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Reggae Geel 2018: Dancehall 101 dans le Bounce
Event ReportAug 08, 2018

Reggae Geel 2018: Dancehall 101 dans le Bounce

By Lord Lyta

Comme on déjà pu le lire dans les articles précédents, l'édition 2018 du plus ancien festival reggae de Belgique a connu un succès indiscutable coté Mainstage, Yard & 18" Corner. Au risque de plomber l'ambiance, le constat était plus mitigé en ce qui concerne la tente Bounce.

Avant tout, il faut avouer qu'à la vue du line-up attractif du Mainstage, aussi bien vendredi que samedi, on a du faire l'impasse sur certains soundsystems du Bounce stage car on ne peut être partout à la fois. C'est donc avec regret qu'on a loupé les belges de Team Damp qui ouvraient les festivités vendredi soir, ainsi que Warrior Sound International. On commence donc avec Heavy Hammer, les "dubmasters italiens" qui comme le nom l'indique, nous gratifieront d'une flopée de dubs avec entre autres Stylo G ou Bounty Killer, mais aussi une sélection de classiques des années '90, du bogle essentiellement, ainsi que des hits reggaeton comme le 'Mi Gente' de J Balvin & Willy William. On entendra aussi de la soca et des hits dancehall plus récents, le public semble apprécier.

Après un tour du côté de la scène principale pour voir Barrington Levy puis Shabba Ranks, retour vers la tente pour un public chauffé à blanc alors que les anglais de Saxon Sound nous livrent une session impeccable, roots et dancehall, en attendant l'apparition de la dancehall diva, Spice, qui comme à son habitude, nous aura réservé le show le plus chaud du weekend, on vous épargnera la liste des hits qu'elle aura performé ce soir-là, vous les connaissez tous. Et on peut dire que son show est au point, sa voix porte loin et ses tunes claquent parfaitement, live comme en studio.

Pour finir ce premier jour, elle invitera bien sûr un vaillant jeune homme du public à monter sur scène et danser avec elle (il s'en souviendra surement encore longtemps) puis une dizaine de demoiselles à performer un genre de 'human centipede' version dancehall. Avec son humour, sa personnalité et ses lyrics sans équivoque, Spice est une vraie bête de scène et sait exactement comment divertir un public. Les performances des artistes en soundsystem sont toujours la cerise sur le gâteau dans le Bounce, et on repartira rassasié ce vendredi.

Le samedi, c'est au tour du sound de Louvain, Beatstreet, de remplir la tente dancehall. Il fait beaucoup trop chaud en plein soleil, et leur sélection saura nous rafraichir avec du dancehall récent, des nouveautés des mois derniers et des hits des deux ou trois dernières années. Et le public leur donnera raison, les 100 personnes présentes au début de leur set se multiplieront par cinq au bout d'une heure.

Le manque de nouveautés dans les sélections, c'est en effet le principal reproche qu'on puisse adresser aux soundsystems qui auront eu le contrôle des "platines" tout au long du festival: Combien de fois allons-nous encore devoir entendre 'Murder She Wrote' ou 'Limb By Limb', morceaux entendus chacun au moins trois/quatre fois par jour. Pas questions donc de perdre son temps à écouter la sélection maladroite de l'anglaise Becca D. qui ressemble à une compilation 'Dancehall 101'… On reviendra quand pour Uphill et leurs dubs qui tuent, ainsi que pour Uman et Selecta Killa pour une grosse dose d'énergie avec le soleil qui tape toujours, les belges dominent le Bounce aujourd'hui (comme souvent) et connaissent bien leur public.

Le jamaïcain Freddie Krueger n'impressionne pas vraiment avec ses cris et mixes à l'arrache, King Addies et Sentinel relèvent le niveau en alternance mais c'est Gappy Ranks et son nouveau projet Sound Gappy qui remporteront la palme de l'ambiance. Et s'ils ont eux aussi joué des classiques du dancehall très connus, ce sera en version dubplate pour notre plus grand plaisir.

Ce sera aussi la fin de ce reportage, la journée ayant été chaude, les concerts incroyables sur le Mainstage et les soundsystems du Bounce un peu décevants à cause du manque d'originalité dans les sélections. Les sounds belges ont su néanmoins tirer leur épingle du jeu, avec une mention spéciale pour Beatstreet.

En espérant un line-up plus aventureux dans le Bounce l'année prochaine et plus d'artistes live en soundsystem, la 40eme édition de Reggae Geel reste globalement explosive. Et si les vibes étaient plus mitigées dans la tente, les amateurs de dancehall ont pu se rattraper avec Shabba, Cocoa Tea, Barrington Levy ou encore Johnny Osbourne sur la grande scène. Photos: © Rik De Blick & Selecta Sweetback
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DancehallRagga

Published

Aug 08, 2018