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Jamaican Sunday @ Dour 2010 !

Le festival de Dour nous a gâté cette année avec un mini festival reggae dans le festival.... Ce dimanche, pas besoin de se déplacer trop : tout se passait à la Red Frequency Stage. Dès 14 heures et jusqu'à la fermeture, le reggae et le dancehall avaient pris possession de la place. 


Honorés, comblés, les Bruxellois de Family Jammin avaient l'honneur d'ouvrir le bal.  Comme ils le confiaient, cela faisait 5 ans qu'ils essayaient de convaincre les programmateurs du festival de les mettre à l'affiche !!!  Ce groupe de 7 membres n'est pas typé uniquement reggae : certains de leurs morceaux partent en funk, soul ou ony une légère tendance rock.  Comme ouverture, c'était très agréable à l'oreille sous le soleil brûlant de ce début d'après-midi.  Le chanteur/toaster utilise aussi bien le français que l'anglais dans ses textes à portée universelle. 100% bonnes vibes. 


Ensuite, malgré qu'il soit encore assez tôt, la plaine s'est remplie.  Les festivaliers étaient comme attirés par un aimant : c'est que Danakil enchaînait.  Comme on a déjà pu le constater, ils bénéficient d'un énorme soutien en Belgique francophone et en France (voir l'article sur leur passage au VK ou au Couleur Café 2010 dans nos archives).

Comme d'habitude c'est musicalement très bien calé, mais il faut avouer que cela manque de renouvellement, le show étant exactement le même que les deux précédents, en ce compris l'insupportable reprise d'Edith Piaf "Je ne regrette rien"

Après ce concert, la plaine s'est bien vidée.  C'est vrai que le soleil tapait toujours dur et qu'un peu de mouvement ou de rafraîchissement s'imposait pour les massive....

J'avais décidé de ne pas bouger de là, donc assisté à la mise en place du groupe suivant : Bushman, accompagné des Toulonais de No More Babylon Band (qui étaient déjà au Uhuru festival il y a deux semaines avec Earl 16).  La seule fois où j'ai eu l'occasion de voir Bushman en live, c'était en 2002.  A l'époque, il avait enchainé trois excellents albums et était sur le haut de la vague, il rugissait comme un lion et le show était excellent.  Par contre cette fois-ci, malgré son excellent catalogue de chansons, j'ai trouvé le concert un peu plat.  Bushman, devant un public éclairci et ne connaissant pas forcément tous ses textes par coeur, s'est trouvé un peu décontenancé.  Higher, Jah Light, Worries and Problems.... Il a enchainé quelques uns de ses classiques, avant de passer à un tribute à Peter Tosh (sa voix s'y prête de manière naturelle) avec Legalize Marijuana et Equal Rights

Ces morceaux ont quelque peu dérouillé l'ambiance et il a ensuite enchainé avec des titres comme Your Love, Afraid Of Commitments ou Fire Burn  A Weak Heart....  C'est sans grands adieux qu'il a quitté la scène.  Si ce n'était pas le concert du jour, il a en tout cas contribué à garder la vibe bien irie de l'après-midi, avec des morceaux joués en style roots et deux excellents backings vocaux masculins qui nous rappellent les classiques trios vocaux des '70s.  Une note finalement : c'était le premier concert que Bushman et les No More Babylon jouaient ensemble, ce qui n'est pas toujours évident.

La vibe était très roots et on allait atteindre un sommet avec la combinaison, légendaire, d'incroyables talents sur la Red Frequency : Lee Scratch Perry et les Congos.  Il faut préciser avant tout que le band est extrêmement puissant, calé, serré, rien à redire.  Leur musique seule crée déjà une vraie vibe roots, on se sent télétransporté vers les temps originaux...
Sur ce son, les harmonies des Congos planent mélodieusement, les impro-élucubrations du Scratch pimentent les riddims et laissent beaucoup d'espace pour se laissser couler sur le son.  Ses paroles sont un genre de mélange improvisé de toutes sortes de lyrics, de différentes chansons, de différents artistes (dont beaucoup des Wailers).  Des bouts pris à gauche et à droite et mis ensemble, et dont seul Scratch, à 74 ans quand même, doit comprendre le sens.

