
Beenie Man ne fait en général pas les choses à moitié. Et quand il s'agit d'album, il sait faire des breaks... Si je ne me trompe pas, son dernier travail en format long datait de 'Undisputed', il y a 10 ans. L'album 2016 était donc attendu, et s'est fait attendre avec une date de sortie annoncée, dépassée, repoussée. Il est finalement sorti cet 'Unstoppable'.
Ceux qui ont attendu sont récompensés de 22 titres. Avec une quantité de surprises, d'exclusifs, de featurings... Comme ce travail d'équipe monstre sur 'Call The Crew' avec Agent Sasco et Sizzla: une rencontre de géants. Et Beenie Man n'a pas lésiné sur les cartons d'invitations: Bounty Killer posé également sur l'album avec 'Blue Steel', une histoire de guns et de police... Avec Akon, sur une ballade à la guitare électrique, il chante le titre éponyme de l'album 'Unstoppable', une vibration tout à fait différente, plus américaine.
C'est que les styles abordés dans cet album sont variés. Le dancehall reste le point de départ, mais dans les instrumentaux, on retrouve aussi plusieurs titres qui tendent vers le style "tropical-house" ou dancehall américanisé, qui fonctionne correctement sur 'All Eyes' mais est complètement exécrable sur 'Stuck On You' en featuring avec Verse Simmonds. Une autre horreur comme Beenie Man sait les faire est 'Dancing Mood'... On se demande comment Beenie et Tarrus se sont mis d'accord pour poser sur un instrumental disco au lieu de nous faire quelque chose de propre.
Ce qui est le plus intéressant dans les genres abordés sont les styles inspirés du trap ou de la dubstep, notamment grâce à un travail avec Major Lazer. 'I'm The King' est bourru mais efficace, avec grosses infra-basses, montées de BPM et sons spacieux. Une technique à la mode et efficace que Beenie a exploité sur plusieurs titres 'Bun It Up', 'Play' ou sur 'Mash It Up', dont le lyrics est réellement inspiré de la culture des sound systems, avec des interventions du selector Rory de Stone Love.
Le reggae est mal représenté sur cet album. Mais ce genre n'est pas vraiment celui qui le "King of Dancehall" maîtrise le mieux... Quoi qu'il en soit, Beenie Man est venu affirmer avec cet album que 'We Run Road', qu'il est toujours en tête du peloton quand il s'agit de faire bouger le dancehall.