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Reggae Geel 2012: best edition ever
Event ReportAug 04, 2012

Reggae Geel 2012: best edition ever

By Irie Nation

La programmation du Festival Reggae Geel nous faisait déjà supposer que ce serait une édition historique, et pas seulement parce que nous fêtons les 50 ans de l'indépendance de la Jamaïque.  L'affluence a battu les records, les concerts étaient mémorables, l'organisation carrée : merci aux promoteurs de ce formidable événement.

Une des raisons de ce succès, était la venue le vendredi soir du "big bad dutty stinkin" Shabba Ranks, pour un concert exclusif en Europe.  Avant cela, les vainqueurs du concours sur vi.be, Skylarkin' et Jahwed Sound avaient donné le coup d'envoi du festival, chauffant la foule pour le concert de Uman.  Celui-ci a donné une très bonne prestation, gardant le niveau bien haut pendant les 60 minutes de son set.  Il a été suivi de deux deejays qui ont fait leur temps dans les années '80 : Peter Metro & Squiddly Rankin.  Sur des riddims d'époque, ils ont posé leur lyrics, un show que les amateurs du genre ont apprécié mais qui a été moins bien reçu par le grand public.

 

Au même moment, dans le Skaville Circus, la Studio One Revue avait commencé, avec Soul Stéréo aux platines et au micro Alpheus, Carlton Livingston, Winston Francis, Lone Ranger et Jim Brown.  Quel plaisir, d'entendre ces voix en live, surtout sur des versions originales de riddims Studio One.

Avec des titres comme From Creation, Alpheus a captivé l'attention du public, une attention qui n'allait pas baisser tout au long de ce Tribute au plus célèbre des labels jamaïcains.  Winston Francis aka Mr Fix It le suivait sur scène, visiblement de très bonne humeur avec un sourire jusqu'aux oreilles.  Il nous a emmenés en voyage vers les années '60 avec des hits comme 'Ten Times Sweeter than You' et  naturellement 'Mr Fix It'.  Winston nous a dit de ne pas oublier les légendes du reggae et il a rendu honneur à Gregory Isaacs avec 'Number One' et à Dennis Brown avec Love and Hate.  "I might be going bald in the back but I'm still a Rastaman", nous assure Winston Francis.  Et je pense que personne dans le public n'en doute plus, après l'avoir entendu chanter 'Let's Go to Zion', un moment magique qu'il a prolongé avec 'Three Little Birds' et 'Satta Massagana' et qui a culminé avec un a capella de  'Redemption Song'.  Après un big up à Fatta de Soul Stéreo à la tour de contrôle, il nous quitte sur l'air de 'Dem Girls'.  Il passe le témoin à Carlton Livingston, qui a trouvé le truc pour faire réagir le public : "I'm an old man so I can't hear very good".  Les vibes sont restées au meilleur niveau avec ses classiques comme 'Lonely Man' et 'Armagideon Time'.  Très vite, Jim Brown le remplace, avant de rappeler sur scène pour un featuring sur 'Mr Music Man' puis d'enchainer en dans son style deejay caractéristique avec 'See Him Deh'.  Nous n'avons pas pu voir la fin de ce superbe plateau Studio One : c'est avec un déchirement au cœur que nous avons décidé d'aller voir le concert exclusif de Shabba Ranks.

 Avant que celui-ci ne vienne nous montrer de quel bois il se chauffe, Cham (autrefois connu sous le nom de Baby Cham) se produisait dans le Bounce Dancehall.  Cham jouit actuellement d'une très grosse popularité dans son pays et a d'innombrables hits à son actif : 'Ghetto Story', 'Man & Man', 'Babylon Bwoy', 'Vitamin S', 'Monopoly' …:  Nous les avons tous entendus, dans un show carré et énergique, avec un Cham au top au niveau de la voix.  Après un One Love dont on se serait bien passé, il a invité sur scène la chanteuse appelée « O » qui est sa partenaire sur plusieurs nouveaux morceaux comme le N°1 Hit 'Wine'… Dommage que la demoiselle se contente de faire du play-back.  Il a clôturé avec Stronger et a laissé un public hors d'haleine attendre Shabba.

Shabba!

C'était l'heure de la star du soir : après quelques hésitations et un peu de retard, les musiciens de Shabba sont montés sur scène pour faire résonner quelques riddims et Shabba est apparu, en costume complet, apparemment bourré d'énergie et prêt à la dépenser avec nous.  Malgré que Shabba ait un nombre incroyable de hits en Jamaïque ainsi que quelques-uns qui se sont classés dans les charts mondiaux, il n'a joué qu'une seule fois en Belgique, aux environs de 1993 dans la Magdalenazaal à Bruxelles.  Reggae Geel l'a invité pour un show exclusif, avec pour résultat un nombre incroyable de festivaliers présents dès le vendredi.  Son set a été carré mais il n'a capté qu'une partie du public, les plus jeunes accrochant probablement moins.  Aisha Davis, qu'on connaît pour son tune Murder, l'a rejoint pour l'accompagne de sa belle voix sur 'Mr. Loverman' et 'Twice my age'.  Un choriste masculin l'a ensuite rejoint pour jouer le rôle de Cocoa Tea dans les nombreux tunes qu'il a enregistré avec Shabba : Tune In, Pirates…  Entre Raggamuffin et Roots'n'Culture, Shabba nous a gâté d'une fantastique nuit d'ouverture pour ce festival. Him deyah!

