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Hotel Jamaica @ Mango/Ikon: cyaan believe mi ears!
Event ReportMay 12, 2018

Hotel Jamaica @ Mango/Ikon: cyaan believe mi ears!

By Lord Lyta

Le retour du 'royal sound' Civalizee Foundation, Bounty Killer pour un show exclusif dans le royaume, Mango en version XL, cette soirée était pleine de promesses et les massives de Belgique (ainsi que beaucoup de français) ont répondu présent à l'appel du Warlord.

Une telle affiche place la barre assez haute: Bounty Killer & les dancehall massives (à Anvers mais aussi dans le reste du monde), c'est avant tout une histoire d'amour. Et comme pour tout rendez-vous amoureux, les attentes sont hautes et les déceptions peuvent être douloureuses.   C'est donc plein d'espoir que nous arrivons (en retard) dans ce temple (temporaire) du Dancehall. Le IKON est plein à craquer, le dancehall coule à flot et on en oublie presque la seconde salle dédicacée au roots, dub et rub-a-dub dont l'hôte n'est autre que le soundsystem dont la réputation n'est plus à faire dans le domaine des basses lancinantes et des rythmiques dépouillées qui claquent, Blackbird Sound System. Hélas, Civalizee allait commencer son set donc retour rapide dans la salle Dancehall.

Buda (aka. Tommy Milfnikka) n'a pas changé (mais bon, on ne l'avait pas vraiment perdu de vue avec ses aventures Soul Shaker-esque) tandis que Flex & Jess nous reviennent, eux, tous deux blond-platine! Et derrière les platines, ils n'ont pas changé, combo de choc, killer dubs que le public connait par cœur. Pour la plus grosse partie de leur set, le feu est toujours là. La fin sera un peu plus mitigée mais tout le monde s'en tape… alors on danse!

Bounty Killer n'est pas venu seul et son entourage débarque sur la scène, on reconnait entre autres le producteur Jazzwad ainsi que l'acolyte de longue date du Warlord, Nymron, un artiste qui, du temps où les 45 tours dancehall étaient monnaie courante, se retrouvait souvent sur la face b d'un track du Killa, ou même en combo avec ce dernier. Sa prestation ce soir ne surprend pas, ses tunes ont toujours été assez faibles, il faut l'avouer, et la restitution live est encore pire. A partir de cet instant, on peut aussi se rendre compte (si ce n'était pas déjà fait) que le son de cette grande salle va être le problème majeur de la soirée.

C'est donc maintenant au tour de Rodney Price de prendre le micro: Il est électrique, énergique, mais le reste ne suit pas. Les riddims sont inaudibles, le selector pas du tout en phase avec l'artiste et l'entourage ne sert pas à grand-chose si ce n'est encombrer le podium. Le Warlord ne perd pas la face et enchaine ses hits malgré un son désastreux, certains de ses big tunes sont vraiment gâchées et perdent tout leur potentiel. On aurait presque préféré un concert a capella. Avec tant de selectors présents dans la salle, ça fait mal de voir une telle incompétence derrière les platines. Enfin, bravo quand même au 'poor people governor' qui ne s'est pas déstabilisé malgré les soucis techniques. Encore une visite chez Blackbird pour se rappeler comment une basse sonne quand elle est bien mixée puis direction le premier tram du matin.

"Les histoires d'amour finissent mal, en général!", comme chantait l'autre, et c'est évidemment avec un peu de déception qu'on ira se coucher. Bien sûr, Bounty Killer & le dancehall restent dans nos cœurs à jamais. Le concept était fantastique et il n'y aucune animosité à l'égard de Mike, Music Got Soul, Raw Dancehall, Civalizee etc. Ils ont fait un travail de géant pour mettre cette soirée au point et ne méritent que des big up's. On attend avec impatience ce qu'ils nous préparent pour une prochaine nuit dans l'Hotel Jamaica, qui reste encore l'hôtel plus sympathique du monde.
Hotel Jamaica @ Mango/Ikon: cyaan believe mi ears!

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May 12, 2018