Les amateurs de dancehall les plus pointus connaissent très certainement cet artiste. Les fans de dancehall plus occasionnels ne sauront peut-être pas qui est Mr Easy, mais reconnaitront son flow et sa voix. En effet, depuis les années '90 ce singjay a sorti nombre de titres à succès pour différents producteurs, mais juste un seul album. Cette année, il a donc compilé certains de ses travaux les plus récents en un album de qualité intitulé 'Dancehall Chronicles'. Cet album, il l'a sorti sur son propre label Asid Reignz Music en tant qu'artiste indépendant.
Un petit tour et une recherche sur un site comme Riddimguide.com vous permettra de constater le nombre de riddims à succès sur lesquels il a posé: l'éternel Buy Out riddim de Tony Kelly, Seasons riddim, Red Alert Riddim, Surprise riddim, Military riddim... C'est donc un réel poids lourd du dancehall qui présente ici ses chroniques. Dans cet album, on retrouve forcément pas mal de riddims qui ont une vibe à l'ancienne. C'est bien le cas de 'Hotta Dan Dem', de 'Surprise', de 'Camel Toe' ou du combo avec Agent Sasco 'Love Dem Bad', un duo classique chanteur/deejay qui fonctionne bien. 'Medina' est une histoire de régime, une chanson au contenu rasta. En featuring avec le jeune Alandon, Mr Easy y chante sur cette mystérieuse 'Medina' qu'il boit le matin au réveil, sauf quand il choisit une boisson à la spiruline, ainsi que des louanges qu'il accorde quotidiennement au Seigneur.
Autre invité de marque sur ces album: Beenie Man pour encore ce mélange de styles entre un chanteur et un deejay dans 'Fly Away'. Plus loin, Mr Easy accouche d'un titre plutôt drôle. Dans 'The Don', il explique pourquoi les filles l'apprécient et l'adulent autant, avant de se lancer dans un flow qui rappelle le yodel des chants traditionnels autrichiens. Original!
D'autres riddims sont plus contemporains. C'est le cas du single 'Gone A Lead' posé sur le Wicked Up riddim de Notnice Records, un titre qui a connu un franc succès dans les dancehall récemment. Autre titre en vogue, c'est 'Party Time', le featuring avec Christopher Martin: deux belles voix, l'une jeune, l'autre plus ferme mais mélodieuse, un riddim planant mais énergique, fait pour le booty shake.
Qui dit dancehall ne dit pas forcément que des chansons pour les filles, Mr Easy a également des messages à faire passer, sérieusement. 'No Mercy' est encore une fois un appel contre la violence récurrente parmi la jeunesse de Jamaïque. Dans 'Certain Friends', il se plaint qu'il est malheureusement de plus en plus difficile de savoir à quel ami faire confiance. Les amitiés semblent se retourner à toute vitesse dans certains milieux...
'Dancehall Chronicles' se clôture sur 'No Work', un titre complètement délirant avec un riddim envahi par des sons électros et l'artiste fou Tanto 'Real Rich' Blacks et son deejay-style tout à fait spécial.