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Cash Flow: "Dans la musique il n'y a pas de conflits."
InterviewsApr 30, 2011

Cash Flow: "Dans la musique il n'y a pas de conflits."

By Irie Nation

Né d'un père espagnol et d'une mère belge, Julien R. est plus connu sous le nom de Cash Flow.  Ce Montois s'est fait remarquer pour ses prestations hyper-vitaminées ainsi que pour sa victoire en 2009 au concours Catch A Mic à Reggae Geel.  En octobre 2011, il sortira sa première mixtape officielle en tant qu'artiste solo : "Why, High, High"…

Comment as-tu démarré dans la musique ?
J'écoutais beaucoup de rap mais aussi un peu de hardcore et de techno.  J'étais tellement amoureux de la musique que vers 14-15 ans, je me suis dit qu'il fallait que je commence aussi à m'exprimer et j'ai commencé à écrire des textes.  A 18 ans, je me suis acheté un bête micro, je l'ai branché sur mon ordi et j'ai commencé à enregistrer mes premiers freestyles. A l'époque je posais déjà avec un flow ragga.  Même si j'étais fan de rap, le côté ragga m'a toujours plu. Je trouvais que cela avait quelque chose de particulier, qui était différent du flow rap habituel.  J'ai été attiré par les voix de Bouty Killer, Barrington, Sizzla, Capleton, même Sean Paul à ses tout débuts.…    C'était vers ça que je voulais aller parce que je n'aimais pas le flow rappé, je voulais aussi du chant derrière.  Au fur et à mesure, j'ai aussi intégré du reggae à mon son.

Quelle a été ta première prestation sur scène ?
La première fois où j'ai fais un live, c'était Jahwed Family qui m'avait invité.  Je les avais capté sur le Net, je kiffais bien leur vibe.  Un jour, je les ai alors rencontrés à Comines en allant faire du snowboard à la salle et on s'est bien entendu.   Ils m'ont invité, j'ai fait un set de trois-quart d'heures et j'ai adoré.  Ca a été le déclic.  C'était parti…  C'était environ il y a 8 ans. A partir de là, j'ai commencé à enregistrer à gauche à droite, à jouer plus souvent, à faire des dubplates…

On t'a vu au concours Catch A Mic en 2009…
J'avais déjà tenté le concours en 2007.  Dju Lion aussi.  Aucun de nous n'avait été retenu.  En 2009, quand j'ai vu que le concours était relancé, j'ai appelé Dju Lion et je lui ai proposé de faire quelque chose ensemble.  Comme nous sommes amis et que nous sommes de la même région, nous avons décidé d'unir nos forces.  Nous avons préparé un set tout à fait spécial, 20 minutes de show sans une seconde d'arrêt, avec nos différentes influences, comme des touches électro et dubstep. Cela a surpris les gens mais ils ont bien accroché…. Cela nous a fait plaisir parce que c'était en Flandres et la plupart des gens ne comprenaient pas vraiment ce qu'on chantait surtout quand on chante en fast style…. Mais c'est la preuve que dans la musique il n'y a pas de conflits, toutes ces histoires wallons-flamands, on oublie toutes ces conneries!

Qu'est-ce que cela vous a apporté cette victoire ?
Euh… Une ligne en plus dans la bio… (rires)… puis trois dates et un enregistreur MP3 professionnel… Enfin, cela fait surtout une certaine référence pour nous. C'est quand-même un gros festival.  Puis cela a ouvert les contacts : ceux qui avaient juste entendu parler de nous ont eu l'occasion de nous voir en live. Cela nous a un peu boosté à ce moment-là.

Depuis un an ou deux on t'a moins vu… Pourquoi ?

Je trouvais que je me suis un peu égaré par rapport à mes projets, je faisais beaucoup de dubplates et tout ça…. Cela prenait beaucoup de temps sans vraiment me faire avancer.  Donc j'ai laissé tout ça de côté et je me suis concentré sur le travail de création en home-studio et sur ma mixtape. A côté de cela, comme j'ai terminé mes études, j'ai commencé à travailler et il y a donc aussi toutes les exigences de la vie quotidienne…

Parles nous alors de ta mixtape !
Elle s'appellera "Why High High!" Cette mixtape est dans le même délire que ce que j'ai fais avec mon sound system Wicked Bash : c'est à dire toujours un flow raggamuffin mais très éclectique dans le choix des instrus. La variation, c'est ce que j'aime et ce que je suis.  J'ai beaucoup trop d'influences musicales différentes pour me limiter à un style.  Cela peut partir en dance hall, funk brésilien, electronique vers du hardcore ou de la dubstep...…. mais l'influence de base reste toujours raggamuffin.

