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Uhuru festival, family vibes and friendship
Event ReportJul 06, 2010

Uhuru festival, family vibes and friendship

By Irie Nation

En cette année où plusieurs pays africains fêtent le Cinquantenaire de leur indépendance, le nom Uhuru pour un festival sonne très bien.  Uhuru veut dire « Liberté » en swahili, une langue utilisée en Afrique centrale.

Ce festival existe déjà depuis quelques années dans le village de Petit Dour, à quelques kilomètres et à quelques jours du géant des festivals wallons.  Ce festival était de tendance afro et rock à l'origine mais a évolué vers un événement qui fait la place belle au reggae.

C'était la première fois que j'y allais.  C'était une alternative intéressante au lointain et coûteux Summerjam.  Et en plus, je préfère quelque chose de plus familial, avec peut être une affiche moins chargée mais malgré tout de très bonne qualité.

Je n'y étais pas le vendredi, où Mika était programmée pour représenter la Belgique et où la tête d'affiche était The Vibronics featuring Macka B, YT et Madu Messenger.  J'ai débarqué samedi soir, pour assister aux concerts des Neg' Marrons et de Earl 16.

Différentes impressions se bousculent quand on débarque à ce festival, au lieu-dit « Marie Boulette » : d'abord l'atmosphère est franchement bon enfant et familiale.  Il s'agit d'un petit festival où se mélangent rastas et gens du coin.  Pas de prise de tête ni de files, il s'agit d'un festival de petite taille.  Ceux qui ont connu Reggae Geel aux origines devraient y retrouver quelques souvenirs.  Enfin, le Uhuru est logé dans un coin de campagne, où il ne dérange personne et où cela sent bon la liberté.

Le seul et gros point faible du festival : la faiblesse de l'organisation.  Cela se remarque surtout au point de vue du line-up.  Les Neg' Marrons devaient jouer en premier mais à cause de l'absence de clavier, ils ont décidé d'annuler leur prestation.... Réactions du public "Neg Marrons c'est des bouffons", scandé en cœur.  Katwaly, qui jouait en live le jour d'avant, nous a donc fait quelques a capella.  Pour permettre aux organisateurs de prendre une décision.

C'est donc le groupe français No More Babylon qui s'est installé sur la scène.  Ce groupe a ses propres chanteurs mais fait également office de backing band pour de nombreux artistes donc Yellowman, Ijahman, ou encore Ken Boothe.  Earl 16, vétéran de la scène anglaise, est parfaitement à l'aise avec ce band.  Il nous a offert un show très peace, et très roots rub-a-dub.  C'est ce côté là de sa musique qu'il a le plus choisi de mettre en avant.  Alors que l'on sait qu'il est également très actif dans le milieu de la Dub.  Chansons à rallonges, medleys, il alterne avec aisance entre ses chansons et certains classique du reggae : Dennis Brown, Jacob Miller, entre autres.

Pour un public de 200-300 personnes, Earl 16 a donné un concert en toute simplicité et plein d'humanité.  Les Massive ont apprécié les vibes...et l'artiste a quitté la scène sous les acclamations du public. Apparemment, cela a également touché les Neg Marrons qui ont décidé de quand même faire leur concert, en utilisant les claviers de No More Babylon.

Les Neg Marrons, issus de Sarcelles, en banlieue parisienne, sont inspirés tout autant par le rap français, que par les vibes des vétérans de Raggasonic ou des dernières productions dancehall jamaïcaines.  Ce duo, composé de Ben-j et Jacky, compte pas mal de fans dans les massive francophones, surtout chez les plus jeunes.  Avec un show ragga, avec une attitude de rappeurs, ils ont directement fait mouche : la foule a commencé à réagir au quart de tours à leurs invites et à jumper aux sons des mix dancehall.  Moi par contre, je suis resté assez indécis : le groupe a mis pas mal de temps avant d'être bien calé, les voix fatiguées ou manquant de pêche... et puis le positionnement "kaïra" (pour "racaille"), typique du rap français passe assez mal avec du son reggae ou dancehall.

En concluant avec "Tout le monde debout (et que la fête commence)", ils ont lâché une dernière grosse salve de son et se sont retirés, laissant la jeunesse éblouie.  Pour moi, c'était retour camping, où j'ai rencontré un crew du Brabant Wallon, garés à côté d'un crew anversois, bonne vibes.... Quelques instants plus tard, on a entendu qu'un DJ s'occupait d'une after mais comme on était déjà au camping...

