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En vacances au Rototom Sunsplash 2010
Event ReportSep 03, 2010

En vacances au Rototom Sunsplash 2010

By Rubi Roots

Rototom Sunsplash, le plus grand, mais surtout le plus long, festival reggae d'Europe a été forcé de déménager vers l'Espagne pour son édition 2010.  Ce tour de force d'organisation a été récompensé pour une affluence massive et par d'excellentes vibes.  En gros, ce sont surtout les artistes européens mais également les artistes féminines qui m'ont laissé la meilleure impression. 

Je me suis fixé comme but de faire le tour des festivals européens les plus importants dans les années qui viennent.  Pour faire et partager des expériences et pour prendre la température du reggae aux quatre coins du Vieux Continent.  Rototom était sur la liste.  Il est devenu une priorité quand j'ai appris que le gouvernement de Berlusconi les avait chassés de l'Italie et que l'organisation devait relever l'immense défi de déménager vers un autre pays un festival qui réunit de 30 à 40.000 personnes sur 8 scènes pendant 10 jours !!! Défi réussi et un merchandising 2010 spécialement produit avec le slogan « Exodus ».   On en avait pour 16 à 17 heures de route mais avec les pauses nécessaires et les changements de chauffeurs, on en a mis 20.  Déjà une aventure en soi.  Pas de files heureusement.  Mais malgré tout, du fait que l'on arrivait tout juste de la session Colourz à Anvers, on a loupé les premiers concerts : Anthony B mais surtout Glen Washington.  Dommage, mais il n'y avait rien à y faire.   JOUR 1 / Romain Virgo vole la vedette / On goûte la nourriture du festival   Quand nous sommes arrivés, Jah Mason déchirait la scène principale… Il faisait déjà noir, terribllement bondé à l'entrée et quand nous sommes finalement entrés et que nous avons trouvé la scène, Jah Mason était déjà dans son bus.  Par contre, nous étions à temps pour Romain Virgo.  Il est le vainqueur d'un concours de chanson en Jamaïque et aligne ces dernières années les hits les uns après les autres.  Il a donné un concert impressionnant.  Romain Virgo possède une voix pure, presque inépuisable, et des tunes très doux, avec de temps en temps un son plus dansant.  Le festival commençait donc sérieusement !   Certainement quelqu'un à faire venir en Belgique en tout cas ! Qui sait, en mûrissant, il pourrait devenir un nouveau Tarrus Riley.  Un artiste qui, on le sait, est une garantie que le reggae roots survivra encore pendant un bout de temps, alors que les fondateurs du genre s'éteignent peu à peu.   Morts de faim, nous sommes allés essayer quelque chose de typiquement belge : des frites et des hamburgers.  Juste un conseil : absolument à éviter.  Pariez plutôt sur la paella espagnole.  C'était la première leçon de survie en festival.   Cela a ensuite été au tour de Bob Andy et Big Youth de nous faire danser dans la nuit.  Mais le marchand de sable est ensuite passé… Rien à faire, cela juste avant que Freddie Krueger (le comparse de Ricky Trooper dans le légendaire Kilimanjaro Sound System) ait pu poser son premier son.  Il faut le temps de s'acclimater, tenez le vous pour dit !!
