L'artiste franco-sénégalais Solijah est un chanteur originaire de Rouen. Jeune artiste, il vient de sortir son premier EP intitulé 'L'Étincelle'. On lui a donc consacré une interview...
Solijah, tu as commencé à écrire et à composer dès l'âge de 12 ans, mais c'est bien plus tard que tu as fait le choix de te consacrer sérieusement à la musique, c'est bien ça?
Solijah: "Oui, c'est en 2014 que j'ai fait mon premier concert, qui m'a fait réaliser que la musique avait toujours fait partie de moi, qu'elle me faisait vibrer. C'est à partir de ce moment-là que je me suis consacré sérieusement au reggae."
Pourquoi as-tu choisi le reggae pour t'exprimer?
Solijah: "Déjà parce que c'est une musique que j'écoute et qui m'attire depuis tout petit. Le reggae c'est la musique des opprimés, c'est la musique du peuple! Ma musique est engagée et consciente, donc le reggae est le style musical qui me correspond le mieux pour m'exprimer."
Est-ce que ta famille te soutient dans tes projets musicaux?
Solijah: "Oui, mon père par exemple, faisait de la musique quand il était plus jeune et je pense qu'il est content de voir que je vibre par la musique aussi. Après, c'est à moi de me débrouiller pour que ça fonctionne, ils ne sont pas "impliqués" dans mon projet, mais ma famille croit en mon potentiel créatif et n'est pas un frein pour ma musique."
Quels sont les artistes qui t'inspirent?
Solijah: "Straïka D, Lyricson, Takana Zion, Tiwony, Blacko... il y en a trop pour tous les nommer. J'écoute beaucoup de musique, donc mes inspirations sont nombreuses. Quand la musique est bonne, elle m'inspire."
En 2017, tu as gagné le tremplin Urban Reggae organisé par D'sibel Production. Quels ont été tes ressentis?
Solijah: "Ce tremplin était une première expérience, ça m'a permis de faire découvrir ma musique et passer un bon moment avec le public. Mais ma victoire n'a pas vraiment été un tremplin pour ma musique, mais j'y ai gagné en expérience."
Toujours en 2017, tu as officialisé ta carrière en présentant ton premier single intitulé 'Injustice'. Peux-tu nous parler de ce morceau?
Solijah: "Oui, et ce single est disponible avec un clip sur ma chaîne Youtube. J'ai écrit 'Injustice' pour dénoncer les abus de pouvoir et les bavures de la police en France. J'avais constaté ces violences, dans les manifestations la plupart du temps. Mais pour aller plus loin, j'ai été confronté plusieurs fois à la police étant plus jeune et j'avais donc des choses à dire."
Tu viens de sortir ton premier projet, un EP de 5 titres intitulé 'L'Étincelle'. Il a été réalisé en collaboration avec Doo-it Studio. Tu peux nous en dire plus?
Solijah: "Cet EP 'L'Étincelle' a été réalisé à La Roche-sur-Yon, au Doo-it Studio qui est géré par le frérot Nael'C. On a mis plus ou moins un an et demi pour réaliser l'EP. C'était une superbe expérience! Le Doo-it Studio est un très bon studio! Nael'C m'a permis de gagner une certaine confiance en moi et il a aussi donné de la forme à ma musique. Gros big up à lui!"
On peut d'ailleurs le découvrir sur ton projet 'L'Étincelle' avec le morceau 'Coeur En Peine'. Tu peux nous parler de ce featuring avec Nael'C?
Solijah: "Nael'C est également un chanteur, ça faisait longtemps qu'on avait envie de faire un morceau ensemble. Depuis que l'on se connait, on a toujours eu une bonne entente et un bon feeling. Pour ce titre 'Cœur En Peine', on peut dire que c'est Nael'C qui m'a emmené dans son univers musical."
Qui a réalisé les riddims de ce projet 'L'Étincelle'?
Solijah: "Tous les riddims ont été composés par Nael'C. Il a fait un très gros boulot sur mon EP! Il a fait les prises de voix et l'enregistrement, le mixage et le mastering, mais également la composition de tous les riddims."
Et qui a réalisé le graphisme de l'EP?
Solijah: "C'est Scredi Dezign, un gars de Belgique. Il est très fort et vraiment professionnel. Il a réussi à répondre à mes attentes. Il a vraiment assuré! Aujourd'hui, je collabore toujours avec lui sur différents visuels et différents projets à venir. Gros big up à Scredi Dezign!"
Quels sont les principaux messages que tu défends dans cet EP?
