Reggae.be
Visions: art, graphic design & reggae, a triptique - part 1: Fluoman
TravelSep 24, 2009

Visions: art, graphic design & reggae, a triptique - part 1: Fluoman

By Jah Rebel

Elijah, est-ce que tu peux peut-être tout d'abord nous situer ton père Fluoman (Antoine Tricon, Paris 1952 - Marseille 2005, red.) et nous expliquer ce qu'était sa connexion avec le reggae et le Rastafarisme?

Elijah Tricon: "Mon père était un artiste peintre et il a été le premier à travailler en utilisant de la peinture acrylique fluorescente, d'où vient aussi son nom d'artiste, Fluoman. Il avait l'habitude de mettre des éclairages ultraviolets sur ses peintures pour faire ressortir des contrastes invisibles à l'oeil nu et donner une multitude de versions différentes de la même peinture. Il a mis cette technique a point à la fin des années soixante-dix, à l'époque ou les premiers artistes jamaïquains sont venus en France. A ce moment il a beaucoup travaillé sur la musique et le reggae en particulier. Il a réalisé de nombreux décors de scène qui on été utilisés par des artistes comme Culture, The Congos, Hugh Mundell, Ras Michael..."

Tu parles la de sa technique et de ses sujets, mais est-ce qu'ils sont venu au même moment?

Elijah Tricon: "Il a commencé, un peu comme tous les artistes, en étudiant la peinture classique. Juste avant sa découverte de la peinture fluo, il faisait des oeuvres très gestuelles. La découverte de l'utilisation de la peinture fluo dans ses oeuvres est arrivé quasiment en même temps que le reggae en France. Il nous a laissé un environ 600 peintures et elles sont quasiment toute en fluo. Concernant les sujets, il s'est vraiment investi dans le reggae jusqu'à la mort de Bob Marley ou le reggae roots commençait à perdre un peu l'intérêt qu'il avait à ces yeux, il s'est alors tourné vers l'Afrique (Afrique de l'ouest, Ethiopie...)."

Ca fait maintenant a peu près trois ans qu'il nous a quitté. Pourquoi est-ce que je te parle de lui aujourd'hui ? Qu'est-ce qui se passe exactement?

Elijah Tricon: "Bien, je viens de monter deux associations qui ont comme but de rendre accessible l'art de mon père au grand public. Ces associations organisent des évènements autour de la peinture de Fluoman: On organise des expositions, on participe à des concerts pour pouvoir mettre des décors de scène…pour que les gens puissent connaitre cette peinture et l'apprécier à sa juste valeur. Du coté commercial on fait aussi des choses comme des t-shirts ou des cartes postales pour faire passer le message à n'importe quel moment et n'importe ou. Aujourd'hui nous lançons un grand projet qui vise à rendre accessible son art au plus grand nombre. Ce projet ("un triptyque artistique autour de Fluoman") rassemblera un CD, un DVD et un livre d'art dans un coffret hommage. Ce projet est actuellement en cours de réalisation."

Et pour le moment toutes ces oeuvres dont tu parles, elles se trouvent où?

Elijah Tricon: "Actuellement elles sont rassemblées dans son ancien atelier, mais une des mission des associations est de pouvoir conserver ces oeuvres dans de meilleures conditions et de pouvoir restaurer celles qui sont en mauvaise état. Mon père peignait sur des supports très différents allant du papier jusqu'à des peaux d'animaux...Ce sont des formats qui ne sont pas facile à entreposer et a garder en bon état."

En tant que fils de Fluoman tu entames de propager son héritage, mais est-ce que tu es artiste toi aussi?

Elijah Tricon: "J'ai choisi une voie un peu différente, qui est la musique. Je suis saxophoniste (du groupe Fluo System, red.) Nous faisons par exemple, des morceaux sur mon père en collaboration avec des artistes jamaïquains que l'on rencontre. J'essaie aussi de faire passer le message des ses peintures à travers notre musique, notamment avec des morceaux en français."


Foto: Africa Rastaman, acrylique et acrylique fluo sur toile, 150 x 200 cm, copyright ADAGP 2009

Visions: art, graphic design & reggae, a triptique - part 1: Fluoman

About the Author

Jah Rebel
Plus

Avec Jah Shakespear, il a été à la base de reggae.be, d’abord comme auteur de critiques et d’interviews, puis, depuis fin 2014, comme rédacteur en chef. Partage son temps entre ses deux passions, la musique et Haïlé Sélassié.

Published

Sep 24, 2009