 
Jour2 / Reconnaissance du site / Morcheeba : une anomalie mais très bienvenue …   Comme nous n'avions pas envie de monter la tente pendant la nuit, nous nous sommes réveillés le matin dans une camionnette surchauffée. Un petit déj à l'ombre et on s'est chargés des bagages jusqu'au camping.  Ce n'était pas très loin mais la chaleur était terrible : parfois plus de 40 degrés.    Je n'avais jamais vu un camping aussi bien organisé.  Pas un pré rempli de tentes, mais partout des arbres, des petits sentiers, une bonne sécurité, un système de communication sérieux et des genres de cages en métal partout sur le terrain.  Hyper pratique et disposées sur le terrain spécialement pour y attacher des bâches et se faire de l'ombre.  Si nous avions su cela…  Dresser la tente au soleil a été une torture : soupirs, sueurs, des litres d'eau…  A peine était-elle montée qu'on a tracé en maillot vers les douches publiques de groupe.  Quelques amis belges nous en avaient parlé le soir d'avant : une immense douche de masse !  Presque tout le monde en short ou en bikini, quelques un(e)s en monokini ou en encore dans le plus simple appareil.  Tout simplement excellent.  L'eau glacée est idéale pour se réveiller un bon coup.  Imaginez la douche : deux installations d'environ 50 mètres de long avec une douche des deux côtés à chaque mètre.  Pas de petites cabines Dixies non plus mais des toilettes un peu plus décentes et un méga mur à pisser, qui était nettoyé en permanence.  En fait, nous avons appris plus tard que ce site est en fait conçu pour des grands festivals et accueille pas mal d'évènements chaque été.  Ceci explique cela.  Mais cela reste de la bonne organisation associée à une bonne infrastructure.   Au cours de la journée, nous avons également pu analyser le site du festival.  Immense en tout cas.  Beaucoup de plaines d'herbe, avec des petits arbres qui ménagent des espaces d'ombre.  Mais dans un labyrinthe d'étals et de scènes, on n'a jamais eu de sensation de surpeuplement.  Une sensation que j'ai déjà ressentie au Sundance d'Eindhoven, à Reggae Geel ou au Summerjam de Cologne.  Etonnant également : l'absence de sponsors et on ne sert pas de cola, sauf en cocktail et encore ce n'est pas du Coca Cola.  Pas non plus de stands promo ou de grandes bannières et drapeaux… Une révolution !  On n'aurait pas dit non plus que le Rototom travaille avec un gros fournisseur, pas de bar avec du personnel Rototom.  Je peux me tromper mais il semblait plutôt que chaque bar ou coin bouffe était une petite entreprise en soi.  Pas ce vente de tickets centralisée.  Chaque point de ravitaillement avait sa propre caisse et ses propres spécialités.  Au début ça a l'air un peu bordélique mais c'est vraiment excellent.   Pour la musique, il y avait 8 scènes, (certains fournis en électricité par des panneaux solaires installés à côté !) et ici et là des sound systems ou des concerts live dans les bars ou les échoppes du marché.  Reggae, Dancehall, Dub, Ska, intimes ou géants, devant une foule compacte ou un petit groupe de spectateurs enthousiastes, il y en avait partout.  Une vraie grande fête, avec un côté hippie, patchouli et autres odeurs.  Assez unique quand même, le Rototom.  Que des bonnes surprises. En face des scènes, pas d'herbe mais du béton.  Un matériau que ne tourne pas en nuage de poussière ou en mare de boue en quelques heures.  Et qui est en plus facile à nettoyer.  Il suffit de passer un coup avec les camions-balais de la commune et le tour est joué.  Dans l'ensemble, le festival est propre, avec pas tant de poubelles que ça.  Ca doit être une question de mentalité probablement.    Pendant la journée, il fait extrêmement calme du côté des scènes.  Les grands noms n'étaient programmés que le soir, après que le soleil se soit couché et les concerts duraient alors jusque vers 3 heures… Les sound systems enchaînaient alors par-ci par-là.  Le terrain du festival n'avait pas l'air d'être jamais fermé.  Enfin, on n'a pas vérifié tous les jours. L'après-midi, nous avons mis le cap vers la plage.  Il faut passer par la ville de Bénicassim, cela fait 2 –3 kilomètres à pied ou dix minutes avec la navette ou son propre transport.  Le festival s'est aussi installé à la plage, parmi les touristes : il y a un petit bar avec un sound system et des leçons de danse « dancehall » avec des professeurs qui sont clairement très bien entraîné(e)s.  C'est sur que les élèves avaient parfois du mal à suivre les positions de « daggering » les plus complexes.  