Comment est-ce que tu produis cette mixtape ?
Je la travaille entièrement tout seul et chez moi. J'ai reçu quelques riddims originaux de différents beatmakers de Belgique, de France, d'Espagne et même de République Dominicaine.    J'ai aussi apporté un riddim que j'ai créé à la mpc. Cela fera un tiers de la mixtape environ. Pour le reste j'utilise des faces B de riddims jamaïcains et autre..européens.

Quelle est ton inspiration pour les textes ?
Je m'inspire pas mal de l'actualité et de la société mais je veux aussi que quand les gens m'écoutent ou quand ils viennent en soirée, ils oublient un peu tout ça.  Donc parfois je me prends des délires où je raconte des histoires.  Dernièrement, j'ai écrit un morceau qui s'appelle « Big Bang » sur un beat bassline de Djub où je parle comme si j'étais le Big Bang.  Je me mets dans toutes sortes de situations et puis je parle selon le point de vue que j'ai adopté.  Il y a ce morceaux "Jacky", c'est une histoire sur un dealer mais où je ne dis pas explicitement qu'il en est un et où je ne parle pas de drogue.  Mais tout le monde saura de quoi je parle. Et puis dans mes thèmes, aussi le racisme, les m'a-tu-vu, le conflit belgo-belge…

Est-ce que tu as des invités sur cette mixtape ?
Oui, toute une flopée.  Il y a la familia avant tout, mes potes, les raggamuffins du coin : Jahwed Family, P.n.p Jadida, Dju Lion, BW et d'autres…. Mais à part ça, j'ai eu aussi quelques contacts un peu partout et des collaborations surprenantes avec des artistes de différents endroits comme les Smugglaz de Houston.  Puis j'ai fais la connaissance d'un rappeur de République Dominicaine qui s'appelle Nuevotono.  C'est un artiste déjà bien installé dans la scène hip hop hispanophone…  Sur ce morceau, qui s'appelle « Intercontinental », la troisième voix sera celle du rappeur allemand 'Finest Skills'!  Comme quoi, avec la musique, on saute toutes les frontières !

Comme tu travailles seul en home studio, tu ne crains pas que le fait de manquer de la qualité et de l'expertise d'un studio professionnel ne se fasse ressentir ?
Je suis bien conscient du risque.  Surtout qu'en matière de travail de studio, je suis autodidacte, j'ai appris seul au fur et à mesure.  Je n'ai donc pas l'expérience d'un pro mais je me débrouille pas mal je trouve.  Et puis j'ai quand même du bon matériel pour un home studio.  De toute façon, la mixtape n'est pas destinée à être mise sur vinyl ou CD, le but c'est de la proposer en téléchargement gratuit sur Internet.  Puisque c'est devenu une plateforme qui permet de se faire connaître et de présenter ses projets.  Après la mixtape, je prévois d'enregistrer un EP de 7 titres.  JJe préparerai les préparerai chez moi mais tout se finalisera dans un vrai studio.

Dans la vie de tous les jours, quel est ton travail ?
Je suis éducateur spécialisé avec des adolescents déficients mentaux, autistes et psychotiques.

Est-ce que tu peux faire intervenir ton goût pour la musique dans ce boulot ?
Oui tout à fait.  En ce moment je travaille de nuit et tous les matins, je lève mes jeunes en musique avec du bon roots. Cela adoucit leur humeur. Mais j'ai comme projet de travailler pendant la journée bientôt.  J'aimerai développer des ateliers musique avec eux. J'ai un projet complet dans ma tête.  J'ai d'ailleurs fait mon travail de fin d'études sur ce sujet : nous avons enregistré un morceau hip hop avec des adultes handicapés de 40 ans. Certains avec des instruments, d'autres au chant. Nous avons même fait un clip.  C'était génial !  Quand on les motive ils sont capables de beaucoup plus qu'on ne pourrait le penser. Ils en ont appris beaucoup mais même moi j' en ai appris tout autant. La musicothérapie, ça existe. Cela permet d'entrer plus facilement en contact avec eux et de les faire s'épanouir.

 
Cash Flow: "Dans la musique il n'y a pas de conflits."

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Dancehall

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Apr 30, 2011

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