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Mista Aya: "On ressent une forte culture de la musique et de la nuit en Belgique!"
InterviewsMar 06, 2019

Mista Aya: "On ressent une forte culture de la musique et de la nuit en Belgique!"

By JP Linard

L'artiste chti-guyanais Mista Aya est actif depuis plus de 20 ans dans le milieu musical. Ses influences sont diverses, reggae, dancehall, ragga, soca, dubstep ou encore jungle. Il a sorti de nombreux singles, mais également son album 'Triste Réalité' en 2011. Mista Aya sera sur scène le 9 Mars 2019 à la Manufacture 111 d'Ixelles...

Ce n'est pas la première fois que tu viens réaliser un show en Belgique. Que penses-tu du public belge? Mista Aya: "Que ça soit dans un petit café ou un festival, j'apprécie toujours de jouer en Belgique. Le public est accueillant, chaleureux, ça danse et ça chante! On ressent une forte culture de la musique et de la nuit en Belgique… Flandre et Wallonie!"

Tu as commencé la musique dans les années '90, c'est bien ça? Mista Aya: "Oui. J'ai fait mes premiers pas dans la musique avec mon frère de son, Mickael Camara, on chatouillait les djembés et on s'amusait à déchiffrer les sons que l'on écoutait, comme Bob Marley, Burning Spear, Jamiroquai. Mon premier live fut avec Les Alizées, un groupe de musique caribéen qui jouait principalement du steel drum, moi je jouais la cloche, les rythmes soca, merengue, clave. Dans le reggae, j'ai commencé sérieusement en tant que selecta Aya pour le Comanchero Sound et mes premiers 45 tours en 1997, influencé par mon grand frère MC Oliv, qui était déjà activiste dans les sounds, lui animait au micro et moi à la sélection."

Qu'est-ce qui t'a attiré dans le monde du sound system? Mista Aya: "Ma mélomanie aiguë (Rire). Mon tonton Michel avait un jukebox chez lui et il collectionnait les vinyles. Petit, il m'a mis un casque sur les oreilles et dès que j'arrivais chez lui, je voulais écouter du Bob Marley. Quand j'ai pu avoir moi-même des vinyles, je me suis empressé de les jouer! La culture du sound system pour moi c'est très important, on y trouve de la passion, de la rigueur, la possibilité de jouer des sons non commerciaux, de prendre une version instrumentale pour chanter, d'exprimer ses sentiments, ses opinions, ses amours, ses rancœurs."

À l'époque, tu as enregistré des dubplates pour des clashs de sound system. Tu peux nous en dire plus à ce propos? Mista Aya: "Ma première session studio fut pour ma première dubplate, chez Robo Youth avec Kyzer, pour le Good On Fire Sound System de Lille. Les dubplates et les clashs font partie de la culture sound system! Dernièrement, avec Mr Samy nous avons record une dubplate pour le Blues Party Sound de Paris. Le clash est un art, une discipline pas toujours compréhensible pour les novices."

En 2003, tu étais animateur pour l'émission Raggamuffin Attack à la radio sur RQC. Tu peux nous parler de cette expérience en tant qu'animateur radio? Mista Aya: "Je kiffe la radio! Radio Boomerang, Campus Lille, RCV... sont des médias indépendants avec qui je travaille beaucoup pour la promotion des soirées et sorties musicales. Mon histoire avec RQC remonte à ma grand-mère, qui animait une émission là-bas il y a 30 ans. Et en 2003, avec mon frère nous avions notre émission tous les Dimanches soir sur RQC. On parlait des news reggae et dancehall, on recevait des invités, on mettait en avant un artiste jamaïcain et je finissais par un mix live vinyles. J'ai rencontré pas mal de monde là-bas, dont la Jahwed Family."

En 2015, tu avais sorti avec l'artiste hollandaise Leah Rosier, un remix du titre 'Legalize it' de Peter Tosh. Comment s'est faite la collaboration? Mista Aya: "C'est une des chansons de Peter Tosh que j'ai souvent en tête et l'idée d'en faire un remix dubstep me paraissait être une bonne idée. En même temps, ce tune est tellement fat, qu'il me fallait trouver un bon beatmaker pour doser le remix, pour qu'il soit frais, mais sans dénaturer le morceaux original; j'ai donc proposé l'idée à DJ Edsic d'Alouette Street Prod avec la touche de Neotron et c'était bon! Et c'était naturel de proposer ce projet à Leah Rosier, une artiste du label néerlandais Black Star Foundation avec qui je travaille. Quand elle a accepté de faire ce remix avec moi, j'étais irie!"