Solijah: "Globalement, ce sont des messages conscients, des messages positifs qui aident à garder le cap au quotidien. Mais aussi des messages qui dénoncent, des messages engagés. Engagé mais positif (Rire)."
Comment écris-tu tes textes? Est-ce que c'est le riddim qui te donne l'inspiration pour écrire?
Solijah: "Généralement, oui c'est le riddim qui me donne l'inspiration pour écrire. Parfois, je peux écouter un riddim pendant trois heures avant de trouver l'inspiration. Avant, j'écrivais mon texte et puis, je cherchais un riddim pour mon texte. Mais maintenant, j'ai changé ma façon d'écrire, quand j'ai trouvé un riddim qui me plait, je l'écoute bien et je trouve mon texte."
Au début de cette année, il y a eu Les Victoires Du Reggae organisé par Reggae.fr et tu étais nominé dans la catégorie Album Révélation De L'Année. Comment c'était?
Solijah: "Pour moi c'est un blessing! C'est une vraie reconnaissance, Reggae.fr a été touché par l'EP et c'est que du positif, surtout que c'est un médias reggae reconnu. Pour moi c'est une victoire à partir du moment où mon projet 'L'Étincelle' est arrivé à leurs oreilles."
Peux-tu nous parler du Bakoua Sound?
Solijah: "Ce sont des frangins du Mans, en France. On se connait depuis deux ans. C'est le premier sound system à avoir cru en moi, dès le premier single que j'ai sorti, 'Injustice'. Bakoua Sound m'a donné de la force et du soutien, et ils m'ont invité sur plusieurs dates. J'ai aussi réalisé une dubplate pour eux, le titre 'Elevation', et on l'a même clipé, le clip est disponible sur Youtube. C'est un morceau qui est sur mon EP 'L'Étincelle', mais pour la dubplate du Bakoua Sound, je l'ai posé sur le Kingdom Riddim. Gros big up à Bakoua Sound!"
Lors de tes prestations, tu es toujours accompagné d'un selecta. Est-ce que tu as déjà réalisé des prestations avec des musiciens?
Solijah: "J'ai déjà réalisé des prestations avec des musiciens, mais dans un autre cadre que mon projet personnel Solijah. J'ai déjà joué dans plusieurs groupes, entre pote. Le groupe le plus récent, c'était en Vendée, on avait formé un groupe de reprise roots et on rejouait les grands classiques jamaïcains. On a su faire plusieurs dates et même jouer à la fête de la musique, mais ce n'était pas vraiment dans une optique professionnelle. C'était mes débuts à chanter devant un public et c'était vraiment une très bonne expérience! En tant qu'artiste Solijah, j'évolue en soundsystem, d'ailleurs gros big up à Bakoua Sound, Selecta Coco, Daktary Sound, Drop'it Sound, Levy Sound et Terminal Sound! Mais j'aimerais pouvoir réaliser mes prestations avec des musiciens dans l'avenir, c'est ce que je vise."
Le public a tendance à beaucoup filmer pendant les prestations. Est-ce que ça te dérange?
Solijah: "Dans mes débuts, je pense que ça me dérangeait un peu parce que je n'étais pas très à l'aise et ça me mettait une pression. Mais maintenant, ça ne me dérange plus, quand le public filme, justement, ça me motive. Si les gens filment, c'est que ma musique les a touchés et ils veulent immortaliser le moment. Ça me fait plaisir, c'est positif."
Y a-t-il un pays en particulier où tu aimerais te produire?
Solijah: "Oui, le Sénégal, parce que je suis métisse franco-sénégalais. J'ai déjà eu la chance d'aller là-bas plusieurs fois, mais pas pour défendre ma musique. Ma musique est autant sénégalaise que française. J'aimerais beaucoup aller faire découvrir ma musique là-bas, au Sénégal, c'est presque un devoir!"
En dehors de la musique, quels sont tes centres d'intérêts?
Solijah: "Franchement la musique a une place importante dans mes centres d'intérêts. Mais j'aime aussi beaucoup le voyage, pouvoir contempler la terre. Sinon j'ai toujours aimé le sport et je cours régulièrement pour garder la forme, dans ma vie et sur la scène."
Veux-tu rajouter un dernier mot?
Solijah: "Un grand merci et un gros big up à toi JP et à toute l'équipe de Reggae.be, vous faites vivre le reggae! On a réalisé cette interview chez l'artiste Natty Gregh, donc je tiens aussi à big up le frérot Natty Gregh pour son accueil et sa musique! Merci à tous ceux qui me soutiennent et qui croient en moi! Restez positif! Force et protection à tous!"
Photo: © Émilie Sfez