Huit ans après son concert avec Nas pour la mémorable tournée 'Distant Relatives', Damian Marley était de retour dans une Ancienne Belgique presque sold-out pour un étape de son 'Stony Hill Tour'. Le public surchauffé n'a pas déçu l'artiste, qui en retour a comblé ses fans par un concert éclectique et énergique.
Les premières dates de la tournée européenne, en Grande Bretagne, étaient accompagnées par Agent Sasco qui jouait les premières parties. Qu'il ne soit pas à l'affiche sur des plus petites dates de la tournée, cela se comprend, mais dommage quand même que l'Ancienne Belgique et Live Nation n'aient pas prévu de première partie pour ce concert. Un des nombreux groupes belges de talent aurait très bien pu remplir cette mission.
C'est donc Damian lui-même qui ouvre le concert, avec 'Nail Pon Cross', sans trop d'effets d'annonce. L'intro puissante du Solidarity riddim suffit et électrise l'atmosphère. Il enchaîne avec son gros hit ragga-dubstep 'Make It Bun Dem' joué assez gentiment par le groupe. Des balcons aux premiers rangs de la salle, le public bruxellois est très réactif au concert et apprécie les tunes qui tombent de manière parfois désordonnée: on passe ainsi à 'Caution', 'Set Up Shop', 'Everybody Wanna Be Somebody' ou encore 'The Mission' sur le riddim du même nom; que l'artiste enrichira d'un medley notamment de 'Shoot Out' le hit de Mykal Rose. L'alternance assez aléatoire de titres plus dancehall et d'autres plus roots, permet certes à Damian Marley de garder son souffre, tout le long d'un concert de presque deux heures, mais elle est parfois déconcertante pour certains. En tout cas, j'ai trouvé d'un très mauvais goût d'enchaîner une reprise d'un des morceaux les plus pop de son père, 'Could You Be Loved', juste après le très émouvant et très profond
'Sabali (Patience)', un morceau qui m'avait carrément donné la chair de poule. La transition n'était pas des plus heureuses.
C'est là un des seuls points négatifs de ce concert, avec quelques petits accrocs techniques. Damian Marley et son groupe, très efficace avec une composition assez simple (basse/batterie, guitare et deux claviers) offre un moment spécial aux ladies avec des titres comme 'Hey Girl' et surtout 'Affairs Of The Heart'. Il n'oublie pas non plus une dédicace très appuyée, avec un speech éclairant également le sujet qu'il va aborder, à cette herbe très spéciale, dont son père également faisait la promotion. 'Medication', un des meilleurs titres du dernier album, résonne alors dans l'Ancienne Belgique.
Damian Marley, au fur et à mesure des années et des albums, s'affranchit de plus en plus de la tutelle musicale de son père. Je n'ai noté que trois reprises de Bob Marley: le 'Could You Be Loved' déjà mentionné, un très bon 'Rastaman Vibration' en début de concert et enfin un 'Get Up, Stand Up' qui ne perd toujours pas de son actualité pendant le rappel.
On voyait qu'aussi bien Junior Gong que ses musiciens prenaient plaisir à ce concert belge et appréciait l'énergie qui émanait du public. Ils ont donc tiré leur rappel aussi longtemps que possible, nous offrant un 'Road To Zion' long et méditatif avant une dernière explosion musicale sur 'Welcome To Jamrock'. A mon avis Damian Marley est le plus puissant des artistes de la lignée des Marley. Son talent et son inspiration ne s'essoufflent pas avec le temps, et malgré le statut d'idole que peuvent lui donner certains fans, il reste malgré tout un artiste assez simple et généreux. Ce qu'il a prouvé hier sur scène à l'AB.