On a pu découvrir ton morceau 'Montagne d'Or' sur le projet one riddim 'What Is To Come Riddim' qui est sorti le mois dernier. Peux-tu nous parler de ce titre? Mista Aya: "La compilation one riddim 'What Is To Come Riddim' est produite par Move Dem Prod et disponible en téléchargement gratuit! Ayant des origines guyanaise et connaissant la situation là-bas, j'avais le besoin d'écrire à propos de ce sujet. Et ça touche toutes les forêts de la planète et leurs habitants. Cette course à l'enrichissement démesurée, la surproductivité, la surexploitation de certaines matières et la destruction du patrimoine naturel de l'humanité."

Tu es souvent accompagné du sound system belge Irie Nation. Comment avez-vous commencé à travailler ensemble? Mista Aya: "C'est mon selecta officiel! DJ Ludo, Irie Nation Sound! En 2012, il m'a contacté pour la fête de la musique à Tournai. J'ai kiffé son set, il a kiffé mon show et notre collaboration a commencé comme ça. C'est plus qu'un selecta pour moi, il est également un de mes bookers, il me met en contact avec des producteurs, etc. Ludo est authentique et j'écoute ses conseils. C'est important d'être bien entouré artistiquement!"

Mais parle-nous également du Classics Band, parce que tu te produis aussi avec des musiciens? Mista Aya: "Oui. Le Classics Band est un collectif de musiciens gravitant autour de l'association One Love Nation, dont est issu beaucoup d'artistes. Le Classics Band s'est créé au début des années 2000. La création du Classics Band est venue d'une envie de faire un band à la jamaïcaine, pouvant accompagner différents chanteurs avec les codes du reggae dancehall. Étant déjà à l'époque activistes des sound system nordiste, ils sont venus me chercher pour me proposer le projet. Nous étions plusieurs chanteurs au début (Boom Boom B, Akawelo, MC Oliv, MC Kalaye), tous avec nos styles particuliers. Quand tu as posé des textes sur des faces B un moment, te retrouver accompagné par cinq musiciens en live, c'est le top! Et j'aime le travail d'arrangement live. Nous avons autoproduit un premier album intitulé 'Triste Réalité' en 2011, avec mes textes, mais sur des recuts jamaïcains et cette année, nous finalisons un deuxième projet, toujours en autoproduction, avec cette fois-ci nos propres compositions. Mon set live est également réadapter en mode digital acoustique avec Dubrotherz, un mixage entre claviers, guitare basse et drums finger. Isaman à la basse et Manu Lechat au prog et clavier. Et on dub les versions en live!"

Est-ce que tu préfères réaliser tes prestations avec un selecta ou avec des musiciens? Mista Aya: "Ce sont deux choses différentes. Avec un selecta, c'est le MC, la version et le selecta, le feu sacré doit bruler et tu es le seul qui va raviver les flammes. Avec des musiciens, tu peux te reposer un peu plus sur eux, sur leurs solos, mais c'est plus de travail en amont, de répétition et d'arrangement."

Penses-tu que la culture du sound system disparaît avec le temps? Mista Aya: "Ce que les massives aiment en Europe en ce moment, c'est le dub, l'electro dub anglais en particulier. Je le ressens surtout en France, car en Belgique, au Pays Bas et en Espagne, les massives aiment le dub, mais il y a encore un gros public dancehall. Et en Guyane, aux Antilles, le reggae dancehall est encore au top. Le vinyle comme on l'a connu fin des années 90, malheureusement c'est fini. Aujourd'hui, ce sont d'autres supports, mais ça serait top que les plus jeunes jouent du WAV et non pas du mp3 pourri, que ça soit dans le dancehall ou le dub. Non, la culture du sound system ne disparait pas, il suffit de voir le nombre de murs d'enceintes qui se multiplient."

As-tu des futurs projets musicaux de prévus? Mista Aya: "Oui, plusieurs dates, comme ce Samedi 9 Mars à Ixelles avec Natty Jean, le 16 Mars en mode selecta au Bidulle à Lille avec Selecta Fenec, les 22 et 23 Mars avec Sista Sony à Roubaix au Bar Live et au Kilimanjaro à Dunkerque, le 5 Avril avec Dubrotherz au kilimanjaro à Dunkerque, le 6 Avril au Floreo à Bruxelles avec Tekilla Sound, le 12 Avril au Bar Live à Roubaix pour l'Aya Friday Raggamuffin Night et le 13 Avril à La Rumeur à Lille avec Move Dem Sound. Il y a aussi plusieurs projets en préparation avec T Jah, Syao, The Classics Band, Music Machine. Et je suis en préparation de mon deuxième album avec le Classics Band."   Photo: © Ruff n Tof
Mista Aya: "On ressent une forte culture de la musique et de la nuit en Belgique!"

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Mar 06, 2019