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Quatre jours de culture dub, de sound systems et de nature au Dub Camp Festival 2019
Event ReportJul 19, 2019

Quatre jours de culture dub, de sound systems et de nature au Dub Camp Festival 2019

By Irie Nation

Rentré du Dub Camp 2019, j'ai apprécié la fraîcheur de la météo belge et offert un peu de repos à mes jambes après tant de danse, de marche et de natation.

Marche et natation? Pas courant en festival. C'est pourtant un des petits plus offerts par le festival: il est situé en pleine zone naturelle. Aussi bien le Lac du Vioreau qui borde le festival que les bois alentours font partie du réseau Natura 2000 et leur écosystème est donc protégé. Des bénévoles du festival sont d'ailleurs présents sur place pour conscientiser le public au respect des lieux et de la nature. C'est un lieu agréable pour les ballades à l'ombre des arbres ou pour piquer une tête dans les eaux fraîches du plan d'eau, surtout avec la canicule qui règne en ce moment, également en Loire Atlantique.

Avant de parler musique, continuons sur le sujet de l'environnement. De nombreux festivals essaient de donner un côté éco-responsable à leur événement. A ce jour, c'est au Dub Camp que j'ai vu les meilleurs résultats en la matière: leur site est plus propre qu'une convention du parti écolo belge. Sur la prairie, on trouve à peine quelques mégots ou bouts de plastique. Pour le reste, juste de l'herbe, un peu piétinée et desséchée mais propre et pure. Il faut dire que toutes les boissons sont servies en gobelets consignés, les poubelles sont adroitement disposées, et la communication sur le sujet est omniprésente. On ne trouve pas non plus de stands de sponsors qui offrent toutes sortes d'articles inutiles qui terminent par terre comme à Dour par exemple, où on a déjà pu voir un sol jonché de chapeaux Jupiler. La volonté de ce festival est largement culturelle et pas commerciale. Le nombre de marchands y est d'ailleurs limité et les food-trucks sont sélectionnés parmi les producteurs locaux ou bios. Enfin, au Dub Camp, on boit de la bière locale, ou du Breizh Cola "Made in Bretagne"!

Et la culture alors? Pour tous les adorateurs de sound system et de dub, le programme est plus qu'alléchant. Répartis sous 5 chapiteaux, pendant 4 jours, des dizaines de haut-parleurs, vibrent, vrombissent et crachent des kilowatts de son. Ici le dub brille sous toutes ses facettes, du plus roots au plus expérimental et digital.

Le jeudi soir, c'est dans la zone du camping que s'ouvrait le festival avec l'installation de l'incroyable sono circulaire de King Shiloh, qui a distillé toute la nuit ses vibrations puissantes, en compagnie des Vibronics et de Conscious Sounds. Mais également avec le vétéran Pablo Gad qui offrait son premier concert en France. Le chanteur a délivré avec énergie de nombreux tunes aux messages de paix engagés et a terminé forcément par son hit 'Hard Times'.

Le vendredi, le site complet ouvrait aux festivaliers. Du côté du chapiteau Sound Meeting, six impressionnantes tours sont installées: les Français de Kiraden, aux côtés d'Indica Dubs et d'Iration Steppas. La soirée s'est terminée en clash sonore entre ceux deux derniers. Cela a joué très fort. L'Outernational Arena accueillait des sounds anglais roots comme Moa Anbessa ou Aba Shanti I sur la sono de Dub Sheperd. Pour ma part c'est au Dub Club que j'ai passé ma journée. Ce jour-là, c'était Legal Shot qui était installé et proposait ce mélange de vibes anglaises et jamaïcaines, avec une touche de dancehall que j'affectionne. Ils accueillaient également plusieurs live sur leur sono, dont celui d'un Linval Thompson bien motivé mais que je préfère quand même voir en compagnie d'un bon backing band. Surprise, la présence de Samory I qu'on n'attendrait pas dans ce genre d'événement. Le jeune chanteur a carrément planté son entrée avec trois premiers morceaux quasi inaudibles. Il a ensuite mis de côté son côté crooner introverti pour interpréter ses titres avec plus de faya et a quand même réussi à bien s'en sortir pour cet exercice auquel il ne semble pas vraiment habitué. Celui qui maîtrise par contre du fond des tripes le rôle de MC en sound, c'est bien le vétéran recordman du monde de fast-style Daddy Freddy. Depuis quelques temps, on le voit régulièrement aux côtés des Rennais et il a littéralement bombardé le public de sa voix de tonnerre et de son énergie, en alternance avec le jeune Lasai qui a bien sorti son épingle du jeu également.

