus travaillé avec lui, mais on reste en contact. Il m'a permis aussi de rencontrer beaucoup de bons artistes, comme Ras Ladji que tu connais."

Oui, Ras Ladji est un bon artiste et un bon gars! Big up à lui! Quelles sont tes influences musicales? Thomas JLB: "Mes influences sont variées. J'adore la musique africaine, le reggae, la chanson française, etc. Je m'inspire de tous les styles de musique. Peu importe la musique, tant qu'elle est bonne et qu'elle me parle, ça va nourrir mes influences."

L'année dernière, tu as sorti l'EP 'Thomas JLB meets ARTK'. On a l'habitude de t'entendre sur du reggae roots, avec une touche de musique africaine. Sur ce projet, tu abordes des styles différents. Pourquoi ce changement? Thomas JLB: "C'était une période où on était beaucoup moins actif avec le groupe. Et j'en ai profité pour coucher mes mots avec mon pote ARTK, sur un style qui mélange le dub et la musique électronique. C'était une petite parenthèse, que je reproduirais à l'avenir. Je me permettrais de sortir des projets solo Thomas JLB, orientés sur de la musique africaine ou d'autres styles musicaux."

Cet EP 'Thomas JLB meets ARTK' est composé de 8 titres. On peut découvrir le morceau 'Shiva shambo' en featuring avec l'artiste Kamala. Comment l'as-tu rencontrée? Thomas JLB: "Kamala était une habituée du studio d'ARTK. Il m'a proposé qu'elle travaille sur mon projet et elle a fait les chœurs de tous les titres de l'EP. Et naturellement, on a réalisé une collaboration sur le morceau 'Shiva Shambo'. J'ai écrit les paroles et on a chanté un couplet à deux voix. J'espère pouvoir retravailler avec elle! Kamala est une personne super inspirante et super inspirée. C'est une superbe artiste à suivre! Elle a une voix magnifique! Et quand elle est sur scène, elle t'amène dans sa transe. Elle a beaucoup de talent. J'espère que la vie lui donnera des opportunités pour qu'elle puisse s'exprimer."

Qui a réalisé la pochette de ton EP 'Thomas JLB meets ARTK'? Thomas JLB: "C'est Jocéka. C'est un graffeur et rappeur que je connais depuis l'école. J'apprécie tout son monde artistique. J'étais un peu en stress pour la pochette, parce qu'il fallait que l'EP sorte et je m'y étais pris trop tard. J'ai pensé à mon pote Jocéka et il m'a fait cette pochette. Il a pris des photos sur ma page Facebook et il l'a réalisée."

Le côté dessin de la pochette de cet EP 'Thomas JLB meets ARTK' me fait penser à celle de ton projet 'Volume 2.5' avec JLB Riddim... Thomas JLB: "Oui c'est vrai. La pochette du projet 'Volume 2.5' est un dessin que l'on a amené chez le graphiste. Une amie nous avait croqués et elle m'a offert ce dessin. Je l'ai trouvé trop beau et c'est devenu une de mes pochettes. Cette amie s'appelle Florence Mairesse et elle fait de la peinture. Elle sort des Beaux-Arts de Bruxelles je crois."

Juste avant le confinement, tu avais réalisé un show avec le selector Irie Nation, à la maison de jeunes de Tournai. Comment s'est passé le show? Thomas JLB: "Excellent! Irie Nation m'a contacté pour réaliser une prestation là-bas. Il avait mis Dju Laïon et moi-même sur ce concert. Irie Nation, je le connaissais depuis plusieurs années et j'allais dans ses sound systems à l'époque. Et pouvoir jouer avec lui, c'était un honneur! Et Dju Laïon, c'est un grand artiste avec un excellent flow, un tueur! La salle était remplie, c'était une semaine avant le confinement, donc, tout le monde à bien profité et s'est lâché."

L'année dernière, tu as participé et gagné à un clash des ABBC TEST qui se déroulait au Pik Pô Tattoo à Charleroi. Bonne expérience?  Thomas JLB: "Oui, bonne expérience. Ils ont été surpris par mes qualités à répondre. Le clash vient du reggae et des sound systems, très peu de rappeurs le savent. J'avais clashé le rappeur liégeois Riddler."

Tu as réalisé de nombreux concerts. Quels sont les meilleurs endroits où tu as été vraiment bien reçu pour réaliser tes prestations? Thomas JLB: "J'ai toujours été bien reçu partout. Mais, j'apprécie surtout jouer à l'étranger, comme au Maroc, en France, au Mali ou même au Sénégal. Avant le confinement, j'ai été jouer au Sénégal pour les premières parties d'Anthony B, grâce à DJLass Angel Vibes que je big up! DJLass est un grand homme et il a un grand cœur. C'est un activiste qui fait beaucoup pour le mouvement reggae. Il organise beaucoup de soirées et il y fait jouer de nombreux artistes. DJLass a aussi une chaîne YouTube sur laquelle il poste des mix reggae et on peut également y retrouver certains clips de mon EP 'Thomas JLB meets ARTK', comme 'Democrazy', 'Le Produit', 'Pour Qui Pourquoi', etc."

Il y a plusieurs années, tu avais sorti une version reggae du titre 'La P'tite Gayole', une des chansons traditionnelles du folklore wallon. Est-ce que l'on peut s'attendre à découvrir un nouveau morceau en patois? Thomas JLB: "Oui c'est certain. Il faut que je me bouge le cul (rire), mais je vais le faire. C'est important, ce sont nos racines! Même pour mes enfants et les futures générations, il faut remettre le wallon au goût du jour. On a beaucoup de richesse en Wallonie. Je suis fier d'être wallon, fier d'être belge! Je fais du reggae avec la belge attitude, comme dirait Atomic Spliff."

En dehors de la musique, quels sont tes centres d'intérêts? Thomas JLB: "Je suis un fan de courses de chevaux. J'aime tous les animaux, tout ce qui touche à la ferme, les élevages, etc. Et j'aimerais rajouter, big up à Reggae.be, à toi JP et à tout le staff! Et big up au public qui donne la force!"   Photo: © Edition Plus Film
Thomas JLB: "Pour moi, il y a que des mauvais artistes et pas de mauvais public!"

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JP Linard

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Aug 11, 2020

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