Le samedi, tradition oblige, quatre sound systems belges se sont relayés toute la journée pour faire perdurer la fête.  A noter, le passage des Rupelsoldaten, en fin d'après-midi qui ont littéralement fait exploser la tente, avec un public chantant leur chansons en entier.  Une belle récompense pour le travail de ce crew. Big up!

Pour clôturer la fête dans le Dancehall, Reggae Geel avait choisi Downbeat The Ruler, vétéran de tous les sound systems de New York.  Il ont joué de bons tunes et de bonnes dubplates mais sans vraiment faire réagir le public.  Le set de Leroy Smart aux alentours de 2 heures a vraiment tué la vibe, tout comme au Garance Festival où Lloyd Parks et le We The People Band a dû sauver les meubles.  En sound system, Mr Smart «était tout aussi kitsch et à côté de la plaque et son set s'est terminé en queue de poisson.  Les massive attendaient plutôt un sound qui pourrait mettre en place une teuf magistrale pour la fin du festival.
Who has a long ding-dong?

Sur la scène principale, les Bruxellois du groupe Sunrockers ont ouvert les festivités dès 13 heures, sous un soleil radieux.  Nous avons déjà parlé de ce groupe lors de leur victoire au Benelux Reggae Contest en février dernier. 

Tanya Stephens a directement envouté le public avec ses vibes sexy et toutes jamaïcaines.  Elle est une habituée de la scène et elle s'y mouvait de manière toute relax, prenant le temps de rigoler avec le public.  "Who has a long ding-dong?" Quelques centaines d'hommes ont levé la main, "Well, rip it out then!". Tanya a un sujet principal dans ses chansons : les hommes, comment les séduire et comment les comprendre.  Elle était en tout cas complètement détendue à Geel et prenait visiblement plaisir de l'interaction qui s'était créée avec le public.  Tanya est une femme forte et talentueuse, elle nous a quittés avec 'It's a pity'. We love Tanya.

Le package Pablo Moses / Mighty Diamonds a déjà souvent tourné en Europe.  Cette fois-ci, ils étaient accompagnés du Handcart Band de Marseille.  Ce groupe maitrise parfaitement les riddims et délivre un son plein et puissant, plus rock que le son du We The People Band ou d'autres groupe jamaïcains.

Pour les Mighty Diamonds, nous vous réfèrerons à notre compte-rendu du Garance Festival : leur set était identique.  'Party time', 'Poor Marcus', 'Rise up', 'Right time', 'Have mercy', 'Africa' et 'I need a roof': des classiques du début à la fin.  'Tamarind Farm', une petit chef-d'oeuvre de Sly & Robbie nous a été servi avec un dub de bonne qualité et des solos de chaque membre du groupe.  Finalement, avec 'Pass the kouchie', ils ont fait se lever tout Geel, la foule remplissait déjà la plaine jusqu'à haueur de la tour de l'ingénieur son, malgré l'heure encore avancée.

Tout comme Max Romeo, Pablo Moses tourne depuis un quart de siècle avec les mêmes chansons, de très belles chansons, qui perdent cependant de leur charme avec l'âge.  La voix de Pablo s'éraille et je pense que s'il continue à chanter, on en sera lassé un de ces jours…  En attendant, 'Pave the way', 'A song', 'Dubbin' is a must', 'I man a grasshopper', 'Ready Aim Fire' sont naturellement tous des titres de roots authentiques qui ont connu un certain retentissement parmi le public et ont l'immense qualité de chacun posséder un riddim original.

Folly ranking!

Pour beaucoup, le plat de résistance du festival Reggae Geel 2012 était servi à 18 heures.  Bob Andy, Johnny Osbourne et John Holt avec le We The People Band de Lloyd Parks.

Bob Andy est un des plus grands paroliers que la Jamaïque ait jamais connu, même s'il n'a sorti qu'un seul album classique (Songbook sur Studio One), et encore, c'était une compilation de singles.  La plupart des titres qu'il nous a présentés sont issus de cet opus : 'Unchained', 'Desperate lover', 'Feeling soul', 'Too experienced', avec en plus 'Fire burning' et 'Life'.  La voix de Bob Andy sonnait moins bien que lors de son concert une semaine auparavant en France et comme il n'avait pas Marcia Griffiths à ses côtés, il n'a pas chanté 'Young gifted and black'. Mais cela nous a quand même fait plaisir de voir cette légende vivante à Geel.   A la fin de son set, Winston Reedy, Dennis Alcapone et Winston Francis sont apparus sur scène, juste pour quelques minutes… Ils «étaient apparemment en tournée avec Pablo Moses et les Mighty Diamonds et étaient donc présents au festival.