Le lendemain comme par magie, dans chaque chapiteau d'autres sounds sont installés, donnant encore une fois chacun un esprit et une vibe différente à l'arène qu'ils occupent. Le Sound Meeting m'a permis ce jour-là de découvrir les vétérans anglais d'Hytal Bosrah, dont je n'avais jamais entendu parler malgré leurs 40 ans d'activisme dans l'underground et leurs excellentes vibes roots. Belle découverte également: les youths de Young Veteran Sound qui représentaient l'Allemagne. En compagnie notamment du MC belge Rudy Roots de Youths and Truth Sound et du violoniste français Ras Divarius, leurs dubs et sélections roots sans complexes ont fait mouche. J'ai regretté ce jour-là de ne pas avoir eu plus de temps pour l'Outernational Arena où était posé le RDH HiFi sur lequel ont tourné des producteurs variés comme Dennis Bovell, Ackboo dont j'ai quand même entendu l'excellent mix de 'Dreader Than Dread' de Linval Thompson, avant que ne résonnent les sons plus digitaux de Kanka ou encore Footprint System.

Arrivait déjà le dimanche avec Channel One qui s'est installé seul dans le Dub Meeting pour une longue session, toujours au top comme on les connait. Ce sound est depuis longtemps un label de qualité à lui seul. Dans le Dub Club étaient posés les Ecossais de Mungo's HiFi, qui affectionne mélanger les genres et varier les styles. Normal donc qu'ils accueillent d'autres sounds progressistes également comme le Stand High Patrol ou bien O.B.F. qui avait emmené toute une clique de MC's pour ambiancer les dernières heures de ce festival: Junior Roy, Sr Wilson, Charly P et Shanti D. Le regret du jour: avoir croisé Mr Williamz sur la prairie du festival et n'avoir pas vu sur le programme qu'il avait un set avec Mannasseh plus tôt dans l'après-midi. C'est toujours le souci des programmations bien fournies en festival me direz-vous... C'est vrai qu'il est parfois difficile de s'y retrouver dans cette quantité de sounds: comme pour ce fan avec son T-Shirt O.B.F. devant Channel One Sound alors qu'O.B.F. jouait à ce moment-là en bas dans le Dub Club!

A chaque fois que la pression des watts se fait trop ressentir, il est possible de trouver refuge dans des petits coins sympas du festival. La petite tente du Rootsman Corner vrombissait toujours tranquillement de sonorités roots UK et jamaïcaines, délivrées par des sounds de plus petite taille comme le Roots Workers, Steppers Allianz ou encore la sono oldschool de Invalved, poussée par des amplis à lampe. L'autre refuge était le Jukebox Arena, sorti de petit Yard, reproduisant une rue jamaïcaine. Au milieu de ce décor artisanal, quelques bars et un jukebox où chacun peut faire ses sélections et écouter un sound system tranquillement le soir.    Jamais à court d'idées autour de cette culture du sound system, les organisateurs ont également lancé depuis quelques temps le Boxman Challenge. Un délire qui consiste à faire rouler par équipe de deux un haut-parleur d'une quarantaine de kilos le long d'un parcours à obstacle. Une compétition chèrement disputée! Les deuxièmes de l'année passée sont revenus revanchards, et cette team Cousinade a remporté l'édition 2019!

Personnellement, je m'attendais à un festival aux vibes beaucoup plus électro, avec un public plus "teufeur" mais le dub roots occupe une grande place dans la programmation et on rencontre beaucoup de connaisseurs en matière de sound systems au Dub Camp. Il y a bien toujours quelques énergumènes pour "ébruyanter" certains coins du camping la nuit, mais le respect est très présent parmi les festivaliers venus aussi bien de France que d'Allemagne, d'Espagne, d'Angleterre, les quelques Belges (si peu) et même deux Japonais venus spécialement pour l'événement.
Quatre jours de culture dub, de sound systems et de nature au Dub Camp Festival 2019

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Jul 19, 2019