
Mister Aya se décrit comme un "auteur-interprète reggae ragga dancehall originaire du Nord de la France, métisse chti guyanais". Un mélange potentiellement explosif, si on ajoute à cela plus de 10 ans d'expérience dans les sound systems et la scène reggae, en France et en Guyane. Cette année, il a allié ses forces à celles du The Classics pour enregistrer son premier album: 'Triste Réalité'.
Onze titres enregistrés sur des riddims classiques rejoués en studio par les Classics. Une interprétation fraiche avec, comme cerise sur la gâteau, une section cuivre au complet. Les thèmes abordés sur cet album sont les sujets habituels du reggae: la vie quotidienne dans le Babylon system, l'oppression policière, la danse, la sensi et quelques textes sur les filles… que Mister Aya préfère au naturel dans 'Telle Quelle': "je t'aime telle quelle, lorsque tu es naturelle, sans arômes artificiels…" Il nous offre aussi le récit de cette demoiselle dont l'alcool a envahi la vie sur 'Elle Tise'.
L'attitude et les textes du chanteur sont encore plus tranchants quand il se met à critiquer le "système de bomboclaat qui nous dresse contre les autres" dans 'Hot Hot Hot'. Dans 'Le Soleil', il parle sur la triste réalité qu'il constate tout autour de lui: l'indifférence, la méfiance et la compétition qui règnent entre les hommes. Les paroles de 'Français' sont pour leur part ouvertement antiraciste. En invité de marque sur cet album, Tippa Irie en personne, qui apparemment partage avec Mister Aya les mêmes griefs contre les représentants des forces de l'ordre: "Combien de keufs se torchent le c… avec les droits de l'homme" répond à "Me no like no police, Dem want me shut up, Me ago expose dem because dem corrupt"… Communion d'esprits!
Cet album a la force de combiner des textes puissants, un pur style sing-jay et une superbe interprétation de riddims comme le Tempo, le Mud Up, le Badda Badda avec quelques riddims originaux en plus. Une palme en plus pour un excellent mix qui orne les morceaux de courts passages en dub et met ainsi occasionnellement un instrument plus particulièrement en valeur.