
Ceux qui, ce week-end, ne se trouvent pas à Bree pour le Festival Afro-Latino, a pu savourer hier un concept reggae unique, le top soundsystem Beljam Civalizee Foundation live (!) avec Asham Band. Pendant des semaines, on a tenté de s'imaginer ce que cela allait donner, mais hier on a vu un show qui en fait redemander.
Après le festival de rue BorgerRio, on pouvait continuer la fête à l'after-party dans la salle Roma. Quand nous sommes entrés, Lieven Verstraete (eh oui, le journaliste politique de Terzake) jouait des rythmes brésiliens, mais ne pouvait nous charmer, surtout à cause d'un manque de connaissances techniques pour mixer un bon ensemble. Ensuite, c'était le tour à Captain Steel qui envoyait un solide drum 'n bass dans la magnifique salle. Le public était bien échauffé pour le dernier acte, la raison pour laquelle nous y étions.
Sista Flex est aux États-Unis et King Jess était le dépanneur de service durant la performance, donc Buda se trouvait au début tou seul sur la grande scène, prêt à tourner quelques classiques pour amenr tout le monde dans la vibe reggae. Après une courte intro, il a présenté Asham Band, et les attentes étaient grandes. Personne n'avait fait cela avant et le temps de répétition était limité. Qu'allaient-ils faire? Un sound avec un band live? Et puis, le premier dubplate de Shabba explosait dans la salle, au rythme du Jerusalem riddim. Après une minute, Buda a baissé le dub et Asham Band a repris sans suture le riddim, ce qui donna une dimension supplémentaire à la musique. (Au premier numéro, on entendait assez fortement la différence de volume entre le CD et le band live, ce qui a complètement été résolu ensuite). Dès le tune suivant, ils jouaient dès le début avec le riddim et Buda pouvait à n'importe quel moment arrêter la musique, laisser jouer "a capella" et Asham faisait sonner comme si ce n'avait jamais été autrement. Quelle force de plus un morceau acquiert quand des musiciens jouent live avec!
On a entendu pas mal de ces rootsriddims, mais la dancehall aussi était abordé et Asham jouait souplement ces riddims serrés aussi, cela collait complètement. Le set était composé entièrement de dubplates et il y avait pas mal de perles. Rude Boy Shufflin' d'Israël Vibration, Johnyy Osbourne sur Hot Milk Riddim (c'est en tout cas ce que j'ai cru reconnaître), Alborosie avec kingston Town, Mavado, Serani, Julian Marley… Il y avait aussi un dub de TOK dans lequel Asham jouait le riddim dès le début sou l'"a capelle": ces dubplates n'ont jamais sonné aussi bien.
Asham Band s'est prouvé souvent déjà, mais ce projet était unique pour eux aussi. Le batteur Wim Radics réussissait toujours à faire partir le riddim au moment juste et il conduisait son ensemble à travers les nombreux tunes. Dans les dubplates, on n'entend presque jamais les souffleurs live, mais les hommes d'Asham ont prouvé combien mieux la musique sonne quand on ajoute du live. La transition sans soudure du CD au band était une œuvre d'art en soi et nous a étonné tous, on n'avait jamais vu cela! Parfois on entendait d'abord la CD, puis le band, parfois Asham accompagnait dès le début du riddim: run the riddim! Pour certains tunes, on a été régalés de la version dub du riddim, ce qui est impensable dans le dubplate d'origine. Tout le monde sait que les pull ups font partie du reggae, et là aussi, Civalizee et Asham ont été très créatifs, combination style!
Le public du Roma n'était malheureusement pas toujours dans le vibe, mais il faut dire qu'il y avait très peu de Reggae Massive présent. Peu de gens connaissaient les dubplates et leur valeur, mais pour un public reggae/soundsystem, ce concept était garant de magnifiques vibes. Big up Civalizee & Asham band for this creative outburst!
La combinaison d'un solide soundsystem et un orchestre live est née et a certainement créé une attente d'en avoir plus!