Ils restaient plutôt à regarder perplexes ou alors à encourager bruyamment les danseurs.  Dans ce cas, c'est vrai, cela devient parfois plus des numéros de cirque que de la danse.  C'est donc là qu'une bonne partie des festivaliers passent leurs journées.  A dormir sous un parasol, nager ou danser.   Ce soir là, il y avait Morcheeba en primetime.  Un choix assez bizarre… Ce groupe a émergé dans le sillage de Leftfield, qui a fait fureur en Angleterre puis dans le monde entier avec leur mix ensorcelant de beats.  Tous étaient fortement influencés par la dub et le hip hop et cela avait créé une vague.  Au début, les fans de dub et reggaefreaks avaient appelé leur musique de la nouvelle dub, alors que le reste du monde parlait de « dance ».  En fait ce n'était pas de la dub.  Ni du hip hop.  Pas de la house ou de la new wave non plus.  Encore moins de la techno.  En tout cas de tels groupes se sont clairement inspirés dans le roots et la dub et ont contribué à l'histoire de la musique.  Ils ont donné un très bon concert.  C'était quelque chose de différent mais le public a apprécié.  Sans pour autant faire preuve d'un enthousiasme débordant.  Ce qui ne fut pas le cas chez Bushman !!!   Après cela, nous sommes encore allés voir Iration Steppaz dans un DubCorner bien rempli.  Enfin, celui de Reggae Geel est quand même plus impressionnant.  C'est vrai qu'à part la scène principale, les podiums sont plus petits qu'on ne se l'était imaginé. Par contre, ils sont presque tous en plein air.  Avec un tel climat, on pourrait difficilement faire autrement.  Il n'y a avait que la Zion Stage qui était sous tente.  Le dancehall pour sa part était un puissant sound system sur une toute petite scène derrière le Main Stage.  Et le Dancehall ne commençait le soir qu'après que les gros concerts soient finis.  Cela aurait pu être organisé différemment à mon goût mais au moins cela garantissait qu'il ne manquait pas de sound systems et que la fête pouvait durer tout la nuit.   Ce soir-là, David Rodigan a une nouvelle fois prouvé qu'après 32 ans comme DJ, il supporte encore la chaleur et il a joué pour quelques milliers de personnes (enfin il y avait quand même moins de monde que dans la Bounce Tent de Reggae Geel par exemple).  Nous n'avons pas entendu la fin de son set : vers les 3 heures nous étions confortablement installés dans un lit frais…. A partir de 8 heures du matin, la chaleur te sort de la tente et tu es obligé de chercher une petite place à l'ombre pour ton matelas pour faire la grasse matinée.   Jour 3 / Alborosie au top !   Nous avons préféré passer une journée au camping, alternant douches et siestes.  Finalement nous avons décidé pour les jours suivants de quand même retourner à la plage : pour le calme, l'ombre, la mer mais surtout pour la brise fraîche qui y souffle. Après cela nous avons vu Ginjah à l'œuvre.  Il y a quelques mois, il avait fait quelques petites salles en Belgique.  Comme je ne l'avais pas vu à ce moment là, j'ai comblé le manque en allant soir son show espagnol.  Il était plus impressionnant que je ne l'aurais pensé, surtout en live.  Mais il reste à mon avis encore du chemin à faire pour ce chanteur.  Il n'a pas l'air d'être du genre à laisser tomber les bras et on entendra sûrement encore parler de lui.  Il lui faudrait encore un vrai hit pour lui donner plus de confiance en soit et être plus reconnu.  Bon, les attentes par rapport au concert d'Alborosie et la curiosité pour celui de Khaled, la deuxième « anomalie » de ce festival nous tiraillaient…   Alborosie a battu tous les records.  La plaine était bondée et le public acquis d'avance. La répartition du public aidait, il faut dire.  Quand l'artiste s'adresse à la foule pour le jeu des nationalités, on repère environ un tiers d'Italiens, qui ont suivi les organisateurs en Espagne, un tiers de Français, qui ne sont pas très loin de là et, forcément, beaucoup d'Espagnols.  Le reste est assez négligeable, par exemple, j'ai juste repéré une cinquantaine de Belges.    Ce ne sont pas les Italiens qui ont fait que ce concert soit mémorables.  Cela m'a presque autant fait flasher que le concert de clôture de Gentleman sur la scène principale du SummerJam il y a quelques années.  C'est vrai que les Allemands font quand même quelques efforts en plus pour essayer de chantonner les textes en anglais avec l'artiste.  Pas vraiment le cas des Européens du sud !  