Tout comme au Garance, Johnny Osbourne est monté sur scène avec 'Rock it tonight', sur le riddim  Heavenless. Sur sa playlist on ne trouve que des riddims connus, des riddims que Johnny a soigneusement sélectionnés pour y poser des chansons spécialement écrites pour ces riddims : Far East, Stalag, Solomon, Joe Frazier ('Icecream love'!), Sleng Teng, Take it easy, Take a ride, ce dernier étant plus connu dans sa version moderne ('Truths and rights') que dans la version originale d'Al Campbell.  Il nous a comblés avec 'Purify your heart', une chanson réellement universelle, suivie d'un 'Folly ranking' en mode uptempo, un classique des dancehall à l'époque.  'Buddy bye' a bien sur reçu un accueil bruyant mais des tunes comme 'Yo-Yo' et 'Ain't gonna break my promise' sont également passés comme des lettres à la poste.  Osbourne nous l'a aussi joué en dub plate style et a prouvé qu'il mérite son titre de  king of rub-a-dub.  Il est pour nous un des plus grands chanteurs jamaïcains et il est sans conteste un tête d'affiche de valeur pour tous les festivals reggae d'Europe.

Mais c'est surtout John Holt qui nous a le plus ému.  S'il est déjà passé en Belgique, cela devait être il y a très longtemps.  En tout cas, peu de fans avaient eu l'occasion de le voir en live.  Avec ses chansons simples et ses douces ballades, il nous a envoûtés.  Quelle voix !  Et 1001 hits, dont la moitié au moins sont des reprises ('If I were a carpenter', 'Help me make it through the night', 'Never never never' …) et le reste des tunes qui comptent parmi les plus belles perles du reggae : 'Love I can feel', 'Stealin' stealin'', 'Stick by me', 'Sweetie come brush me', 'Tide is high' (des Paragons, formation don't il faisait partie dans sa jeunesse), 'On the beach', 'Police in helicopter' (Pull up!), 'Tribal war', 'Ali Baba' …  Ce n'était que du pur plaisir !

Sweet Jamaica

Alborosie est un valeur sure dans le monde du reggae et possède assez d'expérience pour pouvoir étonner le public à chacun de ses concerts.  En ouverture de son concert, Ikaya, une jeune chanteuse de Kingston nous a charmés par son énergie et sa voix.  Le public par contre devait être fatigué car il n'a que très peu réagit à ses efforts.  Le show d'Alborosie, quant à lui était, comme à l'habitude, assez varié.  Il nous a resservi quelques-uns de ses hits mais a quand même laissé assez de place pour de la nouveauté.  Grosse surprise en milieu de show, quand la musique du film The Godfather a retenti, et qu'Alborosie le Sicilien a commencé à nous interpréter un morceau d'opéra.  Bizarre, mais cela ne sonnait pas mal en tout cas !  Alborosie a axé ses critiques sur les politiques, ceux qui luttent contre la ganja, ainsi que contre la mafia dans sa patrie, une prise de position courageuse et osée.

Mr Vegas est également un habitué des scènes belges.  Et pas pour rien : à chacun de ses concerts, il se donne à fond.  Il maitrise l'art du dancehall, qu'il saupoudre toujours d'une bonne dose de reggae et de quelques touches de gospel, de reggaeton ou de soca.  Vegas est une source inépuisable d'énergie et les hits ont fusé les uns après les autres à Geel.  Fast jugglin'! Son titre 'Sweet Jamaica' est celui que les gens ont adopté comme hymne pour les 50 ans de l'indépendance de la Jamaïque.  Fierté nationale oblige, il a rendu un hommage aux athlètes jamaïcains qui participent brillamment aux Jeux Olympiques. 

Mr Vegas a ensuite relâché la pression, nous gratifiant de quelques morceaux de son nouveau double-album, dont une version de 'Israelites' ('Give me a light', un ganja tune bien rigolo) et une de 'You can get it if you really want it' (un reality tune 'Thing ruff').  Vegas a pris congé de la foule avec son dernier hit : 'Bruk it down', agrémenté d'une démonstration de danse d'une très belle jamaïcaine, qui bougeait son derrière plus vite que son ombre, que ce soit debout sur les pieds ou sur la tête… Vegas nous a offert une fantastique célébration des 50 ans d'indépendance de la Jamaïque.

Et Tiken Jah Fakoly alors ?  C'est à lui que revenait l'honneur, tout mérité, de clôturer cette superbe édition de Reggae Geel.  Mais nous aurions, cette année, préféré un final 100% jamaïcain et puis on a déjà tellement souvent vu Tiken Jah en Belgique….

(Report by Katrien, Ruby Roots, Natty & Jah Shakespear)

(Pictures by Rik De Blick) 

Reggae Geel 2012: best edition ever

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Aug 04, 2012