C'est donc dans une ambiance très particulière que s'ouvre cette soirée. Très peu d'informations sur le début d'épidémie en cours, on en plaisante encore à demi-mot, le lendemain le discours du gouvernement précisera les choses. Camille qui s'occupe des artistes me confirme pourtant avoir eu une grosse cinquantaine d'annulations. Qu'importe, puisqu'on est là profitons-en.
C'est alors dans une ambiance festive et hip-hop aux basses claquantes que le DJ du collectif Albalianza et Murzuk Machine, bien connus des liégeois, Jeff-ito ouvre le bal avec un warm up ambiancé, appuyé par l'inénarrable MC ShneckBuster.


Le taf est fait. La salle est pleine. Le public est chaud. Place au show!
Un joli visuel signé Baxter-Lewis nous attends sur scène. Le duo se connait bien puisque B.R.C. était déjà présent, entre autres au clavier, au sein d'Atomic Spliff. Cookiz démarre le show au melodica avec un certain plaisir, voir un plaisir certain. Il le reprendra à diverses occasions au long du concert.
On sent dès le début que les camarades aiment jouer ensemble. Les beats sont de Cookiz, mais B.R.C. apporte un soin tout particulier à les travailler et les peaufiner. Le style oscille entre un dub très aérien aux basses percutantes, un peu façon Biga Ranx, ce qui n'est pas pour me déplaire, et un hip-hop aux accents électroniques. Un peu un retour aux sources pour Cookiz qui a fait ses armes de jeunot dans un collectif hip-hop Les Mains Sales.
On retrouve avec plaisir les titres des 'Live Sessions': l'ambiance cool, soleil, potes et piscine de 'Lemonade' ou 'Bubble', des textes un peu plus personnels comme 'A Time To Live' ou 'D.I.Y.' qui mettent en lumière des valeurs familiales et de "faire les choses ensemble".
Il y a aussi bien entendu les clins d'œil au terroir avec 'Cali For Me' ou la découverte du titre éponyme de l'EP, 'Black Mountain' en référence aux "enfants des terrils" que nous sommes finalement un peu tous par ici. Cookiz ne perd pas une occasion de placer une petite référence pop culture dans des textes travaillés aux petits oignons, et ça, moi j'aime bien...
Deux featurings sur l'album, l'excellent 'Future' avec le français Volodia et 'Chill' avec la voix enivrante de la délicieuse Oniri.
Belle surprise aussi de voir B.R.C. gratter les quelques accords Pink Floydiens de 'How I Wish You Where Here', un morceau que j'affectionne particulièrement dans 'H24' sorte d'egotrip contant les déambulations nocturnes d'un Cookiz inspiré.
Le public, bien que pour beaucoup à la maison et déjà acquis est apparemment comblé.
Le concert est terminé et la soirée se poursuit tranquillement autour d'un verre au bar au son de la sélection d'Albalianza. Bref, on a passé une bien bonne soirée malgré les circonstances. Sur ce, moi je rentre me confiner.