Avec leurs concerts doubles, Reggae Holland et Music Got Soul servent chaque fois une affiche variée et surprenante et ce n'était pas différent cette fois-ci. Mais, même avec une telle offre, il semble difficile de remplir le Petrol un jour de semaine car l'affluence des fans de reggae n'était vraiment pas massive jeudi dernier.
Pour Etana, on peut être bref: la chanteuse a grandi ces dernières années en ce qui concerne l'occupation de la scène: elle apparaît nettement plus sûre d'elle sur scène. La chanteuse était surtout venue pour la promotion de son nouvel album 'I Rise', y compris naturellement un stand promotionnel, où elle a, après le concert, volontiers signé et posé pour le fans. Etana a ouvert son concert de manière impressionnante par une version a capelle de 'Selassie Is The Chapel' (voir aussi Bob Marley) qui figure aussi comme plage d'ouverture de son album 'I Rise'.
Ensuite, on a eu droit, tour à tour, de numéros de ses albums précédents ('Jah Chariot', 'Reggae', 'August Town', 'Blessing') et des morceaux de 'I Rise' ('On My Way', 'Ward 21 (Stenna's Song)', 'Love Song' ), le tout présenté de manière impeccable.. Avec 'Steppin' Out Of Babylon' (Marcia Griffiths), c'était tout à coup toute une série de reprises dont nous retenons surtout 'You Don't Love Me (No No No )' finissant en une "outro" dub délicieuse.
Les fans attentifs de reggae avaient entre-temps remarqué aussi Fantan Mojah au Petrol et, quand Etana a entonné son 'I Am Not Affraid', un numéro qui, vu les récents événements en France et en Belgique, a acquis une dimension lérgèrement différente, le singjay est monté pour une première fois sur le podium pour donner, avec 'Most High Jah', sa version à lui du Rub A Dub riddim.
Ainsi s'est conclue la prestation d'Etana, mais le public enthousiaste reçoit ce qu'il demande, à savoir, comme bis, un mix nyahbingi de 'Rastaman Chant' et 'Rivers Of Babylon'. Vraiment dire "au revoir", Etana le fait avec 'Roots' et 'Better Tomorrow' qui inspire l'espoir. Femme de classe et un talent vocal inné!
Et puis, bien sûr, il est temps pour le vétéran Michael Rose à monter sur le podium du Petrol. L'ex figure de proue de Black Uhuru allait donner un concert plein de classiques de Black Uhuru et, tout à propos, a lancé le set avec 'Shine Eye Gal', traditionnellement suivi de 'Plastic Smile'. Rose a amené son propre groupe et cela se sent: leur jeu rigoureux se rapproche de temps en temps dangereusement près du sound avec lequel Black Uhuru a catapulté Sly & Robbie vers la gloire éternelle dans le temps.
Ce n'est pas qu'il n'y avait pas du tout de petits défauts de beauté dans le set: Rose se prend les pieds dans le tapis une première fois dans 'Black Uhuru Anthem', qui sonne plus faux en live que dans le premier crochet venu. Un regrettable faux pas que Fantan Mojah s'est empressé de corriger rapidement. Le choix des morceaux pour la deuxième moitié de son set était un peu douteux aussi. Ensuite, nous avons encore droit à 'I Love King Selassie', 'What Is Life' et, évidemment, l'obligé 'Guess Who's Coming To Dinner', mais après, le chanteur opte pour une série de numéros à lui ('Shoot Out', son duo avec Damian Marley, 'Born Jamaican') pour conclure avec un véritable viol sur les classique Marleyiens 'War' et 'Natural Mystic'.
C'est ainsi que la saison reggae est de nouveau en route, mais un tapis de neige fraîche montre qu'un torride été festivalier est encore loin.