Alborosie mashup la place.  Un peu moins puissant quand même que lors de son passage au Vooruit de Gand l'an passé mais mieux quand même que sa prestation au Festival Feest In Het Park il y a quelques semaines. Les artistes européens sont bons, ils sont pleins de promesses pour l'avenir et font forte impression.  Je suis déjà curieux de voir ce que donnera Lyricson qui est prévu dans quelques jours.   Nous connaissons tous Khaled, le héros de la pop algérienne, pour son tube planétaire  « Aicha ».  En tout cas c'est tout ce dont je connais à sa musique.  J'ai trouvé le concert un peu répétitif : on aurait dit que c'était tout le temps le même et la fatigue nous a donc vite chassés vers la tente.  Nous avons appris plus tard que nous avons loupé une soirée Jungle sur tout le site.  De toute façon on était trop crevés.  Dommage quand même parce qu'un peu de Jungle ça fait du bien et ça rappelle des souvenirs….  Enfin, il y aura encore de la Jungle avant la fin du festival, donc pas de problème.   Jour4 / Les Latinos à l'honneur   En fait on n'a pas trop bougé ce jour-là.  Sur la grande scène, Sud Sound System et Sergent Garcia ont réalisé un carton plein : ils ont mashup version en mêlant le reggae, le dancehall et la musique latino.  Le public méditerranéen a énormément apprécié.  Nous, comme nos jambes ne pouvaient plus danser, avons également apprécié, mais assis sur un banc.  Même chose pour Alpha Blondy, qui m'ennuie assez vite pour être honnête.    Nous avons ensuite appris que Ricky Trooper n'était pas arrivé et avons donc décidé de terminer calmement cette calme journée.  Mais pas sans passer par le DubCorner pour voir le gourou de la dub européenne en action : Jah Shaka.  Il reste vraiment un personnage fort spécial et fort apprécié également.  Une petite foule se lâche complètement et lui-même montre l'exemple.  C'est la fête derrière ses engins de mixage.  On se demande vraiment ce que cela va donner ce 25 septembre à Anvers !    Jour5 /Busy Signal is the man / Tony Matterhorn joue fort !   Busy Signal est bien meilleur en live qu'en sound system.  Ce qui n'est pas toujours le cas pour des artistes dancehall.   Ses concerts de l'année passée au Feest in Het Park et de cette année au Reggae Geel ont été extrêmement courts.  Courts mais bons ! Peut être qu'il connaît ses limites et qu'il préfère limiter la durée du concert.  C'est vrai que les artistes ragga ne font jamais de très longs concerts.  En tout cas, ça a été le meilleur et le plus long concert que j'ai vu de Busy.  Pour moi, c'est le nouveau King of the Dancehall.  Mais j'attends encore patiemment après la venue de Vybz Kartel pour décider.  Parviendra-t-il un jour à quitter la Jamaïque ?   Malheureusement, Tony Rebel et Queen Ifrica ont été annulés.  Vraiment triste parce que leurs shows sont toujours très bons et Queen Ifrica est toujours un vrai régal (sur scène).  C'est Max Roméo qui les remplace et il a donc donné un concert étendu.  Il n'est pas toujours parfaitement dans le timing mais il fait de son mieux pour faire oublier l'absence des autres artistes annulés.  Cela a été un concert de très bonne qualité avec comme point d'orgue, cette fameuse chanson reprise et samplée par The Prodigy.  Ces gars de Prodigy lui doivent quand même bien quelques bières en tout cas.   Juste après ce concert, pas de répit.  C'est Tony Matterhorn qui, dès son premier tune, fait retentir du dancehall version hardcore.  Avec un petit côté club quand même, mais hard.  Seulement, voilà, je n'aime pas trop le voir seul derrière son laptop.  Cela ne donne pas grand chose comme show.  Au Mondial (Hollande), jouant avec des cd's et avec un peu plus de présence au micro, cela donnait déjà mieux.    Après une heure de bogle et d'éructations sans fond, j'ai abandonné.  Un sound system complet avec juste un laptop passe encore.  Mais un « one man sound », c'est clairement plus difficile à gérer et moins intéressant donc. C'est devenu légèrement plus intéressant quand les profs de danse de la plage sont montés sur scène accompagnés de quelques élèves des jours précédents.  Tous les pas typiques du dancehall ont été passés en revue et naturellement cela encore été un peu trop loin pour moi.  Je pense même que s'ils avaient eu plus de place sur la scène et autour, ils auraienf fait encore pire!  Je ne suis pas trop pour ce genre d'excès.    En tout cas, même avec ce genre de musique en arrière fond, on a quand même bien dormi.
