Daddy Cookiz, membre du groupe wallon Atomic Spliff, se relance dans un nouveau projet solo et il sera sur scène ce Samedi 16 Mars 2019 chez Primitive Music à Fléron, pour vous faire découvrir une partie de ce projet 'Black Mountain #1'. Entretien avec Daddy Cookiz pour en savoir plus...
Ce jour-là, tu seras sur scène tout seul ou tu seras assisté par des musiciens ou un selecta?
Daddy Cookiz: "Nous serons deux sur la scène. Je serai accompagné de Brieux Di Maria Aka B.R.C., claviériste et beatmaker. Il s'agit ici de musique live et non de sound system. Les musiques seront réalisées en live à l'aide de nos boîtes à rythmes, de nos mélodicas, de différents contrôleurs et d'un synthé."
Pourquoi avoir choisi Primitive Music?
Daddy Cookiz: "C'est un lieu convivial et avec une atmosphère particulière. La décoration du lieu et le bâtiment sont atypiques, on y retrouve une certaine modernité et un style unique en région Liégeoise. En plus de cela, Primitive Music se trouve sur ma commune, donc c'est un très bon endroit pour un premier concert. Proche de ma vie et de ma réalité! Le but des live sessions que j'ai filmés dans ce projet est de montrer des lieux culturels propres à Liège et à la Wallonie, dans le même ordre d'idée, je suis content de proposer au public de venir découvrir Primitive Music!"
Le public à tendance à beaucoup filmer pendant les prestations. Est-ce que cela te dérange?
Daddy Cookiz: "Cela ne me dérange pas du tout. Les gens ont envie de garder une trace, un souvenir des concerts, ils font des stories et des postes sur les réseaux sociaux, c'est plutôt positif pour les artistes. Évidemment les qualités des vidéos varient et il m'arrive de demander aux gens de ne pas publier certaines d'entre elles, surtout si j'ai trop une sale tronche (Rire)!"
Est-ce que ce projet 'Black Mountain #1' sera disponible en format physique le jour du concert?
Daddy Cookiz: "Non, il ne s'agit pas d'une release (sortie d'album) mais d'un concert de lancement qui en annonce beaucoup d'autres. Par contre, les cinq premiers morceaux de ce projet seront bientôt disponibles en vente digitale sur les différentes plateformes internet. Des informations suivront bientôt à ce sujet sur les réseaux sociaux et internet."
Est-ce que tu accordes de l'importance aux projets physiques? Est-ce que tu en achètes toi-même d'autres artistes?
Daddy Cookiz: "J'accorde de l'importance aux vinyles surtout, un peu moins aux CDs. Je n'en achète plus depuis longtemps, mais j'achète les musiques que j'aime en version digitale. Pas plus tard que la semaine dernière j'ai acheté deux projets, celui d'Anti-Lilly & Phoniks, ainsi que 'The Pink Polo' de Masego et Medasin."
Tu es concentré sur ton projet solo, mais est-ce que l'on peut s'attendre à découvrir un nouvel album bientôt avec Atomic Spliff?
Daddy Cookiz: "Je suis actuellement très concentré sur mon projet solo qui me demande beaucoup de travail, de créativité et d'investissement, et comme tout le monde le sait on ne peut pas se couper en deux! Je reste membre d'Atomic Spliff mais je ne sais pas y mettre la même énergie qu'avant, ce qui signifie que la sortie d'un prochain album pourrait prendre plus de temps que pour les derniers. Je ne peux pas me positionner pour le reste du groupe, mais c'est une question à laquelle on réfléchit actuellement! En tout cas pour moi les deux projets sont deux choses très différentes."
Est-ce que tu vas être en autoproduction pour ton nouveau projet solo 'Black Mountain #1'?
Daddy Cookiz: "Oui, je suis en autoproduction. Je fais les beats, j'écris les textes, je mixe mes morceaux et les enregistre moi-même. Je peux cependant compter sur l'aide précieuse de Brieuc Di Maria, Pierre Constant notre ingénieur son et Fred Alabass qui masterise les morceaux. En gros, c'est du D.I.Y. comme je le dis d'ailleurs dans la 'Live Session #2'! Pour les concerts et le booking, je travaille avec Intersection et avec Camille Soyeur pour le management."