Le dimanche, journée farniente au soleil du Borinage, pas grand chose à faire en attendant que le site ouvre, vers 16.00

C'est un jeune, solo et guitare en bandoulière, qui fait l'ouverture, Charles Rêve, une mention spéciale pour ces chansons simples mais touchantes.

Et ensuite ?  Le line-up du jour est inconnu, Anthony John devait commencer le premier.  Problème de clavier, à nouveau....  Pendant que les organisateurs cherchent un clavier, le Renaissance Band s'installe.  C'est donc Ziggi qui ouvrira le dernier jour d'Uhuru Festival.

Ziggi est archi-connu en Flandres, un peu moins au Sud.  Arrivé fatigué, il a néanmoins assuré son show comme à l'habitude, superbement soutenu par son backing band et ses choristes.  Concert classique, agrémenté de quelques uns des titres de son récent EP sorti sous son nouveau nom : Ziggi Recado.  "J'en avais marre qu'on me confonde avec un autre artiste du même nom..." lache-t-il.

La suite du programme ?  Anthony John et le Dub Akom Band laissent Johnny Clarke monter sur la scène après Ziggi.  En vue de l'âge élevé de l'artiste, 65 ans, il ne désire pas jouer trop tard et l'heure avance vite.  Surtout que les changements de groupe sont interminables!!!

Les Soothsayers ont donc investi la scène.  Il s'agit d'un groupe multiculturel venu d'Angleterre.  C'est également un groupe multi-talentueux : plusieurs de leurs musiciens sont également chanteurs solos et pendant une bonne demi heure, ils démontré tous leurs talents de musiciens et de vocalistes.  Leurs titres prennent le temps de se dérouler pendant de longues minutes, agrémentes de percussions, de cuivres et d'autres accessoires qui donnent de la couleur à leur musique.  Plus que des chansons, ce sont des incantations, répétition de quelques mots puissants, entre de longs moments instrumentaux.  C'est roots mais également afro : quand le bassiste lance un son afro beat et chante dans une des langues de sa nation, le Togo, on voit que ce groupe trouve exactement sa place au Uhuru Festival.

Après cette longue intro, Johnny Clarke, est venu saluer les massive et leur faire plaisir avec le son le plus roots du weekend.  Move outta Babylon, African Roots, Rock With Me Baby.  Il a pu conquérir le public avec aisance et sans se mouiller le maillot.  C'est du roots pur, ca skanke de manière décontractée, ca chante des ballades qui vont droit au coeur, sans chichi, sans avoir besoin d'effets ou de trop de bruit.  Le rootsman a carrément mis le public dans sa poche.  Armé d'un grand sourire, affichant clairement le plaisir d'âtre sur scène, même si celle-ci est toute petite et qu'il n'y a pas des milliers de personnes dans la foute, Johnny Clarke nous a ramené aux bonnes vieilles années.  Roots & Culture pure style !

Finalement, après plus de 6 heures d'attente, ceux qui devaient jouer en premier se sont installés sur scène.  Le Dub Akom band, qui a déjà backé Jah Mason par deux fois en Belgique cette année, accompagné d'Anthony John.  Cet artiste bénéficie d'un certain succès en France, où il s'est installé, mais est mal connu chez nous.  J'étais donc intéressé de voir ce que cela pouvait donner sur scène.  Anthony était venu présente"r son troisième album, tout simplement appelé "Creation".  Sa voix se trouve quelque part entre celles de Pressure ou de Warrior King.  Une très bonne voix, qui se déploie sans que l'artiste ne doive la pousser.  Dernier sur la scène du Uhuru, vers une heure du matin et devant un public déjà clairsemé, Anthony John ne s'est pas laissé décontenancer.  Avec simplicité et avec les quelques mots de français qu'il maîtrise, il a su installer un lien direct avec le public.  Avec des bonnes chansons nu-roots et deux ou trois sons dancehall, il est parvenu sans problème à garder toute l'attention des festivaliers.  Un chanteur que l'on risque de revoir en Belgique et que je conseille vivement d'aller voir.

C'est Dju Lion qui a occupé en dernier la scène pour un court show en sound system.

Uhuru, nom  africain et inspiré pour un festival de petite taille mais donc les qualités principales sont l'accueil et la convivialité, qualités chères à la tradition africaine.  J'y serai de nouveau l'an prochain, promis, mais quand même, on demandera un gros effort aux organisateurs : hasards de line-up, changement de groupes interminables et absence de sound system sur le site sont les notes négatives sur leur rapport.

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Dancehall

Published

Jul 06, 2010