Finalement ce qui fait le plus plaisir, c'est de voir ce crew de papys s'éclater sur scène, skanker et se taper une franche rigolade, tout en nous servant le plus profond de la musique roots.

J'avoue que je donne un 9/10 à la programmation de ce jour !  Après toutes ces vibes, alors que la chaleur était redevenue supportable et pour terminer avec un maximum d'énergie ce festival : Capleton et Mr Vegas !

Je crois qu'on ne peut pas parler d'un concert de Capleton sans aborder l'aspect vestimentaire du King of Fire.  Cette fois-ci il avait opté pour un grand costume taille XXXL en bleu fluorescent avec des bordures dorées, chaussures assorties et turban jaune canari !  Au moins on ne le loupe pas !

Après avoir donné de la voix au micro pendant plusieurs minutes de derrière les backstage (on voyait déjà les photographes de presse se demander ce qui se passait...lol), Capleton a bondi sur scène avec That Day Will Come, en version étendue et "pull upée" 6 ou 7 fois !  Pas de pitié pour les soundboys, il enchaine avec Jah Jah City... Le ton est donné, le David House band est hyper concentré pour suivre son artiste.  Pas toujours facile.  Surtout en mode festival, où le show d'une heure est un concentré de big tunes only et d'un maximum de danse, de fire time et d'énergie...  Contrairement à son dernier concert en Belgique, au Petrol, où il avait donné un concert beaucoup plus roots et posé, en festival, c'est de la pure démonstration de force et mix explosifs !

En tout cas cela marche ! La plaine est restée accro pendant une heure et quand le Fireman a quitté la scène on avait à peine vu le temps passer !

Puis c'était au tour de Mr Vegas.  Et là, on a tout d'abord eu un bel exemple des contrastes à la jamaïcaine.  Après la tenue délirante de Capleton, Vegas débarque en vrai dandy, costar gris clair, cravate rose et mouchoir bordeaux à la pochette !

Vegas, en retard, a été introduit par un mix de son dj : une vingtaine de minutes ou des dizaines de classiques dancehall et reggae sont passés en revue.  Mix très rapide mais pas vraiment emballant...  On était donc content quand le band s'est mis en place.  Une formation assez particulière : basse/batterie, plus un claviériste et le Dj qui reste pour les effets spéciaux et le backing vocal/toasting.  Rien qu'au set up, on savait que cela serait 100% dancehall.

Et nous voilà donc partis pour une heure de pure madness, ça ne sert à rien de citer tous les hits de Mr Vegas, la liste serait trop longue mais ils y sont tous passés !  Fête assurée, surtout qu'il était venu accompagné d'un danseur et une dancehall queen straight from yard, mise de feu assurée... (Pour la petite histoire, sa choriste qui faisait également danseuse l'année passée s'était fait battre à plate couture par une fan sénégalaise à l'exercice du wine-up, c'était à Gand, et Vegas a amené une dancehall queen professionnelle cette fois ! Lol)

Vegas aime Dour, il y a donné un concert mémorable sous la pluie l'an passé ("un des meilleurs shows de ma carrière" dixit Vegas) et il a donné le maximum de lui-même.  Il y a bien eu un break de trois titres reggae mais c'est vite reparti en soca.  Vegas a terminé sans chemise et cela a été une bonne (mais courte - juste une heure) fiesta pour terminer Dour 2010...

Quoique plus tard, je me suis retrouvé dans une tente en train de débloquer sur le mix breakbeat du dj jamonais Kentaro... C'est ça aussi Dour...

Published on 20/07/2010 by Irie Nation

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