Jour6 / Découverte de Lyricson / Chuck Fenda assure / One Love Hi Powa gère la fête   Lyricson est un Français d'origine guinéenne.  Il nous a vite fait forte impression avec un concert très varié alternant chant et DJ.  Il me fait penser à un mélange entre Sizzla et Alpha Blondy.  Dans sa voix, on reconnait le ton distinctif des Africains.  Il chante juste mais sa voix écorche un peu comme les artistes danehall jamaïacains savent le faire.  Nous n'étions pas les seuls à être surpris et impressionnés.  Encore un artiste qui monte en Europe et qu'il faudra garder à l'oeil.   Le backing band qui supportait aussi bien Wayne Wonder que Chuck Fenda et les Mighty Diamonds était réellement décevant.  Les riddims sont presque méconnaissables.  Je connais plusieurs groupes européens qui auraient pu faire cela carrément mieux.  Aucune idée de l'origine de ce backing band en tout cas.    Wayne Wonder a aligné tous ses hits les uns après les autres mais sans que cela ne fonctionne vraiment.  Bizarre, quand on connait son solide répertoire.  Il était peut être dans un mauvais jour ?  Entre Wayne et Chuck, nous sommes partis en vitesse vers la Zion Stage où le sound system belge Jah Upsala devait tourner une heure.  Génial de pouvoir entrendre King Johnny ou les Rupelsoldaten à 1700 km de la maison !  Et les Espagnols aussi ont apprécié bien qu'ils n'y captaient rien !   Nous sommes vite repartis vers le concert de Chuck Fenda, assez proche d'Alborosie en termes de popularité.  Il est clairement très motivé et assure un show de premier ordre.  Il n'arrêtait plus de chanter et les organisateurs n'arrivaient plus à le sortir de scène.  Tout comme Lyricson le jour d'avant, il a appelé sur scène un talent tout à fait inconnu.  Il a rencontré l'Allemande Sarah plus tôt dans la journée dans le camping et l'a projetée sous les feux de la rampe.    Chuck lui même a gâté le public et a charmé tout le monde.  Avec un peu de chance, il y avait même moyen de le croiser sur le terrain.  Pendant quelques jours on l'a vu s'y ballader comme tout un chacun et y prendre énormément de plaisir.  Je ne me suis pas essayé à une interview, pas trop mon truc, mais il a parlé à beaucoup de journalistes et a probablement gagné plus en dubplates que pour son concert même.  Je suis pour Chuck Fenda à Geel !!   Si je me souviens bien, c'est également Chuck Fenda qui a annoncé le gagnant du Concours européen de Reggae.  C'est Stepacide, un groupe qui nous vient de Lisbonne au Portugal.  Reggae rises in the whole Europe me seh!  Malheureusement, je n'ai pas pu les voir mais espère bien en avoir l'occasion un jour. http://www.myspace.com/stepacide   La fête n'était pas finie.  Nous avons énormément apprécié les sublimes Mighty Diamonds, posés, donnant un peu de répit à nos jambes.  Et puis nous avons assisté à un des meilleurs sets, qu'on a pu voir de One Love Hi Powa.  3 MC's différents se succédaient, tous très forts.  Une solide sélection avec d'excellentes dubplates et fort variée comme je les aime : roots-dancehall-ska-newroots-ninetees etc… Ils explorent tous les styles et ils ont fait durer la fête jusqu'au lever du jour.  Juste avant cela, nous nous étions réfugiés dans nos petits nids.  Morts !  Allez, demain encore une fois tout donner et puis cela sera fini.   Jour 7 / Les femmes au pouvoir   Comme on voulait être rentré à temps en Belgique, nous avions décidé de reprendre la route d'Anvers après le concert de Marcia Griffiths.  Pendant la journée, nous nous sommes donc bien reposés à la plage.  En rentrant vers le camping, on entendait les hits d'Aswad au loin.  Nous n'avons donc pas vu leur prestation mais je me doute que ces héros pop reggae anglais ont du donner un show carré, c'est en tout cas l'impression qu'ils donnaient quand on les entendait de loin.
