Vendredi dernier, Squal, activiste reggae à Bruxelles, et l'Asbl AthomePoker organisaient une soirée-concert en soutien aux victimes du dernier ouragan à Haïti, terre caribéenne régulièrement touchée par les colères météorologiques.
Dès son annonce, cet évènement a rencontré l'engouement de plusieurs acteurs du monde du reggae, ce qui a permis de rassemble un plateau exceptionnel à la Marina à Anderlecht. Squal explique : "J'avais programmé deux artistes et j'ai commencé à avoir des appels de plusieurs sound systems, selectas, musiciens, qui se proposaient de soutenir le mouvement et de venir jouer gratuitement. J'étais complètement enthousiaste de voir que dans le reggae, la solidarité est une valeur qui se vit, que ce ne sont pas juste des mots."
La soirée commence vers 20 heures par Mista Aya, accompagné d'Irie Nation aux platines. Il y a encore peu de gens et l'artiste enchaîne ses morceaux devant un public encore assez calme. Avec une belle prestation de Mista Aya et de son selecta Irie Nation, c'est quand même décevant de voir que le public n'était pas si nombreux et surtout, pas très motivé. Une partie du public, il faut le dire était là pour l'action Haïti mais n'était pas réellement un public de raggamuffins...
Place à Original Uman, qui arrive lui sur scène avec ses deux guitaristes. Le public a l'air d'apprécier ce show acoustique et se rapproche de la scène. L'artiste joue plusieurs morceaux qui enflamment le public, comme 'Réalité', 'Elle Dit' ou encore 'Marie'. Les ganja tunes ont fait doublement plaisir puisque l'on pouvait fumer dans la salle. Le mélange de la voix rude du Dancehall Punk et des guitares acoustiques offre un mélange intéressant, alliant délicatesse et rudesse.
C'est au tour de Mardjenal de monter sur scène. Mais avant cela, son selecta The Rezident va faire passer une petite sélection, avec des titres comme 'Champ De Rose' de Danakil, 'Au Final' de Volodia et le dernier morceau avant de commencer le live, le petit rituel de The Rezident, 'One Love' de Bob Marley. Mardjenal arrive sur scène et dès le premier tune, le public est réceptif, motivé et accueille chaleureusement l'artiste. Il emporte le public sur les titres 'Smile', 'Je Danse', 'Make It' ou encore 'Love', avec un The Rezident plus que bouillant! Pour finir, Mardjenal explique ce qu'est une improvisation et passe à la pratique en demandant au public de lui apporter des objets. Il se retrouve avec une dizaine d'objets dont il doit inclure le nom dans son freestyle et réalise une belle improvisation encouragé par le public. Pour sa première fois à Bruxelles, l'ambiance était au rendez-vous.
L'avant dernier artiste a passer sur scène, c'est Papa Style, accompagné d'un choriste et de Eurosia Sound. L'artiste arrive en forme et nous offre un très bon show, qui fait plaisir aux oreilles mais aussi aux yeux. C'est un beau jeu de scène, carré et ils mettent le feu sur des titres comme 'Back In Town', 'Solide' ou encore le fameux 'Yes Papa'. Papa Style va tout faire pour chauffer le public, que ce soit en montant au-dessus d'un baffle ou en faisant s'asseoir tout le monde pour les faire jumper ensuite. Papa Style et son équipe sortent de scène mais reviennent quelques secondes après sous les cris du public qui en redemande. Ils remontent sur scènes pour refaire quelques morceaux, notamment 'Hors Contrôle' et d'autres...
C'est un public bouillonnant qui attend Atomic Spliff et leur band. Les musiciens sont sur scène avec le flag man, et les deux toasteurs Daddy Cookiz et Stoneman démarrent avec le titre 'Movin'. Le public est déjà conquis! Stoneman descend de la scène à plusieurs reprises pour aller chanter dans le public, sur 'A Fond', 'Personne', 'Ras Attack' et il fait même chanter une petite fille qui était là sur 'We Ah Digital'. Atomic Spliff est à l'aise sur scène, ils savent mettre le faya! Les musiciens font une bonne prestation et font leur effet. Atomic Spliff termine sur le titre 'Faut Pas Tester' et là encore s'est un public surmotivé qui répond présent. L'organisateur et Atomic Spliff appellent ensuite tous les autres artistes à faire un freestyle final. Un freestyle de taille! Le riddim est joué par les musiciens et les artistes envoient des rafales de flow et le mariage vocal des artistes est magique.
Le public aurait pu être plus nombreux pour soutenir une telle initiative. Mais quoi qu'il en soit, les fonds qui ont pu être récoltés seront directement reversés à l'association ORE (Organization for the Rehabilitation of the Environment) directement via un Belge qui en fait partie. Cette organisation a pour but principal l'amélioration des conditions écologiques, agricoles et économiques. Ce dont Haïti a besoin après la catastrophe que le pays a connue.