C'est Dreamers Visuals qui réalise les clips de tes 'Live Sessions'. Tu peux nous parler de Dreamers Visuals?
Daddy Cookiz: "Ce sont des amis avant tout, mais aussi de très bons partenaires artistiques! Il s'agit de Bernard Jaegers et J.S. Léger. Ils sont photographes et réalisateurs, et ont lancé leur projet commun Dreamers Visuals, en 2018. Ils ont commencé par la couverture d'évènements, de mariages, de fêtes, etc. Puis, ils ont tourné leurs caméras vers d'autres univers comme les sports extrêmes et maintenant la musique. Ils ont un style bien à eux et un très bon œil! Dans le cadre de mes Live Sessions, l'image joue un rôle central au même titre que la musique. Il s'agit d'un projet audiovisuel. Le but est d'allier l'image aux sons et aux textes. C'est un projet captivant que je suis super content de développer avec les Dreamers!"
Il y a plusieurs mois tu es devenu papa. Est-ce que c'est facile de jongler entre le rôle de jeune papa et d'artiste passionné?
Daddy Cookiz: "C'est du pur bonheur évidemment et certainement la meilleure chose qui me soit arrivée! C'est évident qu'avoir un enfant demande du temps et de l'investissement, mais je ne l'élève pas seul. Je peux heureusement compter sur sa maman et la famille pour prendre le relais en cas de concerts, répètes et autres. J'essaie d'être un bon père et un bon musicien à la fois, et je pense que c'est possible! Mon fils m'inspire beaucoup et me donne de la force, mais c'est sûr que je dors moins qu'avant (Rire)."
En dehors de la musique, on peut également te découvrir en tant que modèle pour la marque Kmille. Tu peux nous en dire plus à ce propos?
Daddy Cookiz: "Kmille, c'est ma copine et mère de mon fils! On fait beaucoup de choses ensemble et on essaie de se soutenir dans nos projets. Elle crée beaucoup, surtout des bijoux, des t-shirts, des habits, des accessoires de mode et très souvent en matériaux de récupération. Je prends donc parfois la pose pour présenter les t-shirts. On a lancé dernièrement une marque de vêtement appelée Black Mountain."
Tu peux nous en dire plus à propos de cette marque de vêtement Black Mountain?
Daddy Cookiz: "Black Mountain c'est un big up à tous les enfants des terrils, tous ceux qui ont grandi ou vivent aux pieds des terrils, qui caractérisent la plupart des quartiers populaires en Wallifornie. Les terrils sont le symbole et le souvenir de la classe ouvrière qui s'est longtemps battue pour faire vivre la Wallonie. Et puis pour l'anecdote, on habite à Retinne au pied du plus haut terril de Belgique qui culmine à 360 mètres environ. Il nous arrive de l'escalader pour y admirer la vue! À conseiller!"
Quels sont les principaux messages que tu défends dans ta musique?
Daddy Cookiz: "Le respect de l'autre et de sa différence est pour moi primordial. J'essaie d'ailleurs dans ce projet de sortir de ma zone de confort et d'explorer d'autres univers musicaux, tels que le hip-hop, la trap, la musique électronique et d'y trouver des sonorités différentes. Cela m'oblige également à travailler mon flow différemment. C'est ce qui rend le projet enrichissant pour moi. C'est aussi ce que je dis dans mes textes, que l'on peut trouver chez l'autre une source d'inspiration même lorsque son univers est différent du nôtre. Il n'y a rien de pire que l'inertie mentale et physique. Il faut bouger et découvrir! Un autre message important dans ma musique est qu'il ne faut pas en attendre trop du système tel qu'il est actuellement établi, mais qu'on possède par contre en nous toutes les forces nécessaires à le changer et surtout, à avoir un impact positif sur notre environnement. C'est ce message que j'essaie de faire transparaître dans mes textes. Mon but n'est absolument pas de donner un exemple, mais plutôt d'encourager et de donner de la force! Et puis la musique c'est avant tout un exutoire, quelque chose qui met de la couleur dans la vie, qui fait du bien… me no need money, me need a time to live!"
Photo: © Dreamers Visuals