Enfin, c'était l'heure pour un des noms pour lesquels nous étions venus : Etana.  Je ne connaissais cette jeune beauté jamaïcaine que de par quelques petits hits de l'année passée.  Mais sa voix est carrément divine.  Elle mélange de la soul, du reggae et du gospel. (On entend encore beaucoup de gospel en Jamaïque, étrange mais vrai).  Je m'attendais à quelque chose de bon mais pas aussi bon.  Cette fille a plus d'un talent caché.  Avec une voix suave et limpide mais également puissante, on aurait dit qu'elle flottait au dessus de la scène.  J'en ai eu la chair de poule du début à la fin.  Nous étions tous très impressionnés.  Celle qui appelle Marcia Griffiths sa "mère musicale" nous a donné, comme pas mal d'autres artistes, sa propre interprétation d'un titre de Bob Marley.  A vrai dire, je n'ai jamais entendu une version aussi époustouflante de "Redemption Song".  Elle a éffacé d'un coup tous ceux qui avaient repris Bob Marley les jours précédents.  J'ai déjà, par exemple, déjà été fortement impressionné par Erikah Badu, mais elle est très froide sur scène.  Etana par contre aime tout le monde, cela se ressent.  On en reste bouche bée.  Le choix était difficile entre danser ou juste rester la bouche ouverte à se gaver les oreilles de sa voix.  Elle n'est peut être pas encore une princesse purement reggae dancehall comme Queen Ifrica, mais elle est bien une des nouvelles princesses de Jamaïque.    Nous étions à pene remis d'Etana que Marcia Griffiths faisait son apparition sur scène.  Et c'était reparti.  A nouveau une voix tout aussi époustouflante.  Bien entendu, il y a un peu d'usure dans la voix, mais l'effet est le même : j'ai à nouveau la chair de poule!  Chantant sur toute une série de riddims Studio One, elle se ballade dans 30 à 40 ans d'histoire de la musique jamaïcaine.  Elle rend hommage aux nombreuses célébrités du reggae qui nous ont quittés.  Elle le fait de manière grandiose et c'est pour nous un fantastique final pour ce festival.  J'ai déjà loupé plusieurs fois ses concerts dans le passé et je l'ai vraiment regretté ce samedi.
Juste avant que l'on reparte, l'ensemble de l'équipe du Rototom a été appelée sur scène où ils ont reçu une ovation du public !  Complètement justifiée ! Big up à toute l'équipe.  Pour moi, ils peuvent déménager chaque année dans un pays européen différent !   C'étaient les Abyssinians qui devaient poursuive, avant que Pow Pow n'enchaine sur une fête de clôture mémorable sans aucun doute.  Nous n'y étions, plus, dajà dans la voiture en route vers la maison. Conclusion générale   Rototom est un must pour tout les fans de musique jamaïcaine.  Tous les genres y sont représentés, on peu voir plein d'artistes, des plus petits aux plus grands.  Et le climat va avec.  Chaud, avec la plage toute proche.  Beaucoup d'autres aspects de la culture jamaïcaine trouvent leur place dans ce festival : des discussions, nyabinghi, de la nourriture ital,..  Le tout se fait selon des principes anti-babylone.  C'est un festival idéal et qu'il est facile de combiner avec quelques jours de vacances avant ou après.  Il faut quand même une bonne préparation, quelques jours d'acclimatisation avant ne feraient pas de mal par exemple.  Quelques détails en plus seraient à conseiller, comme un sound dans le camping.  Leur slogan est "peace, love, unity" : il est vrai et mérité.  J'espère que l'année prochaine on verra aussi un Exodus de la Belgique vers le Rototom!!
En vacances au Rototom Sunsplash 2010

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Rubi Roots

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Sep 03, 2010