
By Irie Nation
Elle s'était montrée plutôt discrète ces derniers temps, notre bad gyal préférée. Certains l'avaient pensée reléguée au second plan par de jeunes dancehall queens aux dents longues. Mais Ce'Cile n'est pas le genre d'artiste qu'on pousse de côté aussi facilement. Et le talent est fait pour durer plus longtemps qu'une décennie.
Voici donc un tout nouvel album: 'Diary Of A Journey'. Il est plutôt court. Onze titres seulement. Dommage car après les avoir écoutés on en voudrait plus. La qualité est en effet au rendez-vous, avec une petite touche de provoc' gentille et un zeste de glamour. Sur cet opus, Ce'Cile ne suit pas les tendances actuellement à la mode mais retrouve des riddims reggae et dancehall fortement inspirés des canons traditionnels du genre, mais avec une touche moderne. Elle ouvre donc avec un riddim reggae avec un skank lent mais une batterie vivifiante. 'Love It', dans lequel elle rappelle son amour pour les rude boys, de Kingston à Londres, mais elle apprécie quand même quand son badman chéri prie Rastafari. Le titre suivant, 'Money Mood', est posé sur un one-drop plus classique et est un requiem contre l'amour intéressé par l'argent. Un thème qui va à l'encontre de tant de textes actuels dans le dancehall où l'on glorifie le "Dieu Dollar". Plus loin, on retrouve des thèmes romantiques, dans 'Rain' ou 'Necessary', Ce'Cile démontre son talent pour les chansons d'amour, avec des textes purs et matures. Ce doit être l'effet de l'âge. Ce'Cile privilégie les thèmes des vrais sentiments. 'High School' est un morceau obsédant. Musicalement, il commence avec un skank et une batterie digitale, un genre d'hybride reggae-dancehall. Ensuite sur les refrains, la rythmique a quelque chose qui tient du r&b avec une guitare classique qui rajoute un coté naturel au morceau. Son chant est planant, ce qu'accentue d'ailleurs le mixage, et alterne avec des gimmicks. Un morceau réellement bien construit. Finalement on ne retrouve que 4 titres dancehall sur cet album. Ce'Cile s'est-elle définitivement assagie? Que nenni. Elle tient à l'affirmer dans 'Complete'. Elle y affirme qu'elle sait se tenir en société mais reste toujours une Bad Gyal sous la couette. Sur ces quelques morceaux, les riddims sont du dancehall à l'ancienne, de l'école de Steely & Clevie on pourrait dire, avec une batterie très sèche et qui martèle le rythme. A l'ancienne également, Ce'Cile reste coquine sur certains morceaux mais s'abstient d'être vulgaire ou inutilement provocatrice. Les titres 'Mini', 'My Mood' et 'Nikki' sont construits pour faire la fête de manière "clean". Ce'Cile ne tient peut-être plus le haut des charts mais sa musique a pris de l'ampleur et de la maturité et cet album est largement recommandé!